L'annonce dans un communiqué de presse officiel Le 18 décembre, la filiale de BNP Paribas, Arval, a entamé des négociations exclusives en vue d'acquérir Athlon, filiale du groupe Mercedes-Benz. Cette opération est largement considérée comme la prochaine étape importante dans la consolidation du marché européen de la location longue durée de véhicules.
Si elle aboutit, cette transaction donnerait naissance à un groupe de leasing offrant une gamme complète de services et gérant environ 2,3 millions de véhicules, ce qui le placerait à peu près au même niveau qu'Ayvens, le leader européen du marché issu de la fusion entre ALD Automotive et LeasePlan.
Dans un secteur où la taille détermine de plus en plus le pouvoir d'achat, les capacités numériques et la capacité à absorber les coûts de l'électrification, le projet de fusion entre Arval et Athlon est considéré comme une décision stratégique visant à garantir une compétitivité à long terme au sommet du marché.
Profondément ancré en Belgique
À première vue, cela peut sembler être une nouvelle lointaine concernant les entreprises, mais les implications pourraient se faire sentir beaucoup plus près de chez nous. La Belgique est l'un des pays où Arval et Athlon sont profondément implantés et où le leasing joue un rôle central dans la mobilité quotidienne.
Des voitures de société qui dominent le marché des véhicules neufs au segment de la location privée qui continue de croître régulièrement, la location est un pilier essentiel du transport routier belge.
Si l'accord est conclu, comme prévu en 2026 sous réserve de l'approbation des autorités réglementaires et des consultations avec les employés, le groupe fusionné deviendrait instantanément l'un des acteurs les plus influents sur un marché hautement concurrentiel.
De nombreuses offres, les mêmes grands opérateurs
De nombreux conducteurs belges ne sont pas conscients du degré de concentration atteint par le marché du leasing. Derrière la grande diversité des offres de leasing proposées par les marques automobiles, les concessionnaires et les plateformes en ligne, le travail opérationnel est souvent assuré par les mêmes grands spécialistes du leasing.
Arval et Athlon sont tous deux des opérateurs multimarques en Belgique, actifs dans le domaine du leasing professionnel et privé, qui gèrent des véhicules provenant d'un large éventail de constructeurs, y compris des modèles à essence, hybrides et entièrement électriques.
Cela vaut également pour les formules de leasing proposées par les constructeurs automobiles. Les offres telles que Kia Lease ou d'autres programmes similaires spécifiques à une marque sont souvent gérées par des sociétés de leasing externes plutôt que par le constructeur automobile lui-même.
Dans plusieurs cas, Arval ou Athlon fournissent déjà des services de structuration financière, de gestion de flotte, d'assurance et de fin de contrat. Une fusion n'éliminerait pas ces offres de marque, mais elle pourrait centraliser davantage la logique de tarification, les systèmes et les modèles de service au sein d'une seule grande organisation de crédit-bail.
Le parcours d'Athlon explique en partie pourquoi cette consolidation s'est déroulée de manière relativement harmonieuse. Athlon a été rachetée par le groupe BMW en 2011, puis vendue à Daimler Financial Services, aujourd'hui Mercedes-Benz Mobility, en 2016.
Sous la direction de ses deux propriétaires, Athlon est restée une société de leasing multimarque plutôt qu'une filiale captive liée à un seul constructeur. Même lorsqu'elle appartenait à BMW et Mercedes-Benz, elle a continué à louer des véhicules de marques concurrentes, reflétant ainsi la réalité de la demande en matière de flottes sur des marchés tels que la Belgique et les Pays-Bas. C'est précisément cet ADN neutre vis-à-vis des constructeurs qui fait d'Athlon un partenaire naturel pour Arval.
Peu de changements à court terme
Pour les consommateurs, peu de choses devraient changer à court terme. Les contrats existants resteraient valables, et les deux entreprises ont insisté sur la continuité du service tout au long de la transition.
