Stellantis mise sur Opel et la technologie Leapmotor pour se reconstruire en Europe

Plusieurs sources ont indiqué que Stellantis était en pourparlers avec la Chine pour développer un nouveau SUV électrique pour Opel, basé sur la technologie de Leapmotor, dont la production pourrait commencer vers 2028 dans son usine de Saragosse, en Espagne.

Cela pourrait aller plus loin qu'une simple collaboration sur un nouveau modèle. Elle souligne à quel point Opel est devenu un élément central de la fragile reprise du groupe en Europe, après les lourdes pertes liées à sa stratégie en matière de véhicules électriques.

Architecture clé des véhicules électriques

Dans le cadre de ce projet, le partenaire chinois fournirait la plate-forme sous-jacente du véhicule électrique, y compris l'architecture électrique, le groupe motopropulseur et le logiciel de base, probablement dérivé de l'architecture du segment B de Leapmotor utilisée dans son modèle B10.

Opel s'occupera du design et de la marque, une structure qui souligne le fait que les constructeurs automobiles européens s'appuient de plus en plus sur le savoir-faire chinois pour rester compétitifs en termes de coûts.

Pour Stellantis, le moment est crucial. Le groupe sort d'une année 2025 difficile, marquée par des dizaines de milliards d'euros de dépréciations liées à des hypothèses trop optimistes concernant les véhicules électriques, ce qui l'oblige à revoir sa stratégie en se concentrant davantage sur les véhicules hybrides et en contrôlant plus rigoureusement les coûts de développement.

Dans ce contexte, les discussions avec les Leapmotor n'est pas un partenariat conventionnel, mais résulte d'une relation beaucoup plus étroite. Stellantis est déjà le principal actionnaire de Leapmotor en dehors de la Chine et a créé une coentreprise dédiée, Leapmotor International, pour vendre ses véhicules dans le monde entier. Le groupe bénéficie ainsi d'un accès privilégié aux plateformes et à la technologie de Leapmotor.

Par conséquent, des projets tels que le SUV d'Opel visent autant à tirer parti de ce lien industriel et financier existant que de la technologie.

Ils permettent à Stellantis de réutiliser des architectures EV éprouvées à un coût et à un risque nettement inférieurs, transformant le partenariat en un outil de discipline financière ainsi qu'en un raccourci vers la compétitivité.

La reprise a commencé

Des chiffres récents suggèrent que la reprise a commencé, du moins en Europe. Stellantis a déclaré avoir vendu près de 697 000 véhicules dans l'UE30 au cours du premier trimestre 2026, soit une augmentation de 5% en glissement annuel, tandis que sa part de marché est passée à 17,5%.

Le groupe a surpassé le marché global, qui a progressé de 3,7%, et a été le seul constructeur automobile du top 10 à gagner des parts de marché au cours de la période. Toutefois, cette amélioration fait suite à deux années consécutives de baisse des ventes en Europe, ce qui signifie que le rebond repose encore sur une base relativement faible et ne s'est pas encore traduit par un net redressement de la rentabilité.

Dans le cadre de cette image européenne, Opel est un pilier essentiel. Bien qu'elle ne soit pas la marque la plus importante de Stellantis, elle est l'un de ses quatre principaux moteurs de volume en Europe - avec Peugeot, Fiat et Citroën - et représente environ un cinquième des ventes régionales.

Il s'agit là d'un élément essentiel pour ancrer la présence du groupe en Allemagne et en Europe du Nord et jouer un rôle central sur des marchés à forte flotte comme la Belgique, ce qui lui confère une importance qui va au-delà de son simple volume.

Opel et sa marque sœur britannique Vauxhall ont enregistré une croissance à deux chiffres de leurs ventes au premier trimestre, grâce à une forte demande pour des modèles tels que le Mokka, le Grandland et le Frontera récemment lancé.

L'Allemagne et la Belgique sont les principaux marchés

L'Allemagne reste le marché principal d'Opel, mais son importance s'étend à d'autres pays européens clés, dont la Belgique, où la marque dispose d'un vaste réseau de concessionnaires et d'une position solidement établie dans les segments des voitures compactes et de taille moyenne.

Sur des marchés comme la Belgique, où les voitures de société et les ventes aux flottes jouent un rôle majeur, la capacité d'Opel à proposer des modèles électrifiés à des prix compétitifs est cruciale pour la part de marché globale de Stellantis.

C'est précisément là que la coopération potentielle avec Leapmotor pourrait s'avérer décisive. En s'appuyant sur une plateforme de VE moins coûteuse développée en Chine, Stellantis pourrait raccourcir les cycles de développement et réduire les coûts de production, améliorant ainsi la compétitivité de la future gamme électrique d'Opel à un moment où les constructeurs européens sont soumis à une forte pression de la part des importations chinoises.

Cette décision reflète également un changement de stratégie plus large. Plutôt que de s'appuyer uniquement sur ses propres plates-formes, Stellantis semble de plus en plus ouverte à l'intégration de technologies externes lorsqu'elles offrent un avantage économique évident. Si elle est étendue au-delà d'un seul modèle, une telle approche pourrait à terme sous-tendre une gamme plus large de véhicules à travers plusieurs marques du groupe.

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