L'Europe en marche : Le pacte de la mer du Nord relance les ambitions en matière d'énergie éolienne en mer

Lundi dernier, les pays riverains de la mer du Nord, les gestionnaires de réseau et l'industrie éolienne offshore ont signé un nouveau pacte d'investissement pour relancer et développer la production d'énergie éolienne en mer du Nord après plusieurs années d'échecs des ventes aux enchères et de retrait des investisseurs.

Le pacte conclu lors d'un sommet à Hambourg prévoit le raccordement des parcs éoliens en mer aux réseaux électriques de plusieurs pays voisins.

Les neuf pays - Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, France, Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Danemark et Norvège - s'engagent à produire ensemble 15 gigawatts d'énergie éolienne en mer par an entre 2031 et 2040, et à atteindre 300 gigawatts d'ici à 2050.

TLe secteur européen de l'éolien s'est également engagé à réduire les coûts offshore de 30 % d'ici 2040 par rapport à 2025 et à protéger les infrastructures offshore essentielles, telles que les câbles d'alimentation ou de transmission de données.

Des objectifs ambitieux

“En développant de manière cohérente et en connectant intelligemment l'énergie offshore, nous créons une énergie abordable, propre et sûre, nous réduisons notre dépendance stratégique et nous renforçons la résilience de l'Europe”, a déclaré Katherina Reiche, ministre allemande de l'économie et de l'énergie.

Ce n'est pas la première fois que les pays de la mer du Nord se fixent des objectifs ambitieux. Le sommet de Hambourg fait suite à deux réunions similaires (l'une en 2022, l'autre en 2023), au cours desquelles les pays concernés ont présenté des projets d'installation d'une capacité de 300 gigawatts - contre environ 35 gigawatts aujourd'hui - en réponse à la crise énergétique qui a éclaté après l'attaque de la Russie contre l'Ukraine.

‘Autonomie stratégique’

Ta priorité accordée aux investissements dans les énergies renouvelables a changé. “Nous devons non seulement réduire nos émissions de combustibles fossiles, mais aussi renforcer notre autonomie stratégique et notre indépendance énergétique”, affirment les neuf pays.

Le ministre Reiche a évoqué les attaques russes contre les réseaux électriques, les pipelines et les câbles de données vitaux, qui sont essentiels à la souveraineté numérique du continent. “C'est pourquoi le L'OTAN et la Commission européenne y participent, de même que l'Islande”, a-t-elle déclaré.

Force motrice

La Belgique, représentée au sommet par le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) et la ministre de la Mer du Nord Annelies Verlinden (CD&V), est l'une des forces motrices d'une région de la mer du Nord sûre, intégrée et stratégiquement forte.

Après tout, la mer du Nord est un levier géopolitique essentiel pour l'Europe : une source d'énergie durable, une plaque tournante vitale pour les flux de données et les échanges commerciaux, et une zone qui nécessite une protection solide dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.

Ministre Verlinden préconise un réseau énergétique européen intégré. “Une analyse de rentabilité claire et solide pour l'éolien en mer est essentielle pour accélérer les investissements, faire baisser les prix et renforcer notre autonomie stratégique”, a-t-elle déclaré.

Îlot énergétique

Le ministre se réjouit également de la poursuite du développement de la zone Princess Elisabeth. “Nous voulons plus d'énergie renouvelable en mer, mais dans des conditions réalistes et sûres qui apportent de la clarté aux investisseurs et à la société”, a expliqué M. Verlinden. 
Mais l'augmentation du vent en mer nécessite également une nouvelle expansion du réseau électrique en mer. D'où les plans du gouvernement précédent pour l'île énergétique, mais en raison des coûts extrêmes, certaines parties du projet ont été temporairement abandonnées.

Moyeu hybride

En Belgique, le premier parc éolien supplémentaire en mer du Nord, qui sera connecté à l'île énergétique, doit être construit le plus rapidement possible. Dans la pratique, ce sera au plus tôt en 2032. Le Premier ministre Bart De Wever reste sceptique, à moins qu'un financement substantiel de l'UE ne se matérialise.

L'île énergétique offshore de la Belgique a été conçue comme un centre hybride de collecte de l'énergie éolienne, reliant la Belgique à d'autres pays (notamment le Royaume-Uni) et faisant partie d'un futur réseau offshore européen.

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