La réforme drastique de la procédure d'inspection des voitures en Flandre, prévue par la ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder, va à l'encontre des nouveaux plans réglementaires de l'Union européenne, déclare GOCA, la fédération sectorielle actuellement responsable de l'inspection technique et de la sécurité.
“Nous avons de plus en plus l'impression qu'un point de vue plus idéologique gagne du terrain en Flandre”, déclare Dirk Snauwaert, porte-parole de la fédération. “Apparemment, le ministre a une mission politique qui considère les contrôles techniques comme une charge administrative et pratique pour le propriétaire flamand de voiture plutôt que comme un instrument essentiel pour garantir la sécurité, la protection du consommateur et le contrôle technique.”
Paradoxe
La Commission des transports et du tourisme (TRAN) du Parlement européen a récemment voté à une nette majorité la révision des règlements relatifs aux contrôles techniques périodiques et à la surveillance des routes. “L'Europe vise un nouveau système de contrôle technique des véhicules, plus étendu et plus harmonisé”, explique M. Snauwaert.
“Ce qui rend l'ensemble assez contradictoire. Alors que la Flandre tend à supprimer ou à simplifier certains contrôles techniques, l'Europe s'efforce d'étendre et de moderniser ces mêmes contrôles.”
L'Europe prévoit un ‘paquet sur le contrôle technique’ avec de nouvelles règles concernant les données numériques des voitures, le contrôle des logiciels, les systèmes ADAS, les véhicules électriques, les tests d'émission, la détection des fraudes et le suivi obligatoire des rappels effectués par les constructeurs.
“L'Europe indique clairement qu'il faut moins de flexibilité et que, par exemple, les motos doivent également être contrôlées régulièrement, ce qui n'est pas le cas en Flandre”, note M. Snauwaert. “Et en Flandre, même l'inspection des motos d'occasion (lors de leur vente) est à nouveau remise en question, une mesure qui a été mise en œuvre il y a seulement quatre ans. M. Snauwaert insiste sur le fait que les contrôles techniques ne fonctionnent bien que lorsqu'il existe un consensus au sein de la société et un système cohérent et homogène.
Pas amusé
Dans une réaction vendredi dernier, le ministre ne s'est pas amusé. Nous avons fait un choix clair et nous essayons de moderniser l'inspection des voitures, de la rendre plus conviviale pour le consommateur et d'éliminer la “sur-inspection‘ (où nous sommes plus stricts que l'Europe). À plus long terme, les garages indépendants pourront également effectuer des contrôles techniques. C'est ainsi que nous pourrons nous débarrasser des pratiques archaïques et hostiles au consommateur sans mettre en péril la sécurité routière’.”
Dans sa conclusion, la ministre s'en prend également à la fédération sectorielle : “J'attends d'un organe exécutif capable de travailler dans un environnement sans concurrence qu'il s'engage clairement en faveur de l'intérêt général dans un cadre législatif déterminé par le gouvernement flamand et qu'il ne se concentre pas sur ses propres intérêts financiers.”


