Vendredi dernier, un bateau télécommandé a navigué pour la première fois sur le réseau fluvial wallon. Le Novandi 2, un cargo de 110 mètres de long, a quitté Oupeye sur le canal Albert pour son voyage inaugural et a été salué par le ministre wallon de la Mobilité et des Infrastructures, François Desquesnes (Les Engagés).
Le système de contrôle à distance, installé par le fournisseur de technologie Seafar, avait déjà été testé en Flandre, mais jamais en Wallonie. Il permet de remédier à la pénurie de personnel, en particulier de capitaines, due aux conditions difficiles de la profession.
‘Qualité de vie”
“Grâce à cette technologie, la profession peut offrir huit heures de travail de bureau par jour. Elle améliore la qualité de vie du capitaine en favorisant un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée”, explique Cyrielle Böttcher, directrice de projet chez Novandi, la société propriétaire du bateau.
Le Novandi 2 est équipé de caméras et de capteurs qui permettent, par exemple, de surveiller certains paramètres depuis les centres de contrôle d'Anvers et de Charleroi, où travaillent les capitaines.
Pas sans personnel
Les caméras sont utilisées pour la connaissance de la situation à 360°, et les capteurs contrôlent le moteur, la navigation et l'environnement. Dans certains cas, toute cette technologie est meilleure que la vision humaine à bord. La fatigue est également un facteur d'accident important, mais elle est désormais exclue.
Même lorsque le navire est contrôlé à distance, il y a toujours des barreurs et des marins présents à bord pour des raisons de sécurité et pour assurer des missions spécifiques et le bon fonctionnement du bateau. En cas de besoin, ils peuvent intervenir manuellement.
Phases d'essai
Au cours de la première phase du projet d'essai, le navire effectuera la liaison entre Kanne et Oupeye. Plus tard, le Novandi 2 devra passer Liège et sera confronté à la navigation urbaine.
Ensuite, il parcourra des tronçons plus longs et passera des écluses, comme celle des Grands-Malades sur le tronçon namurois. Le projet est soutenu politiquement par François Desquennes, qui a accordé une dérogation légale pour naviguer sans capitaine à bord.
La phase finale permet d'effectuer des essais dans des conditions de navigation plus complexes et plus stressantes - courants forts, faible visibilité et voyages de nuit.
Adopteur précoce
En Flandre, la navigation intérieure télécommandée est testée et utilisée depuis plusieurs années. La Flandre est considérée comme un adopteur précoce et un précurseur européen. La technologie est plus mature et déjà intégrée dans les chaînes logistiques portuaires. Cependant, elle est encore principalement téléassistée et non entièrement autonome.
Dans d'autres pays européens, la technologie progresse également, même si elle reste fragmentée. Les Pays-Bas possèdent l'un des écosystèmes d'automatisation terrestre les plus avancés et se concentrent sur les voies navigables à fort trafic.
L'Allemagne utilise déjà des navires semi-autonomes et téléassistés, en mettant l'accent sur les systèmes d'aide à la décision et la navigation assistée par l'IA. La Norvège est plus avancée dans le domaine des navires entièrement autonomes, mais il s'agit essentiellement de navires côtiers/maritimes, et non de navires intérieurs. La France n'a que des projets pilotes à un stade précoce sur les fleuves (Seine et Rhône), mais la technologie est moins mûre qu'en Belgique et aux Pays-Bas.
Un retour sur investissement plus sûr et meilleur
Cependant, les entreprises poussent à la roue parce qu'il y a un impact commercial important. Le principal facteur est la pénurie d'équipages. La main-d'œuvre vieillit et devenir capitaine signifie de longues semaines loin de chez soi et des horaires de travail irréguliers.
La navigation télécommandée rend le travail beaucoup plus attrayant, compte tenu du travail de bureau et des horaires fixes. Les jeunes sont donc plus nombreux à être motivés pour ce travail.
Un autre avantage est la modification de la structure des coûts : à l'avenir, un capitaine pourra superviser plusieurs navires. En outre, l'équipage à bord sera plus réduit, voire inexistant. De plus, une meilleure utilisation des actifs permet aux équipages postés de travailler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Par conséquent, le retour sur investissement est meilleur sur les navires télécommandés.


