Chez Lufthansa, le syndicat des pilotes Vereinigung Cockpit (VC) appelle à une nouvelle grève de 48 heures jeudi et vendredi. Des centaines de vols risquent d'être annulés en raison de la grève de plus de 5 000 pilotes, même si les destinations du Moyen-Orient ne devraient pas être affectées. La raison principale de l'appel à la grève est un conflit de longue date sur les retraites et la stratégie du groupe aérien.
L'appel à la grève concerne Lufthansa, sa division cargo Lufthansa Cargo et, pour la première fois, sa filiale régionale Lufthansa City Line. Les autres compagnies aériennes du groupe Lufthansa, y compris Brussels Airlines, ne participent pas à l'action sociale.
Des bénéfices records mais pas de concessions
Il s'agit déjà de la deuxième grève dans le cadre d'un conflit sur les retraites chez Lufthansa et Lufthansa Cargo. Le 12 février, les pilotes ont débrayé pendant une journée. Plus de 800 vols ont été annulés, affectant quelque 100 000 passagers.
Selon VC, qui souhaite de meilleures conditions de retraite, Lufthansa continue de manifester sa volonté de négocier. Toutefois, après sept cycles de négociations, la direction n'a toujours pas présenté de proposition concrète.
Bien que les pourcentages exacts ne soient souvent divulgués qu'après les négociations, le syndicat demande généralement une augmentation de la contribution de l'employeur au fonds de pension qui couvre entièrement l'augmentation du coût de la vie, généralement entre 5% et 8%.
Lufthansa qualifie cette mesure d“”inabordable“ dans un marché hautement concurrentiel, malgré le récent bénéfice record de près de 2 milliards d'euros enregistré par la compagnie pour 2025. Il a été indiqué que l'augmentation demandée des cotisations de retraite augmenterait les coûts salariaux de ”dizaines de millions d'euros par an".”
Ironiquement, une grève de 48 heures, comme celle prévue jeudi et vendredi, devrait coûter à Lufthansa entre 15 et 24 millions d'euros par jour.

L'âge légal de départ à la retraite : un coup d'épée dans l'eau
Cependant, l'âge légal de la retraite alimente également le conflit entre les pilotes et Lufthansa. Cet âge est actuellement relevé progressivement à 67 ans en Allemagne. Or, la réglementation européenne prévoit que les pilotes ne peuvent plus piloter d'avions commerciaux après 65 ans.
Le conflit porte également sur la question de savoir qui doit payer pour ces deux années. Les pilotes veulent que Lufthansa prolonge l'accord transitoire (Übergangsversorgung) afin qu'ils ne se retrouvent pas sans revenus ou avec des revenus bien moindres pendant deux ans.
La Lufthansa, en revanche, souhaite réduire ce montant, car chaque augmentation d'un point de pourcentage de la garantie de cette prestation peut peser sur son bilan à hauteur de centaines de millions d'euros en vertu des règles de calcul des coûts de pension futurs.
Troubles sociaux chez City Line et Eurowings
Dans le cas de City Line, qui sera fermée fin 2026, les pilotes se battent dans le cadre de négociations qui durent depuis 2024 pour une augmentation salariale annuelle de 3,3% en 2024, 2025 et 2026. Selon VS, la fermeture imminente n'affecte pas les revendications salariales.
Eurowings, la compagnie aérienne allemande à bas prix du groupe Lufthansa, est également en proie à des troubles sociaux. Un vote est actuellement en cours parmi les pilotes pour décider s'il y aura également des grèves.



