Il semble que, depuis le 1er avril, vous soyez encore à l'abri de l'amende automatique de 350 euros pour les conducteurs entrant dans la zone à faibles émissions de Bruxelles (LEZ) avec un véhicule diesel Euro 5 ou un véhicule à essence Euro 2.
Même si votre véhicule est officiellement interdit, aucune amende ne sera délivrée pour les véhicules en question tant qu'il n'y aura pas de cadre opérationnel. Ou comment la LEZ à Bruxelles est en train de devenir un véritable chaos.
En sécurité jusqu'à nouvel ordre
Le 1er avril, le délai de grâce de trois mois pour les véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 expirera dans la Région de Bruxelles-Capitale, suite à l'annulation par la Cour constitutionnelle de l'ordonnance qui avait reporté de deux ans le renforcement de la LEZ, initialement prévu pour le 1er janvier 2026.
Toutefois, le ministre bruxellois des finances et du budget, Dirk De Smedt (Anders), assure que le délai de grâce sera prolongé et qu'aucune amende réelle de 350 euros ne sera infligée tant qu'un cadre opérationnel n'aura pas été mis en place.
Le nouveau gouvernement bruxellois dirigé par M. Dillies travaille actuellement sur un nouveau système qui réduit l'amende à 80 euros par mois (au lieu de 350 euros par trimestre), avec une option pour un abonnement annuel.
Ce coût s'élève à 350 euros pour les propriétaires de véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 qui n'ont pas les moyens d'acheter une nouvelle voiture, et à 200 euros pour les personnes bénéficiant d'une aide financière accrue.
Toutefois, étant donné qu'il n'existe pas encore de cadre juridique et qu'il n'y a pas de consensus au sein du gouvernement sur d'éventuelles exemptions pour les personnes socialement défavorisées, il semble, d'après la déclaration de M. De Smedt, que vous restiez à l'abri de l'amende automatique de 350 euros pour l'instant, à partir du mois d'avril.
Groen et Ecolo critiquent la décision
La décision de M. De Smedt a immédiatement provoqué des remous au sein du nouveau gouvernement bruxellois. Selon la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), les propos de De Smedt ne correspondent pas à ce qui a été convenu au sein du gouvernement.
“Je répète une fois de plus que les Bruxellois ont besoin d'un message clair soutenu par l'ensemble du gouvernement”, déclare M. Van den Brandt. “La dernière chose dont ils ont besoin, c'est d'une politique d'annonces qui crée de l'ambiguïté, de la confusion et de l'incertitude.”
Le député bruxellois et ancien ministre de la transition climatique, de l'environnement, de l'énergie et de la santé, Alain Maron (Ecolo), critique également le manque de clarté.
Pour lui, ces atermoiements, ce manque de clarté et ces concessions ont un impact tangible. “Les enfants asthmatiques, les personnes vulnérables et tous ceux qui vivent à Bruxelles ou s'y rendent sont condamnés à respirer air malsain pour plus longtemps encore, de subir la pollution sans pouvoir y échapper”.”
Incertitude juridique
Quant à savoir si ce report est une bonne chose d'un point de vue juridique, c'est une autre question. “C'est là toute la difficulté”, déclare Ans Persoons (Vooruit), secrétaire d'État au Climat et à l'Environnement, dans une réaction au journal Le Soir.
Il y a le principe du statu quo, l'article 23 de la Constitution, qui interdit de réduire “de manière significative” le niveau de protection offert par les réglementations existantes “sans justification raisonnable”.”
Il est fort probable que Bral, Les Chercheurs d'Air et la Ligue des droits de l'homme - le groupe qui a porté l'affaire devant la Cour constitutionnelle l'année dernière et qui a obtenu gain de cause - intentent une nouvelle action en justice, car ils soutiennent que le fait de ne pas percevoir les amendes équivaut à une “suspension déguisée” de la loi, ce qu'ils considèrent comme illégal.
En outre, la situation juridique de la LEZ bruxelloise est actuellement un champ de mines dans un autre domaine. En effet, il y a également une violation du principe d'égalité.
Les avocats spécialisés en droit administratif soutiennent que les citoyens qui ont engagé des frais pour se conformer à la loi sont désavantagés par rapport à ceux pour qui les règles sont maintenant mises “en attente”.”
En tout état de cause, Mme Persoons souhaite que l'ordonnance soit prête à temps pour entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Elle estime qu'il n'est pas possible de supprimer les amendes pour 2026, comme certains le demandent.
La LEZ de Bruxelles s'applique également aux motos
Enfin, le club de mobilité Touring souligne que la LEZ à Bruxelles s'applique également aux motos, mais pas à Anvers ni à Gand, ce qui illustre une fois de plus l'incohérence de l'ensemble de la politique de la LEZ en Belgique.
Les motos et scooters Euro 2 ne sont plus autorisés. Touring recommande également à toute personne contrainte d'acheter un modèle plus récent d'opter pour une moto Euro 5, car des réglementations plus strictes sont à venir.
Le Touring demande également que les motocyclistes ne soient pas oubliés dans le nouveau barème d'amendes et qu'ils puissent bénéficier d'un taux réduit, étant donné qu'ils contribuent moins à la congestion par véhicule que les voitures.
En termes d'émissions, les motocycles émettent généralement moins de CO₂ par kilomètre en raison d'une plus faible consommation de carburant et ont donc un impact moindre sur le changement climatique.
Toutefois, en ce qui concerne la qualité de l'air local (CO, NOx, hydrocarbures), la situation est différente : les motocycles, en particulier dans le cadre de normes plus anciennes telles que Euro 2, peuvent émettre beaucoup plus de polluants par kilomètre que les voitures.


