BYD, le plus grand constructeur mondial de véhicules électriques, a annoncé une baisse de 19% de son bénéfice net pour 2025. Il s'agit de la première baisse de ce type enregistrée par l'entreprise en quatre ans.
Les résultats révèlent le coût croissant de la concurrence sur le marché saturé des véhicules électriques en Chine. BYD s'empresse de regarder au-delà de ses frontières pour contrer la tendance à la baisse.
Les chiffres en bref
Le bénéfice de BYD est tombé à 32,6 milliards de yuans (4,08 milliards d'euros) en 2025, contre 40,3 milliards de yuans (5,2 milliards d'euros) l'année précédente. Toutefois, le chiffre d'affaires n'a augmenté que de 3,5% (pour atteindre 804 milliards de yuans ou 101 milliards d'euros), ce qui représente la plus faible augmentation annuelle du chiffre d'affaires en six ans.
En fait, BYD vend plus de voitures, mais avec des marges bénéficiaires plus faibles. Cela se voit également dans sa marge bénéficiaire, qui est passée de 19,4% à 17,7%.
La direction de BYD elle-même a attribué ce resserrement à ce qu'elle a décrit comme une “phase d'élimination” sur le marché automobile intérieur chinois. Dans cette phase, les marques sacrifient leur rentabilité pour protéger ou accroître leur part d'un marché extrêmement concurrentiel.
Expansion à l'étranger pour compenser
Paradoxalement, à l'origine du problème se trouve une stratégie de prix agressive que BYD a elle-même contribué à alimenter. En mai de l'année dernière, l'entreprise a annoncé des remises allant jusqu'à 34% sur environ 22 de ses modèles.
L'Association chinoise des constructeurs automobiles a publiquement critiqué cette tendance, avertissant que de telles tactiques risquaient d'aggraver ce qu'elle appelle la “concurrence néfaste” dans le secteur.
BYD n'a pas été nommément désigné, mais le message était clair. Les autorités chinoises ont ensuite ajouté leur voix, exhortant l'industrie à renoncer à ce qu'elles ont qualifié de “concurrence irrationnelle”, et ont introduit des mesures visant à limiter la croissance des ventes au cours des deux années suivantes.
En réponse, BYD redouble d'efforts sur les marchés internationaux. Les exportations outre-mer ont franchi pour la première fois la barre du million d'unités l'année dernière, soit une multiplication par 1,4 par rapport à l'année précédente.
En février 2026, les immatriculations mensuelles en Europe avaient grimpé à près de 18 000 unités, devançant de peu Tesla sur le même marché. Pour cette année, la marque chinoise s'est fixé un objectif de ventes à l'étranger de 1,3 million d'unités. L'ambition est de réaliser 50% des ventes totales en dehors de la Chine d'ici à 2030.
Un géant toujours présent, mais confronté à des vents contraires
Comme le montrent les chiffres, BYD a néanmoins progressé. Elle a vendu 4,6 millions de véhicules à énergie nouvelle en 2025, soit une augmentation de 7,7% en glissement annuel. Mais la nouvelle année apporte de nouvelles complications. Les ventes ont stagné au cours des deux premiers mois de l'année et BYD a brièvement perdu la première place sur le marché intérieur chinois au profit de son rival Geely.
Dans ce contexte, l'entreprise continue d'investir massivement dans la technologie : Les dépenses en R&D ont augmenté de 17% l'année dernière. Au début du mois, BYD a dévoilé une batterie Blade de deuxième génération ainsi qu'une nouvelle technologie de charge éclair (1 500 kW) capable de faire passer un véhicule d'une charge de 10% à 70% en seulement cinq minutes.
Elle prévoit de déployer 20 000 stations de recharge de ce type en Chine d'ici à la fin de 2026. En ce qui concerne l'Europe, aucun chiffre exact n'a été fourni ; les estimations varient entre 200 et 2 000 unités.


