‘Défiler vers le danger : les vidéos de cascades routières influencent les jeunes conducteurs’

Médias sociaux a un impact sur le comportement routier des jeunes adultes qu'il ne faut pas sous-estimer. Plus ils sont témoins de comportements dangereux sur les médias sociaux, plus ils sont susceptibles d'adopter des comportements à risque et de recevoir eux-mêmes des amendes pour infraction au code de la route.

Telle est la conclusion d'une étude récente menée par l'institut de sécurité routière Vias auprès de jeunes adultes. Les résultats démontrent pour la première fois en Belgique le lien entre les médias sociaux et les comportements à risque dans la circulation, comme le franchissement de feux rouges, l'utilisation d'un téléphone portable au volant, la traversée d'une voie ferrée fermée ou la ‘course’ contre un autre usager de la route.

La recherche suggère également que le visionnage de ces vidéos modifie l'attitude des jeunes adultes à l'égard des comportements à risque, les rendant socialement plus acceptables et plus réalistes pour qu'ils adoptent eux-mêmes ce type de comportement.

Enquête auprès de 1 000 jeunes adultes

Vias a recueilli des dizaines de vidéos de trafic belges visibles sur les médias sociaux tels qu'Instagram et TikTok. Les chercheurs ont montré les vidéos aux participants à l'étude et leur ont demandé ce qu'ils en pensaient. Les jeunes participants devaient également indiquer combien d'amendes ils avaient reçues au cours de l'année écoulée.

Un échantillon représentatif de près de 1 000 jeunes adultes âgés de 18 à 26 ans a participé à l'enquête. Un jeune adulte sur huit, soit 13%, âgé de 18 à 26 ans, voit presque tous les jours des vidéos de comportements à risque sur les médias sociaux. Un quart (24%) voit ce type de vidéos chaque semaine. Ce phénomène est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes.

Il existe également une corrélation entre l'interaction avec ces vidéos, comme le fait d'aimer et de commenter, et la fréquence d'exposition. Ceux qui commentent plus souvent verront plus de vidéos comme celle-ci.

Lien entre exposition fréquente et comportement à risque

Les résultats sont frappants : les qui ont déclaré voir régulièrement ces vidéos sont aussi ceux qui reçoivent le plus souvent des amendes. Et ceux qui ont indiqué dans l'enquête qu'ils avaient ‘rarement ou jamais’ un comportement à risque sont aussi ceux qui ont vu le moins de vidéos de comportements à risque. 

Le problème avec les médias sociaux, c'est que les vidéos que vous voyez sont adaptées à vos centres d'intérêt. Par conséquent, si vous les aimez ou les commentez, vous les verrez plus souvent.

Le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) prend l'enquête très au sérieux. “C'est la première fois que nous voyons un lien entre les médias sociaux et les comportements à risque dans la circulation en Belgique”, a-t-il déclaré au journal De Standaard. “Ce n'est plus discutable, nous devons donc y travailler”.”

‘Inacceptable’

Tout comportement dangereux sur la route, quel que soit l'âge, est inacceptable. Nous allons agir à différents niveaux : renforcer la prévention en concertation avec les régions, étudier avec Vias comment nous pouvons utiliser ces plateformes pour sensibiliser la population, et intensifier la lutte contre la récidive. La protection des usagers de la route reste ma priorité absolue.”

Bien que les réactions d'approbation face à un comportement de conduite indésirable soient plus fréquentes chez les jeunes adultes, la majorité des personnes interrogées avaient une attitude négative à l'égard du comportement à risque observé.

M. Crucke insiste sur le fait que les médias sociaux ne sont pas le problème en soi. “Nous pouvons utiliser les médias sociaux pour fournir d'autres exemples.” La valeur ajoutée des médias sociaux réside dans le fait que le comportement peut être influencé non seulement par la campagne de sensibilisation elle-même, mais aussi par les réactions d'autrui à celle-ci (par le biais de likes, de partages, de commentaires).

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