Les chefs de train et les conducteurs de De Lijn, MIVB/STIB et LETEC seront bientôt autorisés à porter des caméras corporelles. C'est ce qu'a décidé le Conseil fédéral des ministres. Le projet de loi doit encore être approuvé par le Conseil d'État, puis par le Parlement, avant d'entrer en vigueur.
Avec cette mesure, le gouvernement espère réduire les incidents d'agression dans les transports publics. La compagnie ferroviaire publique NMBS/SNCB, entre autres, avait a longtemps appelé pour les caméras corporelles, mais des objections juridiques et des préoccupations concernant les lois sur la protection de la vie privée ont empêché leur introduction jusqu'à présent. L'objectif est de tout finaliser d'ici la fin de l'année.
Preuves en cas d'agression
Plus précisément, les caméras corporelles pourront bientôt être portées par les conducteurs et le personnel des sociétés de transport public NMBS/SNCB, MIVB/STIB, De Lijn et LETEC, ainsi que par les inspecteurs des villes et des municipalités, les agents de sécurité lors d'événements et les pompiers.
Un incident d'agression survenu dimanche soir dernier montre que le port d'une caméra corporelle peut parfois s'avérer particulièrement pertinent. Plusieurs employés de De Lijn et des policiers ont été blessés lors d'une bagarre dans le tramway côtier de De Haan. Les contrôleurs de De Lijn procédaient à un contrôle des billets lorsqu'ils ont trouvé quatre jeunes sans billets valables ; trois d'entre eux ont tenté de s'enfuir. Les contrôleurs ont tenté de les arrêter et la situation a dégénéré.
En général, les caméras corporelles peuvent contribuer à désamorcer les incidents, et les images peuvent être utilisées comme preuves par les citoyens et les autorités en cas d'agression ou, par exemple, d'allégations de comportement inapproprié.
Sentiment de sécurité accru
“Ceux qui nous protègent et servent la société doivent eux-mêmes être protégés”, déclare le ministre de l'intérieur Bernard Quintin (MR), dont le projet de loi a reçu le feu vert. “L'extension de l'utilisation des caméras corporelles constitue un outil supplémentaire pour déterminer clairement les responsabilités en cas d'incidents ou de violences.”
Jean-Luc Crucke (Les Engagées), ministre de la Mobilité, souligne également le renforcement du sentiment de sécurité pour les passagers et le personnel. “La sécurité dans les transports publics est l'une de nos priorités et une condition nécessaire pour que chacun puisse voyager sereinement et en toute sécurité”, déclare le ministre.
30 à 90 jours de conservation des données
Les caméras sont activées lorsqu'il y a un risque d'agression ou de violence à l'encontre des personnes. La personne filmée doit également en être informée. Le texte prévoit des garanties en matière de protection des données personnelles, conformément à la réglementation européenne. Les images sont conservées pour une durée maximale de 30 à 90 jours.
Pour les pompiers, le projet prévoit également des caméras d'assistance qui peuvent être utilisées en temps réel lors des opérations. Ces systèmes permettent de guider le personnel en temps réel lors d'une opération, d'assurer la sécurité du personnel et des tiers et de transmettre des images au poste de commandement.
L'ancienne ministre de l'intérieur, Annelies Verlinden, a lancé un projet similaire au début de l'année 2023, mais n'a pas pu le faire avancer en raison de la législation sur la protection de la vie privée. À l'époque, l'autorité chargée de la protection des données a jugé qu'il était trop ambitieux d'équiper les pompiers et les ambulanciers de caméras corporelles.


