Volvo Cars a connu l'un des exercices financiers les plus difficiles de son histoire moderne. La société a subi un effondrement de ses bénéfices, une chute brutale du cours de ses actions et des doutes croissants quant à son avenir dans le domaine de l'électricité.
Selon son PDG, il a été particulièrement difficile de s'adapter à la détérioration du marché mondial de l'automobile, mais l'échec de l'EX90 a aussi sérieusement entamé les bénéfices.
Volvo s'est engagé sur un terrain accidenté. Le constructeur automobile suédois, toujours détenu majoritairement par le groupe chinois Geely, a annoncé une perte nette de 4 milliards de couronnes suédoises (360 millions d'euros) pour 2025.
La chute brutale des ventes, l'érosion des marges bénéficiaires et l'échec d'un SUV phare sont les principaux responsables de ces résultats médiocres. Les actions de la société ont chuté de 22,5% à la bourse de Stockholm.
Arrivée tardive et en poussette
Les problèmes de l'entreprise sont nombreux et interdépendants. Le ralentissement mondial de la demande automobile, la fin des subventions aux véhicules électriques aux États-Unis et l'imposition par la Maison Blanche de droits de douane sur les importations sont autant de facteurs qui ont contribué aux difficultés financières de l'année.
Volvo construit l'EX90 (et Polestar 3) à Charleston, mais l'intérêt pour les véhicules électriques a diminué. Au grand regret du PDG Hakan Samuelsson, qui a déclaré à plusieurs reprises dans des interviews que le marché américain constituait un cas exemplaire pour la mobilité électrique, car la plupart des propriétaires utilisent la voie réservée aux conducteurs, ce qui facilite l'infrastructure de recharge.

Mais le cœur de la crise vient de ce même EX90 : Le SUV électrique tant attendu de Volvo, son premier véhicule défini par logiciel, est arrivé en retard et bogué. Les problèmes logiciels du véhicule ont contraint l'entreprise à déprécier de 11,4 milliards de couronnes (1 milliard d'euros) la plateforme sur laquelle il a été construit, entraînant les bénéfices de la marque dans le rouge. Le fiasco de l'EX90 a laissé de profondes cicatrices.
Duvet 7%
Pour remédier aux bogues et aux problèmes, Volvo a dû retravailler entièrement l'architecture logicielle, allant même jusqu'à adapter des modèles déjà en circulation. Lors de la présentation du tout nouveau EX60, Anders Bell, responsable de la technologie, a affirmé que les problèmes étaient désormais maîtrisés grâce au système Hugin Core évolué, une refonte complète de la pile EX90.
Les ventes ont également baissé. Volvo a vendu 710 000 véhicules en 2025, soit une baisse de 7% par rapport à l'année précédente. Le chiffre d'affaires de l'entreprise pour l'ensemble de l'année a diminué de 11% pour atteindre 357 milliards de couronnes (32 milliards d'euros), tandis que son bénéfice d'exploitation a presque disparu, chutant de 98% pour atteindre à peine 0,3 milliard de couronnes.
Samuelsson, qui n'hésite jamais à faire une remarque franche, a admis que 2026 n'apporterait pas un soulagement immédiat. “Une concurrence féroce sur les prix, des tarifs douaniers persistants, une faible confiance des consommateurs et des signaux réglementaires peu clairs laissent présager une nouvelle année difficile”, a-t-il déclaré. L'intérim de Samuelsson à la tête de l'entreprise (Geely est actuellement à la recherche d'un successeur) semble être assombri par une situation économique morose.
Mesures de réduction des coûts
L'entreprise a réagi en prenant une deuxième série de mesures de réduction des coûts. Après avoir déjà supprimé 3 000 emplois l'année dernière, Volvo va maintenant s'efforcer de réduire ses coûts de 5 milliards de couronnes (450 millions d'euros), en ciblant à la fois les coûts variables et les coûts indirects.
La direction assure qu'aucun nouveau licenciement n'est actuellement prévu, même si le gel des embauches et les “départs naturels” devraient encore réduire les effectifs.
Volvo place désormais tous ses espoirs dans l'EX60, récemment dévoilé. La production débutera au second semestre 2026 à Torslanda, en Suède, et l'entreprise espère vendre plus de 40 000 unités avant la fin de l'année.
Un chiffre modeste, mais qui pourrait contribuer à restaurer la confiance. De même, l'EX30, qui a dégringolé dans les classements européens, doit retrouver sa dynamique de vente.


