VAB Bike of the Year 2026 : le leasing alimente l'essor de l'e-bike en Belgique

L'annonce des lauréats de la 12e édition du VAB Bike of the Year (BOTY) met en lumière l'évolution du paysage de la mobilité en Belgique.

Ce qui n'était au départ qu'un test comparatif destiné aux consommateurs est devenu le baromètre d'un marché en transition, où le vélo, et en particulier le vélo électrique, devient rapidement un compagnon à part entière, voire une alternative, à la voiture.

Organisée chaque année par l'organisation de mobilité VAB, l'élection du vélo de l'année combine l'analyse technique et les tests en conditions réelles effectués par un jury professionnel et des utilisateurs quotidiens.

45 vélos dans quatre catégories

Cette année, 45 vélos ont concouru dans quatre catégories : economy, premium, longtail et speed pedelec. En tant que membre du jury professionnel, newmobility.news s'est réjoui de l'occasion rare de tester une gamme aussi large de vélos électriques dans un cadre unique, ce qu'aucun fabricant ou revendeur individuel ne peut offrir de manière réaliste.

Les lauréats de 2026 reflètent à la fois la maturité et la diversification. Dans le segment d'entrée de gamme, le Giant Newtour E+2 (2 799 €) s'est distingué par son confort et sa facilité d'utilisation à un prix compétitif.

Avec un moteur central délivrant un couple d'environ 50 Nm, une batterie de 500 Wh et un moyeu à engrenage interne, il offre un ensemble bien équilibré et nécessitant peu d'entretien pour les trajets quotidiens.

Le Solid Plus de Veloci (2 499 €) et le Beaufort Bandit (1 999 €) suivent de près, montrant à quel point le segment des véhicules abordables a progressé, combinant des performances moteur solides et une autonomie utilisable à des prix de plus en plus accessibles.

Dans la catégorie haut de gamme, le Nevo 5 silent CORE de Riese & Müller (3 999 euros) illustre la manière dont les performances haut de gamme deviennent plus accessibles.

Positionné juste en dessous de 4 000 euros, il allie confort, qualité de construction et sécurité sans compromis. La catégorie élargie confirme une norme technique claire : des moteurs puissants à entraînement intermédiaire délivrant environ 85 Nm, des batteries pouvant atteindre 800 Wh et, de plus en plus, l'utilisation de transmissions par courroie et de systèmes d'engrenage intégrés.

Les seconds, tels que le Moustache Mardi 27 FS 4 (4 799 euros) et le Kalkhoff Image 3 Excite (3 899 euros), s'inscrivent parfaitement dans ce schéma, soulignant à quel point ce segment est devenu mature et compétitif.

Le Cabby C380 de Gazelle (5 699 euros), vainqueur dans la catégorie en plein essor du longtail, illustre la façon dont les vélos prennent en charge des tâches traditionnellement réservées aux voitures.

Équipé d'un moteur Bosch Performance CX délivrant 85 Nm, d'une batterie de taille moyenne et d'une transmission à variation continue, il est conçu pour une utilisation urbaine intensive avec des charges utiles allant jusqu'à 200 kg.

Des concurrents comme le Bike 43 MID (6 470 euros) et le Veloci Longtail (4 449 euros) renforcent cette tendance, avec des moteurs à couple élevé, des batteries de grande taille et des conceptions axées sur la polyvalence et le transport familial.

En haut de gamme, le Stromer ST7 (11 735 euros) confirme le saut technologique dans le domaine des pédaliers de vitesse. Avec son groupe motopropulseur haut de gamme, sa batterie de grande capacité et ses fonctions de connectivité avancées, il s'adresse aux navetteurs qui parcourent des distances plus longues à des vitesses plus élevées.

Les seconds, dont le Riese & Müller Charger 5 Pinion HS (8 139 €) et le Pinniato FS Speed de Kettler (8 599 €), soulignent l'orientation de ce segment : des systèmes de plus en plus sophistiqués avec des moteurs puissants, des boîtes de vitesses intégrées et une ingénierie inspirée de l'automobile, y compris l'ABS.

Rôle du crédit-bail

Au-delà des lauréats, le contexte plus large discuté lors de la table ronde de VAB avec des experts du secteur révèle des changements structurels plus profonds.

