L'Atto 2 de BYD, construit en Hongrie, vise à déclencher une lutte des prix

BYD a l'intention de localiser la production de son SUV électrique compact, l'Atto 2, en Hongrie. Cela devrait permettre de réduire son prix de détail de plusieurs milliers d'euros par rapport aux lots construits en Chine, et d'éviter les amendes à l'importation. Toutefois, le site hongrois lui-même fait l'objet d'un examen réglementaire de la part de Bruxelles en raison de subventions publiques présumées.

BYD fait le pari que la production européenne de l'Atto 2 lui permettra de tenir ses promesses en tant que SUV électrique économique. L'entreprise a confirmé qu'elle ajouterait le modèle à sa chaîne de montage de Szeged, en Hongrie, ce qui en ferait la deuxième voiture produite dans ce pays après la Dolphin Surf à hayon.

La date de lancement n'a pas été communiquée, mais la délocalisation indique l'intention de BYD de positionner l'Atto 2 comme un leader en termes de coûts sur son segment. Qui suivra ?

Effet d'absorption de l'excès

Actuellement expédiée de Chine, la version électrique de l'Atto 2 est proposée à partir d'un peu moins de 30 000 euros en Belgique. Toutefois, ces prix sont inférieurs au tarif punitif de 17 % imposé à BYD pour ses véhicules électriques à batterie construits dans son pays d'origine.

Bien que BYD affirme absorber l'effet de l'excédent de droits sur les prix à la consommation, il n'est pas certain que cela couvre l'intégralité du montant des droits. Toutefois, comme la production locale devrait commencer en 2026, ces tarifs ne s'appliqueront plus, ce qui pourrait permettre d'économiser des milliers d'euros sur le prix de détail.

Cela placerait l'Atto 2 dans une position privilégiée en termes de prix face à des piliers européens comme la Peugeot e-2008 (40 600 euros) et l'Opel Mokka Electric (36 690 euros). Son principal concurrent serait le très attendu Volkswagen ID. Cross, qui devrait coûter entre 28 000 et 30 000 euros.

Usine subventionnée ?

L'Atto 2 repose sur l'e-Platform 3.0 de BYD et présente un design cellule-corps peu encombrant et à haute rigidité. Une batterie LFP de 45,1 kWh offre actuellement une autonomie de 312 km selon le WLTP et est associée à un moteur de 130 kW. Toutefois, le véritable avantage concurrentiel de ce modèle ne pourra se manifester que lorsque les droits d'importation de l'UE auront été contournés et que la production aura été étendue à la Hongrie.

Cette usine n'est toutefois pas sans complications. Les régulateurs européens se sont inquiétés d'un éventuel soutien de l'État chinois à la construction de l'usine.

La Commission européenne cherche à savoir si BYD a bénéficié de subventions déloyales, une enquête en cours qui pourrait déboucher sur des sanctions financières. Les autorités hongroises, pour leur part, affirment qu'elles n'ont pas été consultées avant le début de l'enquête et ont exprimé leur mécontentement face au manque de communication de l'UE.

Hybride rechargeable

Cette tension est d'autant plus importante que l'UE élabore une stratégie ‘Made in Europa’ pour les fabricants produisant localement, basée sur des incitations et des émissions de CO2 à court terme. Pour BYD, il devient crucial de renforcer sa présence en Europe. La Chine reste le terrain d'action de BYD, mais sa part de marché diminue.

BYD a déjà essayé d'anticiper la nouvelle normalité européenne en proposant une version hybride rechargeable de l'Atto 2, la DM-i, qui réduit les tarifs punitifs.

C'est une rareté dans cette catégorie. Mais ces groupes motopropulseurs électrifiés font eux aussi l'objet d'un débat au Parlement européen sur les subventions publiques. Il est clair que la production locale devient de plus en plus importante à mesure que les frictions sur les marchés internationaux augmentent.

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