Il existe un accord européen pour un système similaire au Car-Pass belge, du moins si l'on en croit les ministres européens des Transports. Avec cette initiative, l'Europe souhaite lutter contre la fraude au compteur kilométrique sur les véhicules d'occasion dans toute l'Union européenne.
Le système d'enregistrement obligatoire repose principalement sur les principes de fonctionnement du Car-Pass belge, un document légalement obligatoire que les acheteurs de voitures d'occasion doivent obtenir auprès du vendeur.
Enregistrement obligatoire du kilométrage
La fraude au compteur kilométrique est un problème important au sein de l'Union européenne, principalement lorsque les véhicules sont vendus au-delà des frontières nationales. On estime que le préjudice économique dans l'UE s'élève à entre 5,6 et 9,6 milliards d'euros par an.
Le nouveau système vise à mieux protéger les consommateurs, à accroître la fiabilité des véhicules et à lutter plus efficacement contre la fraude transfrontalière. Il introduira l'enregistrement obligatoire du kilométrage. Le kilométrage devra être enregistré dans une base de données centrale à diverses occasions, par exemple lors des contrôles techniques et des travaux d'entretien ou de réparation effectués par du personnel agréé.
De plus, les constructeurs seront tenus de déclarer le kilométrage des voitures connectées tous les trois mois, à compter de la date de première immatriculation. La collecte des données de kilométrage provenant de diverses sources permettra ainsi de créer un historique complet du véhicule. Il sera alors extrêmement difficile de trafiquer le compteur kilométrique sans que cela soit remarqué.
L'accord oblige également les États membres à criminaliser la manipulation des compteurs kilométriques, ce que la Belgique fait déjà.

Le Car-Pass belge comme modèle
Le nouveau système approuvé par les ministres des Transports de l'UE repose sur les principes fondamentaux du Car-Pass belge, un système d'identification des véhicules. “ L'Europe a désormais officiellement opté pour un système qui a fait ses preuves en Belgique depuis des années ”, a déclaré le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés).
En fait, la Belgique a joué un rôle de premier plan dans la réalisation de cet accord. Au cours de la présidence belge du Conseil européen au premier semestre 2024, l'introduction d'un système européen de type Car Pass figurait en bonne place à l'ordre du jour.
Les résultats positifs du système belge, qui a permis de réduire considérablement le nombre de cas de fraude, ont servi de modèle et ont souligné son efficacité.
Révision des dimensions et du poids des camions zéro émission
Au sein du Conseil de l'UE, cependant, les ministres des Transports des 27 États membres ont rejeté une proposition de la Commission visant à passer à des contrôles annuels obligatoires après dix ans, afin d'améliorer la sécurité routière et de renforcer la lutte contre la pollution automobile.
Les ministres ont maintenu le système actuel, c'est-à-dire une inspection tous les deux ans après dix ans, afin de ne pas “ imposer de coûts supplémentaires aux propriétaires de véhicules ”.”
Le paquet de mesures approuvé par les ministres comprenait également l'introduction de nouvelles méthodes visant à mieux contrôler les émissions d'oxydes d'azote et de particules fines. Une approche générale a également été adoptée pour la révision de la directive sur les dimensions et les poids. Il s'agit d'une étape essentielle vers un transport routier plus efficace, plus durable et sans émissions.

Les camions zéro émission sont souvent plus lourds que les camions diesel traditionnels en raison de leurs batteries ou de leurs réservoirs d'hydrogène. Afin d'éviter que ce poids supplémentaire ne compromette la capacité de charge, l'accord propose d'accorder à ces camions une tolérance de poids supplémentaire de 4 tonnes, contre 2 tonnes auparavant.
Cela leur permet de transporter autant de marchandises que leurs homologues diesel, ce qui est essentiel pour leur viabilité économique.
Toutes les propositions doivent désormais être soumises au Parlement européen. Une fois que celui-ci aura pris officiellement position, les institutions pourront se réunir pour finaliser le texte législatif.


