Sauter en parachute à partir d'un e-planeur ? Pour l'instant, c'est le rêve de Cerfontaine.

La Société Wallone des Aéroports (SOWAER) a nommé un nouveau gestionnaire pour l'aérodrome de Cerfontaine, situé dans la province de Namur. Le nouveau gestionnaire a pour objectif de rendre le site plus respectueux de l'environnement, notamment par l'utilisation d'un avion électrique pour l'école de parachutisme qui y est implantée.

Mais ce n'est pas si simple : Les avions entièrement électriques spécifiquement conçus pour le parachutisme n'existent pas encore sous une forme commerciale et opérationnelle, bien qu'ils soient actuellement en cours de développement.

Patience

Pour rendre le site plus respectueux de l'environnement, Paul Marien, l'un des nouveaux responsables, souhaite mettre l'accent sur les panneaux solaires, l'organisation de circuits en vélos électriques à partir de l'aérodrome d'une soixantaine d'hectares, de vols en ULM, ou encore d'un saut en parachute combiné à une nuit d'hôtel à proximité des lacs de l'Eau d'Heire.

Marien, qui est également à la tête du club de parachutisme, souhaiterait qu'à l'avenir de tels sauts soient effectués à l'aide d'un avion électrique. “Nous sommes en contact avec une entreprise norvégienne qui transforme les avions thermiques en avions électriques”, a déclaré M. Marien à la RTBF.

Le hic, c'est que la technologie ne sera pas prête avant 2027 et qu'elle ne sera pas bon marché : l'avion et le système de batteries coûteront ensemble plusieurs millions d'euros.

Problème de batterie

Des avions électriques ont déjà été développés qui, en principe, conviendraient au parachutisme. L'exemple le plus connu est l'eCaravan des Américains australiens MagniX et AeroTEC, un Cessna 208 Caravan converti en avion à propulsion entièrement électrique.

Et il est certain que l'avion est économe en carburant. L'eCaravan a consommé moins de $6 d'électricité pour un vol d'essai de 30 minutes, contre $300 à $400 de carburant pour un moteur classique.

Mais il y avait des limites importantes. Les batteries prenaient beaucoup de place. Elles ajoutaient un poids important - un problème souvent encore classique pour les batteries de véhicules - ce qui signifie que l'eCaravan ne pouvait transporter que quatre à cinq passagers, au lieu d'un maximum de 14, sur une distance de 160 km. C'est l'une des raisons pour lesquelles AeroTEC a ramené l'avion à son moteur à combustion d'origine.

Pour le parachutisme, ces questions de batterie sont particulièrement problématiques. Un avion de parachutisme doit monter à une altitude de 3 000 à 4 000 mètres plusieurs fois par jour, ce qui consomme beaucoup d'énergie et nécessite une recharge rapide.

En d'autres termes, un ‘saut’ ne dure généralement que 15 à 20 minutes, ce qui permet à la plupart des avions de parachutisme d'effectuer trois à quatre chargements par heure. Si un avion doit passer une heure sur le chargeur après chaque saut, le modèle économique n'est pas viable.

En outre, de nombreux petits aéroports ne disposent pas encore des connexions électriques à haute tension coûteuses nécessaires à la recharge de mégawatts.

Moins de nuisances sonores

Toutefois, cette technologie pourrait également entraîner une petite révolution dans le fonctionnement des aérodromes. Le principal obstacle auquel se heurtent aujourd'hui de nombreuses zones d'atterrissage est la pollution sonore. Les riverains se plaignent souvent du vrombissement constant des avions au décollage.

Les avions E sont jusqu'à 75% plus silencieux pendant la montée. Cela signifie que les zones de largage peuvent voler plus fréquemment et plus longtemps sans compromettre les autorisations locales.

C'est également plus agréable pour les sauteurs eux-mêmes. En fonction du vent latéral et de la position de la porte, il n'est plus nécessaire de rester dans les gaz d'échappement d'un turbopropulseur rugissant en attendant de pouvoir sauter.

Dovetail Electric Aviation

Le club de parachutisme de Cerfontaine devra donc attendre encore un peu. Il existe des projets pilotes, mais la flotte se compose encore presque exclusivement d'avions à turbopropulseurs qui consomment beaucoup de kérosène. Les versions hybrides-électriques sont probablement l'option la plus rapide pour cette application.

Bien que... Dovetail Electric Aviation, pionnier de la conversion d'avions existants à la propulsion électrique, et Skydive Voss, premier opérateur de parachutisme en Norvège, ont signé un accord de partenariat pour convertir plusieurs Cessna Caravan 208 en avions électriques. Ils étudieront également ensemble la possibilité de convertir d'autres petits avions de parachutisme, tels que les Cessna 182 et 206.

Les premiers vols d'essai pourraient avoir lieu cette année. Dovetail estime que l'autonomie du Cessna 208 électrifié dépassera 100 km, avec une vitesse maximale d'environ 300 km/h et une capacité de charge allant jusqu'à 950 kg.

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