Au fil du temps, cependant, les clients belges ont pu constater une plus grande standardisation de l'expérience de leasing, avec des structures contractuelles similaires, des outils numériques plus clairs et des niveaux de service plus uniformes entre les différentes marques et canaux.
Le prix sera probablement l'un des aspects les plus surveillés. Une plus grande échelle permet généralement un pouvoir d'achat plus important et une gestion plus efficace de la valeur résiduelle, ce qui peut contribuer à maintenir des taux de location mensuels compétitifs, en particulier pour les véhicules électriques.
Dans le même temps, la poursuite de la consolidation réduit le nombre d'acteurs importants sur le marché. La balance penchera-t-elle vers une baisse des prix ou une diminution de la concurrence ? Cela dépendra de l'efficacité avec laquelle les autres grands groupes de leasing en Belgique, tels qu'Ayvens, Alphabet, Leasys, KBC Autolease, et les nouveaux acteurs numériques comme LIZY, continueront à se faire concurrence.
De plus en plus détenues par les banques
Cet accord renforce également une tendance structurelle plus large : les plus grandes sociétés de leasing européennes sont de plus en plus souvent détenues par des banques. Arval fait partie de BNP Paribas, la Société Générale soutient Ayvens et Leasys est liée au Crédit Agricole.
Pour les consommateurs belges et les clients de flottes, la propriété bancaire apporte une stabilité financière et la capacité de financer de grandes flottes de véhicules dans le cadre d'une transition vers la mobilité électrique de plus en plus gourmande en capitaux.
Dans le même temps, cela concentre une influence significative sur la tarification, la conception des contrats et l'accès aux voitures entre les mains d'un nombre limité d'institutions financières.
Contrôler l'ensemble de la chaîne de valeur de la mobilité
Cette concentration devient encore plus prononcée lorsque l'assurance est prise en compte. De nombreux groupes de crédit-bail appartenant à des banques s'appuient sur des activités d'assurance internes ou étroitement liées pour couvrir les véhicules, les conducteurs et les risques résiduels.
Pour les clients, ce regroupement simplifie les contrats et permet de prévoir les coûts mensuels. Mais cela signifie également que les mêmes groupes financiers contrôlent de plus en plus l'ensemble de la chaîne de valeur de la mobilité, du financement et de la location de la voiture à son assurance et à la gestion de sa revente.
Sur un marché comme celui de la Belgique, où le leasing domine l'accès aux voitures neuves, la transparence et une concurrence efficace deviennent plus que jamais essentielles.
Le marché des voitures de société, qui reste un pilier de la mobilité belge malgré les réformes fiscales en cours, devrait être le plus touché. Les employeurs ne recherchent plus seulement une voiture, mais des solutions de mobilité complètes comprenant des infrastructures de recharge, la gestion de l'énergie, des budgets de mobilité et des rapports sur les émissions de CO₂.
Un groupe Arval-Athlon élargi disposerait des ressources nécessaires pour investir massivement dans ces services, ce qui faciliterait potentiellement la tâche des entreprises et des conducteurs dans le cadre fiscal et environnemental complexe de la Belgique.
Les clients privés peuvent également bénéficier de l'envergure d'un acteur plus important. À mesure que les véhicules électriques se généralisent, les sociétés de leasing absorbent des risques plus importants liés aux performances des batteries, à la valeur des véhicules d'occasion et aux changements réglementaires.
Des flottes plus importantes et une exposition européenne plus large facilitent la gestion de ces risques, ce qui pourrait se traduire par des coûts plus prévisibles et une offre plus large de véhicules électriques pour les consommateurs belges qui envisagent le leasing comme une alternative à l'achat.
En fin de compte, le projet d'acquisition reflète une évolution qui est déjà en train de remodeler le marché automobile belge. La mobilité passe de la possession d'un véhicule à l'accès à un service, avec les sociétés de leasing — et de plus en plus les banques et les assureurs — au centre de ce système.
Le défi consistera à faire en sorte que cette croissance se traduise par de meilleurs services, des prix équitables et une mobilité durable, plutôt que par une réduction des choix offerts aux consommateurs.


