L'Union européenne se demande si les véhicules hybrides en provenance de Chine doivent être soumis aux mêmes sanctions que les modèles électriques à batterie fabriqués dans la région. Au moment où Bruxelles et Pékin tentent de stabiliser leurs relations au moyen de prix planchers, le débat est rouvert.
Les marques chinoises sont fortement médiatisées pour leurs voitures électriques compétitives, mais les hybrides représentent la majeure partie de leur succès commercial dans l'UE. Ces groupes motopropulseurs constituent également l'échappatoire préférée depuis que les modèles électriques à batterie fabriqués en Chine sont soumis à des droits de douane punitifs.
Les hybrides s'accélèrent
Les négociateurs commerciaux européens souhaitent annuler cette différence et examiner s'il convient d'étendre les droits de douane supplémentaires aux véhicules hybrides qui combinent des moteurs à combustion interne et des moteurs électriques.
Aucune proposition formelle n'a été publiée, mais les discussions sont en cours. Selon le média Euractiv, des fonctionnaires au fait des discussions affirment que l'idée a fait son chemin au sein de la Commission alors que les livraisons d'hybrides chinois en Europe s'accélèrent.
Pour rappel, l'UE applique des droits de douane supplémentaires allant jusqu'à 35,3 % sur les véhicules électriques à batterie produits en Chine (y compris les marques occidentales), en plus des droits d'importation habituels de 10 %. Ces mesures font suite à une enquête anti-subventions qui a conclu que les voitures électriques chinoises bénéficiaient d'un soutien de l'État qui faussait la concurrence.
Planchers de prix
Ces droits sont fixés pour cinq ans et varient d'un fabricant à l'autre en fonction de leur volonté de coopérer à l'enquête de la Commission. Sous la pression de la Chine et de l'Organisation mondiale du commerce, l'UE a publié des lignes directrices visant à remplacer ces droits de douane par des prix planchers, ce qui était la contre-proposition de la Chine.
Les hybrides ont toujours été exclus de ce cadre et, sans surprise, les exportations d'hybrides chinois vers l'UE ont fait un bond de 155 % l'année dernière, dépassant de loin la croissance de 12 % enregistrée par les véhicules électriques à batterie chinois : 155 % l'année dernière, dépassant de loin la croissance de 12 % enregistrée par les véhicules électriques à batterie chinois.
Au sein de l'UE, le coin français est un fervent défenseur de l'élargissement du champ d'application. L'argument est que les hybrides sont produits dans des conditions industrielles similaires et qu'ils sont en concurrence avec les modèles européens sur des segments de marché qui se chevauchent et dont les coûts sont plus élevés.
Conformément à sa position sur les modèles entièrement électriques, l'Allemagne reste plus prudente, consciente de l'exposition de ses propres constructeurs automobiles à la Chine et craignant des représailles.
Sous pression
Le moment est délicat en raison du consensus atteint sur un prix plancher, bien que cela n'annule pas les droits existants, les deux outils restant disponibles. L'extension des droits de douane aux hybrides compliquerait cet arrangement. On ne sait pas encore si une option similaire basée sur les prix serait offerte aux hybrides.
Pour Bruxelles, le débat souligne les limites des mesures commerciales étroitement ciblées dans un marché en évolution rapide. L'extension des droits de douane aux véhicules hybrides pourrait protéger les producteurs européens à court terme.
Mais elle risque aussi d'aggraver un conflit avec la Chine à un moment où le commerce mondial est soumis à une pression sans précédent et où les États-Unis sont un allié instable. De quoi parler au Forum économique mondial de Davos cette semaine ?


