Ayvens Carmarket introduit des certificats de santé des batteries pour les véhicules électriques d'occasion dans toute l'Europe. Cette mesure peut sembler marginale à première vue, mais elle pourrait marquer un tournant dans le fonctionnement du marché des véhicules électriques d'occasion.
L'initiative vient d'Ayvens, l'une des plus grandes sociétés de mobilité et de leasing au monde. Né en 2023 de la fusion d'ALD Automotive et de LeasePlan, le groupe gère environ 3,2 millions de véhicules et opère dans plus de 40 pays.
Son activité principale consiste en un service complet de location, de gestion de flotte et de solutions de mobilité pour les entreprises et les particuliers. Ayvens contrôle également une vaste réserve de véhicules d'occasion sortant de contrats de location chaque année, qu'elle revend par l'intermédiaire de sa filiale de remarketing, Ayvens Carmarket, à des concessionnaires professionnels sur 38 marchés.
Capacité restante de la batterie
C'est dans le cadre de cette opération de recommercialisation que l'entreprise déploie actuellement des certificats d'état de santé (SoH) pour les véhicules électriques à batterie.
Ces certificats indiquent la capacité restante de la batterie par rapport à son état d'origine et sont basés sur des données extraites directement du système de gestion de la batterie du véhicule. Les diagnostics sont effectués par des tiers accrédités et reconnus par l'Association européenne du remarketing automobile, ce qui ajoute un niveau d'indépendance.
Les rapports sur la santé des batteries ne sont pas entièrement nouveaux, mais ils sont restés jusqu'à présent fragmentés et loin d'être normalisés. Ce qui rend l'initiative d'Ayvens remarquable, c'est son ampleur et son intégration dans le processus de revente.
Compte tenu des volumes traités par l'entreprise, l'introduction de certificats de batterie sur sa plateforme permet d'injecter ce niveau de transparence dans une part importante du marché européen des véhicules électriques d'occasion.
La moitié de la valeur totale de la voiture
La question qu'il aborde est fondamentale. Contrairement aux véhicules à moteur à combustion, pour lesquels le kilométrage et l'historique de l'entretien fournissent des indications relativement claires sur l'usure, la valeur d'un véhicule électrique dépend fortement de sa batterie.
Cet élément peut représenter jusqu'à la moitié de la valeur totale de la voiture, mais les acheteurs ont toujours eu un accès limité à des informations fiables sur son état. Il en résulte des incertitudes, des prix prudents et, dans de nombreux cas, une baisse des valeurs résiduelles.
Malgré des inquiétudes persistantes, les données réelles montrent de plus en plus que les batteries des VE modernes se dégradent beaucoup plus lentement que ce que l'on craignait au départ. Des études portant sur de grandes flottes de véhicules indiquent que de nombreuses batteries conservent 80-90% de leur capacité après plusieurs années d'utilisation, les taux de dégradation se stabilisant souvent au fil du temps.
Dépasser la durée de vie utile du véhicule
Dans certains cas, on s'attend désormais à ce que la durée de vie de la batterie corresponde à la durée d'utilisation du véhicule, voire à ce qu'elle la dépasse. Toutefois, le manque d'informations transparentes et normalisées au moment de la revente continue d'alimenter l'incertitude des acheteurs. C'est précisément ce déficit de perception - plutôt que les limitations techniques réelles - que des initiatives telles que les certificats de santé des batteries d'Ayvens visent à combler.
Pour les sociétés de leasing comme Ayvens, il ne s'agit pas d'une préoccupation théorique. Leur modèle économique dépend de la prévision précise de la valeur future des véhicules lorsqu'ils sont restitués après trois ou cinq ans.
Alors que les véhicules électriques représentent une part de plus en plus importante des flottes, l'incertitude quant à la dégradation des batteries se traduit directement par un risque financier. En fournissant des données vérifiables sur l'état des batteries au moment de la revente, Ayvens vise à réduire cette incertitude, à soutenir des valeurs résiduelles plus élevées et à améliorer la liquidité du marché des véhicules électriques d'occasion.
Un changement plus large au sein du secteur
Cette initiative reflète également un changement plus large au sein du secteur. Les constructeurs automobiles, tels que Tesla, Volkswagen et Renault, collectent déjà de nombreuses données sur les batteries par le biais des systèmes embarqués de leurs véhicules, mais se sont généralement montrés prudents à l'idée de les partager ouvertement sur le marché secondaire.
Les préoccupations en matière de responsabilité, d'exposition à la garantie et de contrôle des données ont ralenti l'émergence d'une norme commune, laissant la place à des initiatives indépendantes et axées sur le marché pour combler le fossé.
Dans le même temps, la réglementation évolue vers une plus grande transparence. Le règlement de l'Union européenne sur les batteries prévoit l'introduction d'un passeport numérique pour les batteries dans le courant de la décennie, qui comprendra des informations détaillées sur la composition, le cycle de vie et les performances des batteries.
Bien qu'il faille encore attendre quelques années avant une mise en œuvre complète, des initiatives telles que les certificats SoH d'Ayvens peuvent être considérées comme un premier pas vers ce futur cadre.
En termes de fiabilité, l'approche d'Ayvens est généralement considérée comme robuste. Les certificats reposent sur des données provenant directement des systèmes du véhicule et sont validés par des parties indépendantes.
Cependant, ils restent un instantané de l'état actuel de la batterie plutôt qu'une garantie de ses performances futures. Les mesures de l'état de santé peuvent également varier d'un fabricant à l'autre, ce qui rend les comparaisons entre les marques moins évidentes.
Malgré ces limites, l'impact global pourrait être important. À mesure que de plus en plus de véhicules électriques arrivent sur le marché de l'occasion, des informations transparentes et normalisées sur les batteries sont susceptibles de devenir une exigence de base plutôt qu'un facteur de différenciation.


