Le fabricant de smartphones Xiaomi a apporté à sa berline électrique SU7 une importante mise à jour de milieu de cycle en Chine, soulignant ainsi que ses ambitions dans le secteur automobile vont au-delà d'un lancement ponctuel. L'Europe devrait y prêter attention.
Le nouveau modèle, dont les précommandes sont désormais ouvertes en vue d'un lancement en avril 2026, est doté d'un matériel haut de gamme, d'une plus grande autonomie et d'une technologie d'assistance à la conduite plus avancée, tout en conservant un prix qui continue de faire pression sur les fabricants de voitures électriques établis.
En Chine, le nouveau Xiaomi SU7 est proposé à partir de 230 000 yuans, soit environ 30 000 euros hors taxes. Malgré une modeste augmentation de prix de 7%, Xiaomi a rendu plusieurs fonctionnalités standard, alors que de nombreux rivaux les réservent encore aux versions supérieures. En outre, le prix de la Tesla Model 3 est encore inférieur à celui de la Tesla Model 3 (31 500 euros).

Ces mises à jour comprennent le LiDAR, des capteurs radar améliorés et une architecture de 800 volts qui permet une recharge plus rapide et une meilleure efficacité. L'entreprise revendique également une autonomie maximale de 902 kilomètres dans le cadre du cycle d'essai CLTC, un chiffre qui sera inévitablement réduit dans le cadre de la norme européenne WLTP (630-680 km), mais qui témoigne d'une grande efficacité.
Le PDG de Ford a adoré
Les observateurs occidentaux ont noté que les performances et l'exécution de la SU7 étaient étonnamment bonnes. Dans une révélation qui a fait les gros titres parmi les initiés de l'automobile, le PDG de Ford Jim Farley a admis qu'il avait un Xiaomi SU7 spécialement expédié de Chine et l'a conduit aux États-Unis pendant six mois.
Il “ne voulait pas l'abandonner”, qualifiant la voiture de “fantastique” et la présentant lors d'un podcast public. Les commentaires de M. Farley soulignent un changement plus large dans la manière dont les cadres occidentaux perçoivent les VE chinois, qui ne les considèrent plus comme inférieurs mais reconnaissent qu'ils peuvent égaler ou surpasser l'expérience de conduite des marques traditionnelles.
Des critiques indépendants et des commentateurs techniques ont fait écho aux mêmes sentiments, louant la SU7 pour ses performances, son design et ses niveaux de technologie qui démentent le statut de Xiaomi en tant que nouveau venu dans l'industrie automobile.
Des questions sur la maturité ?
Cette mise à jour intervient à un moment crucial pour Xiaomi. Après une entrée spectaculaire sur le marché en 2024, la SU7 est rapidement devenue l'une des berlines électriques les plus vendues en Chine, avec plus de 360 000 SU7 vendues en seulement 21 mois. Pourtant, la marque a également dû faire face à un examen minutieux de la perception de sa sécurité et de la maturité de sa division automobile.
Avec ce rafraîchissement, Xiaomi tente clairement de consolider sa position en mettant l'accent sur les systèmes de sécurité, l'électronique de pointe et le raffinement plutôt que sur les performances.
Si le SU7 reste pour l'instant un produit réservé à la Chine, les implications vont bien au-delà du marché national. Xiaomi a déjà confirmé son intention de s'implanter en Europe occidentale à partir de 2027, et le SU7 - ou un de ses dérivés - devrait constituer l'épine dorsale de ce lancement. La question n'est pas de savoir si Xiaomi entrera en Europe, mais quel type de concurrent il sera lorsqu'il le fera.
Le prix du haut de gamme comme celui du grand public
À première vue, le SU7 semble être proposé à un prix supposé après les taxes d'importation de l'UE, tout à fait dans le territoire des berlines électriques grand public telles que la Tesla Model 3 ou la gamme ID de Volkswagen. Cependant, un examen plus approfondi des dimensions, de la puissance et de la technologie intérieure du véhicule suggère une image plus complexe.

En termes de taille, de performances et d'intégration numérique, la SU7 se rapproche non seulement des véhicules électriques grand public, mais aussi des modèles haut de gamme d'entrée de gamme tels que la BMW i4, la Mercedes-Benz EQE et les futures berlines électriques d'Audi.
C'est là que la stratégie de Xiaomi devient particulièrement intéressante pour l'Europe. La SU7 n'est pas positionnée comme une voiture de luxe traditionnelle, mais elle offre des performances, des interfaces numériques et des équipements d'aide à la conduite qui, sur le papier, rivalisent avec ceux des marques haut de gamme établies.
Si Xiaomi parvient à commercialiser ce paquet en Europe à un prix compétitif - même en tenant compte des droits d'importation, des coûts d'homologation et de la TVA - il pourrait exercer une pression considérable sur les fabricants européens qui s'appuient sur des améliorations progressives et sur le prestige de la marque pour justifier des marges plus élevées.
Super performance
La menace concurrentielle devient encore plus claire lorsqu'on examine les variantes haut de gamme de Xiaomi. En Chine, les SU7 Max et Ultra offrent des puissances et des accélérations (par exemple, 1,97 seconde pour passer de 0 à 100 km/h) qui se rapprochent de celles de véhicules tels que la Porsche Taycan et les versions les plus performantes de Tesla.
En Europe, ces versions resteront probablement des produits de niche, mais elles renforcent la capacité de Xiaomi à passer du grand public au haut de gamme au sein d'une même gamme de modèles.
Pour les marques européennes, le véritable défi n'est pas que Xiaomi remplace soudainement BMW, Mercedes-Benz ou Audi dans le cœur des clients fidèles. La perception de la marque, les réseaux de concessionnaires et les relations de longue date avec les clients comptent encore énormément sur des marchés tels que l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas.
Le défi réside plutôt dans la manière dont la valeur est perçue. Une SU7 bien équipée dont le prix est inférieur de plusieurs dizaines de milliers d'euros à celui d'un véhicule électrique haut de gamme européen comparable pourrait obliger les concurrents à repenser leurs stratégies d'équipement, la tarification des logiciels et le rythme des mises à jour technologiques.
La Belgique, en particulier, pourrait devenir un cas d'essai précoce. Le marché est fortement électrifié, sensible au prix et dominé par les voitures de société, où le coût total de possession l'emporte souvent sur l'attrait de l'esthétique.
Si Xiaomi peut offrir une grande autonomie, une recharge rapide et une assistance à la conduite avancée à un prix de location compétitif, les gestionnaires de flotte pourraient être plus enclins à considérer un nouvel entrant que ne le sont traditionnellement les acheteurs privés.
Pour les constructeurs automobiles européens établis, le message de la Chine est clair : la prochaine vague de concurrence ne viendra pas seulement de rivaux familiers, mais aussi d'entreprises technologiques qui sont de plus en plus à l'aise pour jouer à leur tour.


