Renault a trouvé une nouvelle astuce pour l'ère électrique : donner à un petit SUV pratique l'allure d'un véhicule qui vient de s'échapper vers la Côte d'Azur. La Renault 4 E-Tech Electric Plein Sud n'est pas un cabriolet à part entière, et elle est certainement moins dépouillée que la Renault 4 Plein Air des années 60.
Mais avec son immense toit en toile électrique, une option à 1 800 euros au nom nostalgique, et juste assez de vent pour vous ébouriffer les cheveux, elle fait de cette R4 renaissante bien plus qu’un simple crossover à batterie.

Un mètre carré de ciel
La recette est simple, mais astucieuse. Renault s'appuie sur la nouvelle Renault 4 électrique, la petite sœur pratique de la Renault 5 E-Tech, et l'équipe d'un toit en tissu noir doté d'une ouverture de 92 cm de long et 80 cm de large.
Cela représente près d'un mètre carré de ciel, suffisamment pour que les passagers avant et arrière puissent profiter ensemble de cette expérience à ciel ouvert. Il s'ouvre ou se ferme en une dizaine de secondes, soit en appuyant sur un bouton, soit en demandant à Reno, l'avatar numérique de Renault.
Il peut même être utilisé pendant la conduite à une vitesse pouvant atteindre 90 km/h, ce qui est très pratique lorsque le soleil fait soudainement son apparition au-dessus de Bruxelles ou qu'un orage éclate cinq minutes plus tard.
Ce qui rend la Plein Sud intéressante, c'est que Renault s'est vraiment efforcé de ne pas en faire un modèle ridicule. La voiture conserve une longueur de 4,14 m, son empattement de 2,62 m, sa carrosserie cinq portes, ses jantes de 18 pouces et la silhouette familière de la R4.
Les barres de toit disparaissent car elles sont incompatibles avec le système de capote, et l'antenne est désormais intégrée à la lunette arrière, mais la silhouette générale reste inchangée.
Toujours utile

Côté fonctionnalité, le coffre offre toujours 420 litres, dont 44 litres sous le plancher ; le seuil de chargement reste bas (61 cm) et la banquette arrière, combinée au siège passager avant rabattable à plat, permet d'obtenir une longueur de chargement pouvant atteindre 2,20 m. Vous pouvez toujours transporter des skis, une armoire ou le poids émotionnel lié à la commande d'un véhicule électrique à toit en toile.
Même ses qualités de voiture de vacances sont préservées. Renault précise que la Plein Sud conserve la capacité de remorquage de 750 kg de la R4 E-Tech standard, ce qui signifie qu'il est toujours possible de tracter une petite remorque ou une petite caravane.
C'est important, car Renault ne présente pas ce modèle comme un simple jouet destiné à être utilisé deux week-ends ensoleillés par an. Son ambition est bien plus grande : une voiture pour les jours de semaine, les week-ends, les trajets quotidiens, la vie de famille et, pourquoi pas, quelques moments de pur plaisir à rouler les cheveux au vent.
La configuration mécanique est volontairement simple. La Plein Sud est proposée avec une seule combinaison de batterie et de moteur : une batterie lithium-ion de 52 kWh et un moteur électrique de 110 kW, développant un couple de 245 Nm, un 0 à 100 km/h en 8,2 secondes, un 80 à 120 km/h en 6,4 secondes et une vitesse maximale limitée à 150 km/h.
392 km d'autonomie selon le WLTP
Renault annonce une autonomie WLTP pouvant atteindre 392 km pour la version Techno, la perte d'autonomie par rapport à la version à toit fixe équivalente étant limitée à 7 km. Le mécanisme du toit n'ajoute que 19 kg, grâce à des composants en polymère et à un mécanisme à trois plis, au lieu des quatre plis habituellement utilisés dans les systèmes similaires.
La recharge relève davantage de la modernité que du romantisme. La Plein Sud est équipée d'un chargeur bidirectionnel CA de 11 kW et d'un chargeur CC de 100 kW. Renault annonce 4 heures 30 minutes pour passer de 10 à 100 % en CA et 30 minutes pour passer de 15 à 80 % en CC.
Les bornes CC compatibles prennent en charge la fonction « Plug & Charge » ; un planificateur d'itinéraire électrique permet de préchauffer la batterie et de réorganiser les arrêts ; enfin, la recharge bidirectionnelle offre une puissance V2L de 3,7 kW pour alimenter des appareils externes.
Dans les pays où cette technologie est disponible, le V2G permet même de réinjecter de l'énergie dans le réseau. En Belgique, des essais sont en cours à Gand, mais à ce jour, le cadre juridique nécessaire n'est pas encore en place.
En d'autres termes, la Plein Sud a peut-être l'allure d'une voiture de plage, mais elle se veut aussi une petite centrale électrique domestique dotée d'une sellerie de meilleure qualité.
Le passage à la capote souple n'a pas fait oublier à Renault son orientation SUV. Le véhicule repose sur la petite plateforme RGEV et conserve sa suspension arrière multibras.
La fonction Extended Grip ajoute les modes « Neige » et « Tout-terrain » via les réglages MULTI-SENSE, en utilisant le contrôle de traction pour faciliter la conduite sur des surfaces glissantes ou instables. Cela n'en fera pas un Wrangler, mais cela correspond à l'idée de polyvalence décontractée du R4 : chemins de camping, terrains boueux de festivals et routes de gravier plutôt que du tout-terrain extrême.

