Trois erreurs ‘gratuites’ ? La nouvelle politique de De Lijn en matière d'amendes suscite des interrogations

Chaque chauffeur de bus employé par la société de transport public flamande De Lijn se verra rembourser trois infractions mineures au code de la route par an. À partir de la quatrième infraction mineure dans les 12 mois, le conducteur doit payer lui-même l'amende. Les infractions plus graves, telles que la conduite en état d'ébriété, relèvent dès le départ de la responsabilité de l'employé.

Le nouveau règlement s'applique à l'ensemble de la Flandre. De Lijn met ainsi fin aux différences provinciales parfois importantes et illogiques qui se sont développées au fil du temps dans le traitement des amendes routières.

A bas l'ancien système

En 2023 - les chiffres les plus récents disponibles - 2 532 infractions ont été enregistrées parmi les conducteurs de De Lijn, pour un montant total record de plus de 173 000 euros. Cependant, selon la province où ils circulaient, les conducteurs d'autobus, dans le cadre de l'ancien système, payaient une part personnelle plus ou moins élevée de l'amende routière après une infraction.

Par exemple, en 2024, les conducteurs du Limbourg ont payé eux-mêmes près de la moitié des amendes, tandis qu'à Anvers, ce chiffre n'était que de 13,5%, alors que De Lijn couvrait déjà près des trois quarts des amendes en moyenne.

En pratique, le nouveau système d'amendes routières n'est donc pas vraiment nouveau, si ce n'est qu'il s'écarte de l'ancien système et prend en compte la nature et le nombre d'infractions commises sur une période de 12 mois.

Les infractions graves sont toujours de la responsabilité du conducteur

Plus précisément, le chauffeur de bus n'est tenu de payer de sa poche que pour la quatrième infraction mineure - telle qu'un excès de vitesse de 10 km/h ou moins - dans un délai de 12 mois.

De Lijn couvre également une infraction unique de plus de 10 km/h, mais à condition que le conducteur ne commette pas une deuxième infraction de la même catégorie dans les 12 mois suivants. Dans le cas contraire, le conducteur doit payer l'intégralité de la première et de la deuxième amende.

Les infractions graves, telles que la conduite sous l'influence de l'alcool ou de drogues, ou les amendes pour l'utilisation d'un téléphone portable au volant, relèvent toujours de la responsabilité de l'employé.

Vias est sceptique

Selon la ministre de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA), le nouveau système vise à promouvoir la “responsabilisation”. “Après tout, toute personne responsable du transport en toute sécurité de milliers de passagers chaque jour porte également une grande responsabilité sur la route. La sécurité routière doit toujours primer - pour les conducteurs, les passagers et tous les autres usagers de la route”.”

Toutefois, dans un commentaire publié sur le site Internet de la VRT, l'institut de la circulation Vias a exprimé son scepticisme à l'égard de la nouvelle réglementation. “Le travail d'un chauffeur de bus n'est pas facile, mais du point de vue de la sécurité routière, il est toujours préférable que la personne qui commet l'infraction paie l'amende”, a déclaré le porte-parole Stef Willems.

Bien établi

Le remboursement des amendes par les employeurs des entreprises de transport public n'est pas une pratique universelle, mais certains opérateurs - tant en Belgique qu'à l'étranger - offrent effectivement un remboursement partiel.

En effet, l'article 67 de la loi sur la circulation routière stipule que l'employeur est civilement responsable des amendes et des frais de justice encourus par le travailleur au volant, pour les infractions commises dans le cadre de son travail. L'employé reste pénalement responsable et l'employeur a le droit de récupérer le montant de l'amende auprès de l'employé.

Là où De Lijn se distingue - l'entreprise doit également payer la cotisation de solidarité de 33% en plus de l'amende, car le paiement de l'amende par l'employeur est considéré comme un salaire à des fins fiscales - c'est qu'il communique au public qu'il s'agit d'un système de “trois infractions mineures par an”.”

Une telle politique peut en effet donner l'impression que les petits excès de vitesse sont “gratuits”. En même temps, elle affaiblit la responsabilité personnelle des conducteurs, même si le raisonnement est que les conducteurs de bus travaillent souvent sous la pression d'horaires serrés.

Toutefois, pour les récidivistes, une analyse des temps de conduite et des horaires devrait également être effectuée afin d'éviter des infractions mineures sur une base structurelle. Mais les syndicats y veilleront, n'est-ce pas ?

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