La Dacia Striker marque la volonté de Renault de faire monter en gamme sa marque économique.

La nouvelle Dacia Striker marque une étape importante dans la transformation de Dacia, alors que la société mère, le groupe Renault, accélère son plan visant à faire entrer la marque économique dans des segments plus importants et plus rentables du marché européen.

Dévoilé dans le cadre de la feuille de route ‘futuREady’ de Dacia jusqu'en 2030, le Striker sera le plus grand véhicule jamais proposé par la marque.

Avec une longueur d'environ 4,6 mètres, elle entre dans le cœur du segment C européen, traditionnellement dominé par les voitures familiales grand public telles que les versions break des berlines compactes et des crossovers. La production devrait commencer en 2026.

Voiture familiale multi-énergie

Contrairement au positionnement SUV plus robuste de la Dacia Bigster, le Striker adopte une formule différente. Le modèle combine la silhouette et l'efficacité d'un break avec la garde au sol plus élevée et le style de vie d'un crossover.

Dacia la décrit comme une voiture familiale multi-énergie qui allie les aspects pratiques d'une berline spacieuse et les caractéristiques stylistiques d'un SUV.

Les détails concernant le groupe motopropulseur sont encore limités, mais la voiture devrait s'appuyer sur la plateforme CMF-B de Renault, permettant des groupes motopropulseurs hybrides et éventuellement une configuration de transmission intégrale électrifiée.

Fidèle au positionnement de la marque, Dacia devrait maintenir le prix de base bien en dessous de la moyenne du segment C, probablement autour ou en dessous de la barre des 25 000 euros en Europe.

Un changement stratégique plus large

L'importance du Striker va toutefois au-delà du lancement d'un seul modèle. Il illustre un changement stratégique plus large en cours au sein du Groupe Renault.

Sous la direction de Luca de Meo, l'entreprise a réorganisé ses marques afin de renforcer leur identité. Renault se concentre sur l'électrification et les véhicules à forte composante technologique. Alpine devient la branche performance, et Dacia reste la marque de valeur, avec un accent plus clair sur les produits “essentiels mais désirables”.

Cette stratégie s'appuie sur la dynamique commerciale de la marque roumaine. En 2025, le succès de Dacia a été porté par les bonnes performances de ses principaux modèles.

Le Dacia Sandero est devenue la voiture de tourisme la plus vendue en Europe, tous canaux de vente confondus, pour la deuxième année consécutive et est le premier véhicule vendu aux particuliers en Europe depuis 2017.

Le Dacia Duster s'est classé au deuxième rang des SUV les plus vendus par les acheteurs au détail, tandis que le Dacia Bigster s'est rapidement hissé au sommet du segment des C-SUV destinés aux particuliers au cours du second semestre de l'année.

Plus de 10 millions d'exemplaires vendus

Fin 2025, la marque a également franchi un cap symbolique : plus de dix millions de véhicules vendus dans le monde depuis le lancement de la Dacia Logan en 2004, le modèle qui a fondamentalement remodelé le concept de motorisation abordable en Europe.

Pendant des années, le succès de Dacia a reposé sur des petites voitures abordables. Mais si ces modèles permettent de réaliser des volumes de vente importants, ils offrent des marges relativement faibles.

Renault semble maintenant vouloir que Dacia génère plus de profits sans abandonner son ADN low-cost. La solution consiste à se développer davantage sur le segment C, où les clients sont prêts à payer des prix plus élevés tandis que les coûts de production restent gérables grâce à la technologie partagée par Renault.

Cette stratégie a déjà commencé avec le SUV Bigster, qui positionne Dacia sur un segment plus haut de gamme. Le Striker pousse le concept plus loin en ciblant les acheteurs à la recherche d'une grande voiture familiale, mais qui ne sont pas prêts à payer les prix habituels pratiqués par les marques traditionnelles.

Dans le même temps, l'électrification fait toujours partie du plan, même si Dacia continue à l'aborder avec prudence. La marque a confirmé qu'elle lancerait plusieurs modèles électriques abordables avant la fin de la décennie, y compris un successeur à la petite Dacia Spring et d'autres véhicules électriques basés sur les futures plates-formes électriques de Renault.

Dans ce contexte plus large, le Striker met en évidence le plan de Renault visant à accroître la rentabilité de Dacia tout en maintenant sa réputation de simplicité et de valeur. En proposant des véhicules plus grands à des prix nettement inférieurs à ceux de ses concurrents, le groupe espère attirer des acheteurs qui sont de plus en plus exclus du marché automobile européen.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.