Recharge rapide à domicile : LEAP24 relance la concurrence aux Pays-Bas

LEAP24, un fournisseur néerlandais de stations de recharge rapide, fait sensation aux Pays-Bas en annonçant une recharge rapide le week-end à seulement 0,24 € par kWh, soit pratiquement le prix d'une recharge à domicile. À titre de comparaison, les données montrent que les chargeurs CC de plus de 50 kW coûtent en moyenne environ 0,79 € par kWh, avec une fourchette typique comprise entre 0,67 € et 0,86 € en 2025.

Pour les conducteurs néerlandais, cela semble être une véritable avancée en matière de prix. Mais la question qui se pose naturellement est de savoir dans quelle mesure cette promesse s'étend à la Belgique, où le paysage de la recharge est fragmenté, les prix varient considérablement et les utilisateurs de véhicules électriques exigent de plus en plus de transparence. Actuellement, les Belges ne peuvent demander une carte Leap24 que s'ils ont également une adresse légale aux Pays-Bas.

En Belgique, les opérateurs sont légalement tenus d'afficher clairement le prix total de la recharge sur le chargeur avant le début d'une session, une règle renforcée par le règlement AFIR de l'UE. Mais malgré cette obligation de transparence, il n'existe toujours pas de plafond pour ces prix.

Passer à une pression de réseau inférieure

La société néerlandaise, qui exploite aujourd'hui une quarantaine de sites de recharge rapide aux Pays-Bas, présente le tarif réduit du week-end comme un moyen de déplacer la recharge vers les moments où la pression sur le réseau est moindre. L'abonnement coûte 4,99 € par mois et donne également accès à des centaines de milliers de points de recharge publics à travers l'Europe via l'itinérance.

Cependant, dès que vous passez la frontière belge, la situation devient beaucoup moins claire. LEAP24 est disponible sur les plateformes belges de comparaison des cartes de recharge. Elle commercialise sa PartnerPas auprès des clients néerlandais et belges, mais ne publie pas de liste des stations belges, et l'offre à 0,24 € le week-end ne s'applique qu'aux Pays-Bas.

En Belgique, le défi est encore plus grand car les prix varient non seulement d'un opérateur à l'autre, mais aussi d'une région à l'autre. La recharge à domicile reste l'option la plus prévisible : en Flandre, le tarif moyen pour les ménages est d'environ 0,32 € par kWh, contre environ 0,36 € à Bruxelles et en Wallonie.

Certains fournisseurs d'énergie font état de moyennes encore plus basses, proches de 0,28 €. Dans ce contexte, le tarif DC estimé à 0,45 € par LEAP24 en Belgique est compétitif par rapport aux réseaux de recharge rapide du pays, dont beaucoup facturent bien plus de 0,50 € par kWh.

Une autre question concerne l'étendue de l'utilisation de la carte LEAP24. Selon les plateformes d'itinérance, la PartnerPas fonctionne sur les principaux réseaux tels que Fastned, Allego, TotalEnergies, Shell Recharge, Ecotap et Ionity.

Cela ne signifie pas pour autant que les prix promotionnels bas pratiqués par LEAP24 s'appliquent également dans ces stations aux Pays-Bas. En Belgique, c'est l'opérateur qui fixe le tarif, et la carte de recharge répercute ce prix sur l'utilisateur. Cela signifie qu'une session sur Ionity, dont les prix avoisinent souvent ou dépassent 0,70 € par kWh, ne baissera pas comme par magie au niveau des prix pratiqués par LEAP24.

La valeur de la carte pour les conducteurs belges dépend donc principalement de la présence de stations-service LEAP24 à proximité de la frontière, et c'est là que les informations deviennent floues. LEAP24 met publiquement en avant son réseau néerlandais et ses ambitions en Allemagne, mais ne mentionne pas les sites belges.

Attrayant en milieu urbain

Pour les conducteurs de véhicules électriques en Belgique, le bilan est mitigé. Le tarif week-end de LEAP24, à 0,24 € par kWh, est véritablement révolutionnaire, mais semble actuellement limité au territoire néerlandais. Les tarifs normaux de l'entreprise, compris entre 0,44 € et 0,45 € par kWh pour le courant continu si les données comparatives sont exactes, restent attractifs par rapport à de nombreuses alternatives belges de recharge rapide. Mais cela pourrait donner des idées à d'autres fournisseurs également actifs en Belgique.

Les ambitions de LEAP24 sont clairement internationales, et la société affirme que les détenteurs de la PartnerPass peuvent recharger leur véhicule dans plus de 500 000 bornes de recharge publiques à travers l'Europe. Pour les conducteurs qui traversent fréquemment les frontières, cette carte est un atout précieux.

Besoin de clarté

En Belgique, les tarifs bas pratiqués par LEAP24 relancent inévitablement le débat sur la question de savoir si la recharge publique des véhicules électriques doit être réglementée de la même manière que l'essence et le diesel, qui sont depuis longtemps soumis à des prix maximaux fixés au niveau fédéral.

Pourtant, malgré cette tradition de contrôle des prix des carburants, ni la Belgique ni l'UE ne s'orientent vers un plafonnement des tarifs de recharge des véhicules électriques. En vertu du règlement AFIR de l'UE, que la Belgique est tenue d'appliquer, les opérateurs sont tenus d'afficher clairement les prix au kWh et d'accepter les paiements par carte, mais ils restent libres de fixer leurs propres tarifs.

En conséquence, les conducteurs de véhicules électriques belges continuent d'être confrontés à une grande variabilité des prix, les tarifs de recharge rapide allant de 0,45 € à bien plus de 0,60 € par kWh, selon l'opérateur et l'emplacement.

Les associations de consommateurs affirment qu'un plafonnement des prix en Belgique pourrait protéger les conducteurs qui dépendent des bornes de recharge publiques, en particulier les citadins qui ne disposent pas de chargeurs à domicile et qui paient souvent beaucoup plus cher que les propriétaires qui rechargent leur véhicule à un tarif domestique d'environ 0,32 à 0,36 € par kWh.

Cependant, les décideurs politiques avertissent que les plafonds de prix fixes pourraient nuire aux investissements dans les nouvelles infrastructures de recharge à haute puissance, qui sont encore en pleine expansion et nécessitent des coûts initiaux élevés, en particulier dans les régions où la modernisation du réseau électrique est coûteuse. Pour l'instant, la Belgique privilégie la transparence et la concurrence sur le marché plutôt que la réglementation, ce qui permet aux conducteurs de véhicules électriques de disposer d'informations plus claires, mais pas nécessairement de bénéficier de prix plus bas.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.