À l'intérieur, Renault continue de miser sur la technologie. Le système OpenR Link, qui intègre Google, permet d'accéder à Google Maps, à Google Assistant, aux applications Google Play, ainsi qu'à Apple CarPlay et Android Auto en mode sans fil.
Reno peut répondre à vos questions sur les véhicules électriques, programmer la recharge et ouvrir ou fermer le toit. La voiture propose également la conduite à une seule pédale sur les versions Techno et Iconic, un système de pompe à chaleur de 8 kW pour le confort de l'habitacle, et jusqu'à 28 systèmes d'aide à la conduite, dont l'Active Driver Assist, la surveillance du conducteur, l'assistance au freinage d'urgence, le Safety Score et le Safety Coach.
Plus une sandale de plage qu'une voiture familiale
C'est là que la nouvelle voiture se distingue radicalement de son aînée. La Renault 4 Plein Air d'origine, lancée en 1968 et produite en très petit nombre par Sinpar, était une Renault 4 dont on avait retiré le toit et les portes, sacrifiant ainsi sans ménagement toute notion de praticité.
C'était plus une voiture de plage qu'une voiture familiale, une cousine ensoleillée de la Citroën Méhari, de la Mini Moke et de la Fiat Jolly. Elle était charmante, rare, et pas vraiment un best-seller. Aujourd'hui, sa rareté fait partie de sa légende.
Le Plein Sud en reprend l'esprit, mais pas la folie. Là où le Plein Air a dit adieu aux portes, le Plein Sud se contente d'ouvrir le ciel.
Alors que le modèle des années 60 rivalisait avec des petites voitures de loisirs, le nouveau modèle doit faire face à une concurrence bien plus sérieuse : la Jeep Avenger Electric, la Fiat 600e, la Mini Aceman, la Peugeot e-2008, l'Opel Mokka Electric et la Ford Puma Gen-E.
La plupart d'entre elles peuvent offrir des écrans, une bonne autonomie et une conduite polyvalente. Presque aucune ne peut recréer l'ambiance nostalgique des vacances en Renault d'antan, avec un toit ouvrant suffisamment spacieux pour que les passagers arrière puissent en profiter.
C'est là le véritable enjeu pour Renault. Le constructeur n'a pas besoin du Plein Sud pour réinventer le véhicule électrique. Il en a besoin pour rendre la R4 plus mémorable, plus séduisante et plus facile à distinguer sur un marché où de nombreux petits SUV électriques commencent à ressembler à autant de variantes d'un même modèle.
Avec le Plein Sud, Renault se dote d'une version haut de gamme axée sur l'art de vivre, d'un coup de pouce à son image estival et d'un nouveau chapitre dans son histoire « rétro-électrique ».
L'ancienne Plein Air était trop dénudée pour le monde réel. La nouvelle Plein Sud garde ses vêtements, mais défait le bouton du haut. Pour Renault, c'est peut-être le compromis idéal : le soleil des années 60, la sécurité du XXIe siècle et juste ce qu'il faut de fonctionnalité pour justifier le sourire.


