Selon la Financial Times, Le groupe de réparation de vitrage automobile Belron a entamé des discussions préparatoires en vue d'une éventuelle introduction en bourse, qui pourrait avoir lieu dès la fin de l'année 2026. Bien qu'aucune décision formelle n'ait été prise, cette opération marquerait un moment important pour l'actif industriel le plus précieux de son actionnaire majoritaire, le principal importateur de voitures en Belgique, le groupe D'Ieteren.
Belron, mieux connu du public par des marques telles que Carglass en Belgique, Autoglass au Royaume-Uni et Safelite aux États-Unis, a longtemps été considéré comme un matériau d'introduction en bourse.
Bruxelles n'est pas dans la course
Le Financial Times rapporte que la société a récemment entamé des discussions avec des banques au sujet d'une éventuelle cotation, Amsterdam ou New York apparaissant comme les lieux les plus probables. Bruxelles, une fois de plus, n'est pas dans la course. Le quotidien économique britannique estime la valeur des capitaux propres de Belron à environ 24 milliards d'euros, ce qui implique une valeur d'entreprise d'environ 32 milliards d'euros si l'on tient compte de l'endettement net.
Cette dette, qui s'élève à près de 8 milliards d'euros, fait désormais partie de l'histoire de l'introduction en bourse. Ces derniers jours, Belron a refinancé deux facilités de crédit importantes, l'une libellée en dollars et l'autre en euros, à des conditions améliorées. Dans les milieux financiers, un tel refinancement est largement considéré comme une étape classique de nettoyage avant l'introduction en bourse plutôt que comme un exercice de bilan de routine.
50.3% appartenant à D'Ieteren
Pour les observateurs belges, l'histoire est indissociable de D'Ieteren. Le holding familial bruxellois possède 50,3% de Belron et en fait à la fois son ancrage stratégique et son principal générateur de liquidités.
Lorsque D'Ieteren a restructuré son actionnariat en 2024, le président Nicolas D'Ieteren rachetant son cousin Olivier Périer, la transaction a été en partie financée par un dividende de 2,2 milliards d'euros versé par Belron. Peu d'entreprises belges génèrent des flux de trésorerie d'une ampleur comparable.
Sur le plan opérationnel, Belron reste une combinaison rare de portée mondiale et de modèle d'entreprise défensif. Le groupe a annoncé un chiffre d'affaires de 6,5 milliards d'euros en 2024 et un EBITDA de 1,7 milliard d'euros, des chiffres qui étayent la valorisation discutée sur le marché.
La demande de réparation et de remplacement de pare-brise est étroitement liée à la taille du parc automobile plutôt qu'aux ventes de voitures neuves, ce qui confère à l'entreprise un certain degré de résistance dans un secteur automobile par ailleurs cyclique.
La logique actionnariale qui sous-tend une éventuelle introduction en bourse est également claire. Outre D'Ieteren, le capital de Belron comprend la société de capital-investissement Clayton Dubilier & Rice, qui détient environ 20%.
CD&R fait l'objet d'investissements depuis plus de huit ans, ce qui représente une longue période de détention selon les critères du capital-investissement. Une introduction en bourse offrirait une voie de sortie naturelle, soit par une vente directe des actions sur le marché, soit par une vente progressive après l'introduction en bourse.
Dirigée par l'ancien patron d'AB InBev
Les médias belges ont constamment souligné qu'une telle introduction en bourse concernerait principalement des actions existantes, plutôt qu'une augmentation de capital de grande ampleur, bien que de nouvelles actions puissent être émises pour réduire davantage la dette ou financer des acquisitions.
La continuité de la gestion est un autre facteur qui rassure les investisseurs. Belron est dirigé par Carlos Brito, l'ancien directeur général d'AB InBev, dont la réputation en matière de discipline opérationnelle et de concentration sur les marges pèse lourd sur les marchés financiers internationaux.
Sa présence renforce les arguments en faveur d'une cotation en dehors de la Belgique, où la couverture des analystes et la liquidité seraient plus importantes.
Le fait qu'Euronext Brussels ne soit pas envisagé a déclenché un examen de conscience dans les milieux financiers belges. Même avec un actionnariat majoritairement belge, une envergure mondiale et une rentabilité stable, Belron est considéré comme trop grand et trop international pour son marché national.
Amsterdam, qui a fait ses preuves en matière de cotation des grandes capitalisations, ou Wall Street, qui dispose d'une liquidité inégalée, sont considérées comme des plateformes plus crédibles.
Pour l'instant, beaucoup de choses restent conditionnelles. Les conditions du marché, les taux d'intérêt et l'appétit des investisseurs pour les grandes introductions en bourse détermineront en fin de compte le calendrier.
Belron lui-même a refusé de commenter publiquement les rapports. Cependant, la convergence des rapports du CE, du refinancement de la dette et des signaux cohérents relevés par les journalistes financiers belges suggère que le projet a dépassé le stade de la simple spéculation.


