Vias : ‘La sécurité routière n'est pas neutre et les hommes en paient le prix’.’

Chiffres l'ont déjà montré, et l'institut belge de la circulation Vias le confirme à nouveau : la sécurité routière n'est pas neutre du point de vue du genre. Les hommes meurent beaucoup plus souvent sur la route que les femmes. Les femmes, quant à elles, sont confrontées à des dangers différents - et souvent ignorés - dans leur mobilité quotidienne.

En Belgique, près de huit victimes de la route sur dix sont des hommes. Ce ratio n'a pratiquement pas changé au cours de la dernière décennie. Même si le nombre total de décès sur les routes a diminué, les hommes restent deux à trois fois plus susceptibles de mourir dans la circulation que les femmes. La même tendance est observée dans d'autres pays européens.

Comportement des hommes et des femmes

Le dernier rapport Vias montre qu'il ne s'agit pas d'un accident biologique, mais du résultat de la façon dont les gens se déplacent, du moment où ils le font et de l'endroit où ils le font. Les hommes conduisent généralement plus souvent et parcourent de plus longues distances ; les femmes, en revanche, effectuent des trajets plus courts mais plus fréquents.

Les hommes utilisent plus fréquemment des modes de transport à haut risque, tels que les voitures à grande vitesse ou les motos. Les femmes, en revanche, se déplacent plus souvent à pied, à vélo ou dans les transports publics. Les femmes sont donc plus exposées en tant qu'usagers vulnérables de la route, en particulier en tant que piétonnes et cyclistes.

Attitude à l'égard du risque routier

L'attitude des gens à l'égard des risques routiers diffère également fortement. Dans toute l'Europe, les hommes font preuve d'une plus grande tolérance à l'égard des excès de vitesse, de la conduite en état d'ivresse et des comportements à risque, souvent renforcés par la pression des pairs et les normes sociales. Les femmes font systématiquement état d'une moindre acceptation du risque, d'un plus grand port de la ceinture de sécurité et d'un plus grand soutien aux règles de sécurité routière.

Le résultat est également visible dans les statistiques : les hommes sont beaucoup plus susceptibles de mourir dans des accidents de nuit, de week-end et de véhicules seuls, tandis que les accidents mortels des femmes se produisent plus souvent pendant les trajets de jour en semaine, en particulier à pied ou à vélo.

Conception du véhicule

Le rapport Vias met également en lumière un problème moins visible : la conception de la sécurité des véhicules. Les tests de collision et les systèmes de sécurité ont longtemps été calibrés en fonction de modèles corporels masculins. En conséquence, les femmes peuvent être exposées à un risque de blessure plus élevé dans des accidents comparables.

L'âge joue également un rôle important. Les jeunes hommes (18-24 ans) constituent le groupe le plus à risque. Les hommes plus âgés (65 ans et plus) courent un danger croissant en tant que cyclistes ou piétons, et les femmes plus âgées (75 ans et plus) présentent des risques accrus en tant que piétonnes.

Qui est à risque, quand et pourquoi ?

La plupart des statistiques sur les transports manquent toutefois de données sur l'exposition ventilées par sexe, telles que les kilomètres parcourus ou le temps passé dans les embouteillages. En outre, les nouveaux modes de mobilité, tels que les scooters électriques, ne sont pas suffisamment étudiés du point de vue du genre.

La conclusion de M. Vias est donc brutale : la sécurité routière n'est pas neutre du point de vue du genre, et prétendre qu'elle l'est rend la politique moins efficace. Ignorer les différences entre les sexes risque de nuire à la fois à la sécurité et à l'inclusion. Pour concevoir des villes, des véhicules et des campagnes plus sûrs, il faut comprendre qui est en danger, quand et pourquoi.

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