La multinationale française Air Liquide, une entreprise fortement axée sur l'innovation et la transition énergétique, a mis en service un craqueur d'ammoniac dans la zone portuaire d'Anvers-Bruges. Il s'agit d'une usine pilote qui craque l'ammoniac et le convertit en hydrogène. Selon Air Liquide, il s'agit d'une première mondiale, et le projet permettra d'économiser plus de 300 000 tonnes de CO2 par an.
“ La technologie de craquage de l'ammoniac permet un accès mondial à l'hydrogène renouvelable à faible teneur en carbone et ouvre la voie à de nouvelles chaînes d'approvisionnement en hydrogène à faible teneur en carbone ”, explique Air Liquide. Par exemple, l'hydrogène peut aider les entreprises chimiques à réduire leur dépendance aux combustibles fossiles, et il peut également être utilisé pour le transport lourd (par exemple, les camions), le transport maritime et même l'aviation.
Du gaz à l'ammoniac
Air Liquide produisait déjà de l'hydrogène dans le port d'Anvers-Bruges, plus précisément sur le site de Covestro, pour diverses entreprises chimiques et raffineries de la région. Cependant, cet hydrogène est fabriqué à partir de gaz, un combustible fossile. Grâce à la nouvelle installation, l'hydrogène n'est plus produit à partir de gaz, mais à partir d'ammoniac, ce qui permet de le produire sans émettre de CO2.
Le transport de l'hydrogène est également une question complexe, en particulier sur de longues distances, et dans tous les cas, il est plus difficile que la production et le transport de l'ammoniac. C'est pourquoi l'industrie préfère transporter l'ammoniac, qui est ensuite converti en hydrogène à proximité de l'utilisateur final. La machine peut convertir jusqu'à 30 tonnes d'ammoniac par jour en hydrogène.
L'ammoniac, une substance hautement toxique, est formé par des molécules d'hydrogène et d'azote. Il peut être produit dans des régions où l'ensoleillement et le vent sont abondants, comme Oman, le Chili et la Namibie.
Air Liquide espère exporter à terme de l'ammoniac depuis ces régions vers l'Europe, puis le ‘ craquer ’ en hydrogène ici, par exemple dans le port d'Anvers-Bruges, qui souhaite se positionner comme la porte d'entrée de l'énergie verte en Europe.

Soutien substantiel de l'UE
Pour le port d'Anvers-Bruges, ce projet est donc un maillon essentiel dans la réalisation de ses ambitions en tant que pôle hydrogène. Le port collabore déjà avec Air Liquide sur Hydrotug 1, le premier remorqueur au monde fonctionnant à l'hydrogène.
Air Liquide, qui emploie des collaborateurs dans 60 pays et compte plus de 4 millions de clients, se positionne comme le plus grand producteur d'hydrogène de la région. Grâce à Antwerp@C, une initiative de BASF, Borealis, ExxonMobil, INEOS, TotalEnergies et Fluxys, l'entreprise participe également à des projets à grande échelle de capture et de stockage du carbone (CSC) dans le port.
Le gouvernement flamand a soutenu l'usine pilote à l'échelle industrielle par l'intermédiaire de VLAIO. La Commission européenne a également alloué 110 millions d'euros de subventions au projet écologique d'Air Liquide.


