La SNCB fait marche arrière : les portillons d'accès aux gares seront réexaminés (update)

La société publique belge des chemins de fer NMBS/SNCB va continuer à étudier la possibilité d'installer des portillons d'accès dans les gares afin d'accroître la sécurité. Un projet pilote pourrait être lancé dans plusieurs gares.

Il s'agit d'un revirement frappant pour la NMBS/SNCB, puisque l'idée avait été rejetée précédemment. La possibilité d'installer des portillons d'accès dans les principales gares du pays a été évoquée dans l'accord de coalition, mais a été rejetée par la SNCB en septembre en raison d'une “analyse de rentabilité négative”.”

Cependant, le Comité consultatif des voyageurs (RGCT) s'oppose à l'installation de portillons d'accès dans les grandes gares. “Les portillons d'accès ne résoudront pas le problème de l'évasion tarifaire”, indique-t-il dans un avis consultatif.

Mise à jour prochaine de l'étude 2023

Mardi, le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) a annoncé devant la commission de la mobilité de la Chambre que des portillons d'accès seraient installés à titre expérimental dans cinq grandes gares.

Cependant, un jour plus tard, son cabinet a modifié ce message : “La NMBS/SCNB étudie les conditions nécessaires à la mise en place d'un projet pilote cette année. Sur la base de cette analyse, une décision sera prise quant à la poursuite du projet”.”

Selon Britt Monten, porte-parole de la SNCB, la compagnie ferroviaire travaille à la mise à jour d'une étude réalisée en 2023 sur le sujet. “Nous n'examinons pas seulement les portillons, mais aussi d'autres solutions, telles que les valideurs de billets ou des mesures supplémentaires de sécurité et de lutte contre la fraude. D'ici avril, elle souhaite clarifier les conditions de lancement d'un éventuel projet pilote.

Une station avec des barrières d'accès

Ce regain d'intérêt est frappant, car auparavant, l'idée d'installer des portiques de contrôle des billets dans les grandes gares avait été rejetée parce que les coûts seraient beaucoup plus élevés que les recettes supplémentaires générées par la diminution des cas de fraude. L'année dernière, 40% passagers de plus ont été contrôlés par rapport à l'année précédente.

Par le passé, la SNCB a également fait remarquer que ces portiques n'étaient pas inclus dans le contrat de 10 ans conclu avec le gouvernement et qu'aucun budget n'avait été alloué à cet effet. En outre, tous les billets devraient être numériques.

Sur le réseau du métro bruxellois et dans certaines gares à l'étranger, les passagers doivent scanner leur billet avant d'être autorisés à monter sur le quai. En Belgique, la gare de Brussels Airport est la seule où de tels portillons d'accès sont déjà en place.

TreinTramBus n'est pas favorable

L'organisation de voyageurs TreinTramBus s'oppose à l'installation de portillons dans les transports publics. Elle réagit ainsi à la décision de la SNCB et à l'annonce de la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), selon laquelle douze stations de métro anversoises seront équipées de portillons, ce qui représente un investissement de 15 millions d'euros.

“En raison d'un manque de fonds et de mesures de réduction des coûts, nous sommes contraints de réduire considérablement l'offre de services de transport public”, déclare le président Peter Meukens dans le Het Nieuwsblad. “Mais y a-t-il encore beaucoup d'argent disponible pour les portails ?”

Les syndicats des transports publics s'y opposent également. Ils craignent que les portiques soient moins efficaces pour lutter contre les nuisances causées par les sans-abri ou les toxicomanes et qu'ils n'améliorent donc pas la sécurité dans les gares.

RGCT n'est pas non plus un fan

Le Comité consultatif des passagers (RGCT) s'oppose désormais explicitement à l'installation de portillons d'accès. Il estime par exemple que l'impact des portillons sur la fraude est limité et que les portillons peuvent accroître le sentiment d'insécurité des passagers parce que les fraudeurs essaient de se glisser avec eux par les portes ouvertes. Les portillons peuvent également constituer une gêne pour les grands groupes de passagers, pour les personnes handicapées (et leurs accompagnateurs), pour les passagers à bicyclette, etc.

La RGCGT estime également que l'installation de portillons d'accès sur les quais créerait des difficultés pour les passagers en correspondance qui doivent changer de quai. Les portillons d'accès à l'entrée des gares, quant à eux, perturberaient la fonction publique des gares et feraient perdre des clients et des revenus aux détaillants installés dans les gares.

Le RGCT recommande que “les budgets importants qui seraient nécessaires pour installer des portillons d'accès dans les grandes gares soient investis, d'une part, dans du personnel de contrôle supplémentaire et, d'autre part, dans des services qui servent mieux les voyageurs, comme l'augmentation de la fréquence des trains dans la journée et l'extension des heures d'exploitation avec des services en fin de soirée, notamment le week-end, une recommandation à laquelle de nombreux jeunes usagers des trains ne seront certainement pas opposés".

À titre de comparaison : Sur plus de 400 gares aux Pays-Bas, 82 ont été équipées de portillons. Et que constate-t-on ? Le nombre d'amendes émises a d'abord chuté de 350 000 en 2015 à 230 en 2018, soit une baisse de 34%. Mais en 2025, près de 400 000 personnes sans ticket ont été verbalisées, soit près du double par rapport à 2018. Ou comment, malgré la présence de portiques d'accès, l'évasion tarifaire reste un problème persistant aux Pays-Bas.

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