Volkswagen a présenté pour la première fois son robot de recharge autonome devant un public. Le concept d'un « majordome de recharge » n'est plus de la science-fiction. Ce prototype sera mis en service dans une ville réelle. La recharge est-elle enfin devenue un jeu d'enfant ?
Volkswagen Group Innovation a présenté à Dresde son robot de recharge autonome. Il est équipé de six roues, d'un bras robotisé et d'une batterie de 55 kWh. Mais il n'y a pas d'humain à bord.
Des représentants de six villes partenaires à travers l'Europe – Madrid, Espoo, Gdańsk, Trenčín, Sarajevo et Ioannina – ont tous observé cette borne de recharge autonome sur roues se diriger vers un véhicule électrique en stationnement et brancher la prise de recharge sans que personne n'ait à lever le petit doigt.
Le concept est aussi simple qu'ingénieux : le robot tracte une unité mobile de stockage d'énergie – une remorque-batterie, si l'on veut – à une voiture, le connecte et recharge le véhicule. Le robot sert d'alternative aux infrastructures fixes.
À partir de 2019
L'idée remonte à 2019, lorsque Volkswagen a dévoilé les premières esquisses d'un robot capable de se déplacer dans les parkings et de recharger des véhicules électriques de manière autonome. Un an plus tard, un prototype fonctionnel a fait son apparition dans une vidéo, ressemblant un peu à R2-D2. Il a été qualifié de “ l'un des concepts de recharge les plus visionnaires ” du portefeuille de l'entreprise.
La version de 2020 utilisait des remorques d'une capacité d'environ 25 kWh chacune. La nouveauté de la version 2026 réside dans le fait que le nouveau prototype intègre une capacité de batterie deux fois plus importante directement dans le robot lui-même, et que le bras peut brancher la prise de recharge aussi bien manuellement qu'en mode autonome. Les opérateurs bénéficient ainsi d'une plus grande flexibilité de déploiement.
Le robot se déplace à l'aide de caméras, de scanners laser et de capteurs à ultrasons. Il communique avec les véhicules via le système Car-to-X ou une application pour smartphone.
Cela permet d'ouvrir le volet du port de recharge, d'insérer la prise et de déconnecter l'appareil à la fin de la session. Le concept est jugé suffisamment viable pour fonctionner dans des environnements réels, et pas seulement lors de démonstrations en conditions contrôlées.
Ce robot n'est pas non plus destiné à fonctionner de manière isolée. Il s'agit d'un maillon de ce que les partenaires du projet appellent “ un écosystème d'infrastructures de recharge conviviales ”.”
Dans une zone inondable
Le choix de Dresde n'est pas non plus le fruit du hasard. L'Ostragehege est un vaste complexe sportif et événementiel situé sur les rives de l'Elbe, mais il est confronté à un problème structurel qui complique l'installation de bornes de recharge fixes pour véhicules électriques : il se trouve en zone inondable.
Cette complexité est encore accentuée par les fortes variations du volume de trafic entre les jours de semaine ordinaires et les jours de grands événements. C'est précisément dans ce type d'endroit que les infrastructures mobiles s'avèrent plus pertinentes que les poteaux fixes.
Pour l'instant, deux robots sont prévus pour le site d'essai. Dresde est l'une des deux villes pilotes du projet « Mobilities for EU », financé par l'Union européenne à hauteur de 10 millions d'euros, aux côtés de Madrid.
La ville de Dresde mène également une enquête publique sur ce projet, qui se poursuivra jusqu'à la fin du mois. Les habitants peuvent donner leur avis sur la façon dont ils perçoivent et vivent ces services robotisés.
Le reste de l'Europe observe avec intérêt pour voir si ce robot fonctionnera réellement à grande échelle ou s'il restera l'une de ces solutions prometteuses qui ne dépassent jamais le stade du prototype.
VW se garde bien d'annoncer une date de commercialisation. L'entreprise souligne qu'une infrastructure de communication Car-to-X solide est l'une des conditions préalables à la mise en service commerciale.


