On sait depuis longtemps que la société de transport public flamande De Lijn est en mode de réduction des coûts. Le gouvernement flamand a imposé à De Lijn une mesure de réduction des coûts de 44 millions d'euros, en particulier dans les 15 régions de transport.
De Lijn vient d'annoncer qu'à partir du 1er juillet, elle apportera des modifications à environ une ligne sur trois en Flandre, ce qui concerne plus de 320 lignes sur un total d'environ 1 000. Plus de 40 lignes seront également supprimées.
Alors que certains partis politiques qualifient la décision de violation du décret, le syndicat socialiste ACOD appelle à une action en justice contre les coupes budgétaires de De Lijn.
Les changements sont très divers
En termes de pourcentage, les changements les plus importants - en particulier pour les lignes et les trajets à faible fréquentation - ont lieu dans les régions de transport de Gand (37 lignes sur 86), Courtrai (17 sur 31), Midwest (13 sur 25), Ostende (9 sur 19), les Ardennes flamandes (23 sur 46), et Waasland (13 sur 21).
C'est dans les grandes régions de transport que les chiffres sont les plus élevés, avec des changements sur 76 lignes (sur 214) dans le Limbourg, 42 lignes (sur 138) à Louvain et 23 lignes sur 128 à Anvers.
Les changements - à partir du 18 mai, les passagers pourront consulter les horaires à l'aide du planificateur d'itinéraire de De Lijn dans l'application et sur le site web - sont également très divers : ils vont de la suppression de lignes à la réduction des fréquences, en passant par la suppression, par exemple, de trajets le matin ou le soir, ou par un itinéraire différent. Certains itinéraires sont élargis pour tenir compte d'autres changements et, occasionnellement, un nouvel itinéraire est ajouté.
Les changements prévus par De Lijn ont suscité de vives protestations de la part des régions de transport. Certaines de leurs propositions alternatives ont été prises en considération si elles “répondaient à tous les objectifs”. Mais en fin de compte, la protestation n'a pas donné grand-chose, bien que le mot de la fin n'ait pas encore été prononcé.
“Les conseils de transport sont systématiquement ignorés”
Par exemple, le syndicat socialiste ACOD appelle les conseils régionaux des transports à ne pas accepter les millions de réductions et à “envisager toutes les mesures juridiques possibles” pour garantir leur droit d'être entendus.
Le syndicat se plaint que les recommandations des régions de transport sont “systématiquement ignorées”, alors que le gouvernement flamand avait l'intention de donner plus de poids aux autorités locales par le biais de son décret sur l'accessibilité de base. “Il est particulièrement cynique que ces mêmes autorités locales soient à nouveau mises à l'écart aujourd'hui.”
“Apparemment, il est possible de dégager des dizaines de millions d'euros au niveau fédéral pour les subventions automobiles, mais il n'est soi-disant pas possible d'investir dans des transports publics solides ? Il ne s'agit pas d'une question de moyens, mais de priorités”, déclare le syndicat.

“Démantèlement systémique”
Le syndicat catholique ACV Public Services, quant à lui, décrit ces changements majeurs comme “un démantèlement fondamental des services de transport public”. Le syndicat critique le calendrier des réductions de service, qui interviennent au moment même où une crise énergétique se profile, et affirme que certains groupes, tels que les personnes âgées et les travailleurs postés, seront particulièrement touchés.
En outre, elle parle d'un “démantèlement systémique”. “Pour de nombreux habitants, ces services sont leur seul lien avec le travail, l'école, les soins de santé ou les activités sociales. La mobilité n'est pas une question d'analyse coût-bénéfice, mais un droit fondamental et un service public. La pauvreté dans les transports menace donc de nombreuses régions et municipalités de Flandre”, déclare le syndicat.
Et tout comme l'ACOD, elle se demande si le ministre ne bafoue pas le décret de base sur l'accessibilité en ignorant les protestations des différentes régions de transport.
‘Participation fictive’
Le parti politique Groen affirme également que la ministre de la mobilité, Annick De Ridder (N-VA), viole le décret en procédant à des coupes budgétaires à De Lijn. “Cela est en contradiction flagrante avec l'esprit et la lettre du décret sur l'accessibilité de base”, déclare Bogdan Vanden Berghe, député de Groen.
“Selon le décret, les régions de transport ont un pouvoir de décision sur plusieurs itinéraires et lignes. Avec sa décision, la ministre transforme la participation locale en une farce. Et en fin de compte, c'est le passager qui en pâtit”. Il parle d'un “simulacre de participation” et demande à la ministre de “suspendre les coupes et de les annuler”.”
Déserts de transport
L'association de passagers TreinTramBus est également mécontente des nouvelles coupes budgétaires et affirme que certaines zones, comme la région Aalter-Tielt-Deinze, sont en train de devenir de véritables “déserts de transport”. L'organisation est également profondément mécontente de la manière dont la décision a été prise.
Alors que les prix de l'énergie sont sous pression, TreinTramBus trouve également illogique de réduire encore les alternatives à la voiture. “Les personnes qui n'ont pas de voiture ou qui n'ont plus le droit ou la possibilité de conduire sont laissées à elles-mêmes”, déclare Peter Meukens, président de TreinTramBus. Enfin, il rappelle que De Lijn a déjà été “réduit à l'essentiel”.”
En réponse au journal De Standaard, le cabinet du ministre De Ridder reconnaît que le calendrier était serré et que la transparence n'était pas toujours au rendez-vous. Il précise toutefois que les réductions devaient être mises en œuvre avant le 1er juillet, faute de quoi il aurait fallu procéder à des réductions encore plus importantes.


