Selon une nouvelle étude évaluée par des pairs et publiée dans *Nature Health*, la transition rapide de la Chine vers les véhicules électriques et autres véhicules à énergie nouvelle a permis de réduire la pollution atmosphérique urbaine dans une mesure suffisante pour éviter, selon les estimations, 262 000 décès prématurés.
Les chercheurs à l'origine de cette étude, publiée en mai, ont comparé les niveaux réels de pollution à un scénario hypothétique dans lequel tous les véhicules en circulation fonctionnaient encore avec un moteur à combustion interne.
Réduction des particules fines
D'ici 2023, la généralisation des véhicules à énergie nouvelle (NEV) – une catégorie qui regroupe les véhicules électriques à batterie, les hybrides rechargeables et les véhicules à hydrogène – a permis une réduction de 23,801 TP3T des particules fines (PM2,5), soit une baisse de 8,97 microgrammes par mètre cube. Le monoxyde de carbone a quant à lui diminué encore davantage, avec une baisse de 30,67%.
Le dioxyde d'azote, en revanche, n'a diminué que de 1,81 microgramme par mètre cube, et les baisses observées pour les particules grossières ont également été faibles. Les auteurs désignent clairement le responsable : les poids lourds diesel, qui ne sont pour l'essentiel pas encore électrifiés et constituent une source majeure de NO₂ et de particules grossières.
Amélioration de la qualité de l'air
Les chercheurs estiment que ces améliorations de la qualité de l'air ont permis d'éviter environ 262 000 décès non accidentels et quelque 75 000 décès toutes causes confondues.
Ces avantages se sont concentrés dans les villes chinoises les plus riches et les plus développées sur le plan économique, où l'adoption des véhicules à énergie nouvelle (NEV) a été la plus rapide. Les régions moins développées ont enregistré des gains moins importants.
Une exposition à long terme aux PM2,5 et à d'autres polluants est associée aux accidents vasculaires cérébraux, aux maladies cardiaques, au cancer du poumon et aux maladies respiratoires.
Autres régions
Selon les chercheurs, la Chine doit accélérer l'électrification des poids lourds diesel et étendre le déploiement des véhicules à énergie nouvelle aux régions à faibles revenus.
Ce phénomène ne se limite pas à la Chine. Une autre étude publiée en janvier 2026 dans *The Lancet Planetary Health*, menée par une équipe de l'Université de Californie du Sud, a révélé que l'adoption de véhicules zéro émission en Californie améliorait sensiblement la qualité de l'air.
L'Union européenne
En 2025, la Chine a atteint une part de marché de près de 55,1 % pour les voitures électriques, tandis que celle de l'UE restait bien inférieure : Selon l'ACEA, les voitures électriques à batterie représentaient 19,71 % des immatriculations de voitures neuves dans l'UE entre janvier et avril 2026, tandis que les hybrides rechargeables s'élevaient à 9,61 %.
Cela signifie que l'Europe a déjà réalisé moins de progrès en matière de qualité de l'air que la Chine, mais qu'elle dispose encore d'un plus grand potentiel d'amélioration.
Les transports restent la principale source d'émissions de NOx dans l'Union européenne. L'Europe a également enregistré 182 000 décès prématurés imputables aux PM2,5 en 2023, malgré les progrès considérables réalisés depuis 2005.