Le marché belge de la bicyclette n'est pas seulement en train de renouer avec la croissance après un creux post-pandémique - atteignant environ 579 000 unités vendues en 2025 - mais il est aussi en train de changer radicalement. Les vélos électriques représentent aujourd'hui plus de la moitié des ventes et leur part dans le parc total continue d'augmenter régulièrement.

Le rôle du leasing est encore plus frappant. Aujourd'hui, plus d'un vélo neuf sur trois en Belgique est acquis par le biais du leasing, généralement dans le cadre de programmes soutenus par l'employeur.

Alors que le prix moyen des vélos a pratiquement doublé au cours de la dernière décennie, sous l'effet de l'électrification et d'une sophistication technologique croissante, le leasing est devenu le principal outil permettant de rendre les vélos de meilleure qualité accessibles à un public plus large. À bien des égards, ce système reflète la logique des programmes de voitures de société, mais de plus en plus dans le cadre d'une stratégie de mobilité multimodale plus large.

Cette stratégie est fortement soutenue par le cadre budgétaire belge en matière de mobilité, qui permet aux employés d'allouer une partie de leur rémunération à différents modes de transport.

Il en résulte un abandon progressif du modèle à taille unique. De plus en plus, les utilisateurs combinent une petite voiture avec un vélo loué, ou remplacent complètement certains trajets en voiture. Le vélo n'est plus en concurrence avec la voiture en termes absolus, mais il la complète dans le cadre d'une mobilité plus souple.

Cette évolution des prix soulève une question évidente : les vélos électriques sont-ils tout simplement devenus trop chers ? Une partie de la réponse se trouve dans le produit lui-même.

Plus de simples bicyclettes

Les vélos électriques d'aujourd'hui ne sont plus de simples bicyclettes, mais des véhicules électriques compacts, combinant des moteurs, des batteries de grande capacité, de l'électronique et des chaînes cinématiques de plus en plus sophistiquées.

Le crédit-bail joue également un rôle, non pas en gonflant les prix, mais en abaissant la barrière psychologique, ce qui permet aux utilisateurs d'opter pour des modèles plus sophistiqués que ceux qu'ils achèteraient normalement.

En même temps, la forte présence de vélos tels que le Giant Newtour E+2 et d'autres modèles à moins de 2 500 euros prouve que les vélos électriques à petit prix ne sont pas à négliger.

Même s'ils offrent moins d'autonomie ou des composants plus simples, ils peuvent toujours offrir une mobilité quotidienne fiable lorsqu'ils sont utilisés dans leurs limites. La véritable distinction n'est plus entre les “bons” et les “mauvais” vélos, mais entre les cas d'utilisation : trajets urbains occasionnels ou déplacements intensifs sur de longues distances.

De nouveaux cas d'utilisation apparaissent également. L'essor des vélos à queue longue, qui dépassent désormais les vélos-cargos traditionnels en Belgique, illustre la manière dont les familles repensent le transport quotidien.

Plus compacts, plus abordables et plus maniables, ces vélos sont de plus en plus utilisés pour les trajets scolaires et les courses qui étaient traditionnellement réservés à une deuxième voiture.

Davantage d'accidents et de problèmes de sécurité

Dans le même temps, l'importance croissante du cyclisme entraîne de nouveaux défis. L'augmentation de l'utilisation entraîne inévitablement une augmentation du nombre d'accidents, et les préoccupations en matière de sécurité - notamment en ce qui concerne les traumatismes crâniens - sont de plus en plus importantes.

En Belgique, les lésions cérébrales acquises touchent environ 431 000 personnes, les traumatismes dus aux accidents en étant la cause principale. Pourtant, le port du casque reste relativement faible : environ 65% chez les enfants de 7 à 12 ans, et seulement 31% chez les adultes.

Les campagnes de sensibilisation gagnent donc en importance et visent à normaliser le port du casque, à l'instar de la ceinture de sécurité dans les voitures, alors même que le débat sur l'obligation de porter le casque se poursuit.

L'édition 2026 du Vélo de l'année montre en fin de compte que le marché arrive à maturité. La diversité des participants, la compétitivité des segments et la maturité technique des vélos sont autant d'indices d'un secteur qui a dépassé le stade de l'adoption précoce.

La Belgique n'a peut-être pas encore atteint le niveau des Pays-Bas en matière de culture cycliste, mais elle est en train de se forger son propre modèle, grâce à la politique, à la location et à des machines de plus en plus performantes.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.