La société ferroviaire publique belge NMBS/SNCB a entamé une grève de trois jours qui durera jusqu'à mercredi à 22 heures.
Les syndicats protestent notamment contre le projet du gouvernement de mettre fin aux nominations permanentes dans les chemins de fer et contre les mesures gouvernementales affectant les droits à pension du personnel des chemins de fer.
Le premier des trois jours de grève, sept trains IC sur dix circuleront. Il en va de même pour la moitié des trains locaux L et des trains de banlieue S. Peu de trains P, normalement utilisés aux heures de pointe du matin et du soir, circuleront.
7 trains IC sur 10 circulent
Mardi, 7 trains IC sur 10 circuleront également, ainsi que 3 trains locaux L sur 5 et des trains suburbains S. A nouveau, quelques trains P circuleront. La situation pour mercredi n'est pas encore claire.
Le préavis de grève n'a été lancé que par le syndicat socialiste des chemins de fer ACOD Spoor. L'impact de la grève variera d'un jour à l'autre. La SNCB conseille donc aux voyageurs de préparer soigneusement leur voyage en consultant régulièrement le planificateur de voyage en ligne.
Réforme reconfirmée
Si l'on inclut l'année dernière, on arrive à environ 34 jours de grève à la NMBS/SNCB. Il reste à voir si ces grèves aboutissent à quelque chose.
Le Conseil des ministres a reconfirmé qu'à partir du mois de juin, les recrues des chemins de fer ne seront plus employées sur une base statutaire, mais uniquement sur une base contractuelle.
Selon le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), le Conseil d'Etat n'a pas soulevé d'objection de principe. Il a également confirmé que la réforme s'inscrit pleinement dans le cadre des droits acquis par le personnel en place. En d'autres termes, le statut d'agent non statutaire sera remis en cause.

Chef de file européen
Avec la France, la Belgique est souvent en tête du classement européen pour le nombre de jours de grève dans le secteur public et dans les chemins de fer.
Si la SNCB obtient un score aussi élevé, c'est parce que les syndicats des chemins de fer en Belgique sont très bien organisés. En outre, les chemins de fer sont considérés comme l“”artère" du pays.
Le système ferroviaire dessert plus de 800 000 voyageurs par jour, de sorte que les perturbations attirent l'attention et constituent un puissant moyen de pression dans le cadre de la consultation sociale.
Selon les estimations de la Fédération des entreprises belges (VBO), une grève nationale des chemins de fer coûte à l'économie belge environ 40 millions d'euros par jour.
Bien que les préavis de grève soient plus fréquents à la SNCB, cela ne signifie pas nécessairement que l'ensemble du réseau est fermé. Depuis 2018, un service minimum a été mis en place.
Par ailleurs, de nombreux mouvements de grève sont observés en Espagne et en Italie.
Les grèves sont extrêmement rares au sein de la compagnie ferroviaire néerlandaise NS et sont plus contrôlées, affectant souvent des régions spécifiques plutôt que l'ensemble du pays.
En Allemagne, les grèves à la Deutsche Bahn peuvent être très intenses. Elles sont toutefois moins fréquentes car elles sont généralement liées à des conventions collectives spécifiques - la ‘Friedenspflicht’ interdit les grèves tant qu'une convention collective est en vigueur.
L'Espagne et l'Italie, tout comme la Belgique et la France, font partie des pays européens où le nombre de grèves dans le secteur public est le plus élevé. Toutefois, il existe des différences subtiles dans la manière dont ces grèves sont organisées et dans leur impact.
Contrairement à la Belgique, où les grèves peuvent parfois durer plusieurs jours, les grèves italiennes ne durent souvent que 4, 8 ou 24 heures. L'Italie dispose également d'un système très strict de “fasce orarie di garanzia”.”
Entre 6h00 et 9h00 et entre 18h00 et 21h00, les trains les plus importants circulent presque toujours, quelle que soit la grève, pour faciliter les déplacements domicile-travail.
L'Espagne (Renfe) ressemble à la Belgique en termes de fréquence des grèves. Les grèves sont souvent liées à la privatisation des lignes ferroviaires, à l'introduction de nouveaux concurrents tels que Iryo et Ouigo, et au manque de personnel.
Cependant, comme en Belgique, le gouvernement espagnol est obligé d'imposer des “servicios mínimos” (services minimums). Cela signifie que 50% à 75% de trains continuent à circuler, en particulier sur les lignes à grande vitesse les plus populaires (AVE).


