Les émissions de gaz à effet de serre de la Belgique, en particulier le CO2, ont diminué pendant plus de vingt ans, mais en 2024, elles ont cessé de diminuer et ont même légèrement augmenté à nouveau (environ +0,2%) par rapport à 2023. Bien que les émissions à long terme soient en baisse, les projections indiquent que les plans actuels ne sont pas en mesure d'atteindre les objectifs de l'UE ou nationaux pour 2030.
Ce rebond est principalement dû à la croissance des émissions des principaux secteurs industriels flamands, qui représentent environ 29% des émissions totales de la Belgique.
Industrie et transport flamands
Au nord, les émissions de la métallurgie, de la sidérurgie, de la chimie et des raffineries augmentent de 1,2 million de tonnes en 2024, alors qu'elles diminuent d'environ 0,7 million de tonnes en Wallonie.
Dans les secteurs non industriels, en revanche, les émissions d'équivalent CO2 ont diminué de 0,24 million de tonnes entre 2023 et 2024. A l'exception du transport routier qui augmente de 0,28 million de tonnes. Les transports, principalement routiers (+2% d'émissions en 2024), et les bâtiments ont également contribué à une certaine hausse.
Les transports sont systématiquement à l'origine d'une grande partie des émissions non liées au SCEQE et ont toujours été l'un des rares secteurs où les émissions n'ont pas connu de forte baisse au fil du temps.
Prix de l'énergie
En outre, les prix de l'énergie ont légèrement baissé en 2024 par rapport à l'année précédente. Le prix du mazout de chauffage a connu deux fortes hausses avant d'entamer une lente décrue. Bien que les prix du gaz soient restés élevés, cette baisse a probablement contribué à la légère augmentation de la consommation de gaz naturel.
Le rebond des émissions belges n'est pas stupéfiant, mais il interrompt la tendance à la baisse à long terme depuis 1990, l'année de référence, qui avait diminué d'environ 32,7% au cours de cette période.
Baromètre de transition
La plupart des secteurs ont enregistré des baisses sur l'ensemble de la période 1990-2024. À l'exception notable des transports (+18,4%), dopés par l'augmentation de la mobilité routière et du nombre de kilomètres parcourus.
En novembre 2024, le baromètre belge de la transition, élaboré par des experts de l'administration fédérale, constate que, malgré la diminution constante des émissions belges depuis 1990, il ne sera pas possible d'atteindre la neutralité climatique au niveau belge en 2050, ni l'objectif contraignant pour les secteurs non soumis au système d'échange de quotas d'émission en 2030.
“Sans une accélération sérieuse des politiques et un approfondissement des mesures, les objectifs ne seront pas atteints”, a confirmé le deuxième baromètre en novembre 2025. Pour atteindre la neutralité climatique en 2050, le taux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la Belgique devrait doubler.


