La Flandre autorise l'utilisation du mode FSD Supervised de Tesla sur la voie publique (mise à jour)

La Belgique est officiellement devenue le cinquième État membre de l'UE à accorder une autorisation complète pour l'utilisation du système de conduite autonome FSD de Tesla. À l'issue d'essais concluants menés avec un véhicule d'essai, la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (NV-A), a donné son feu vert. Alors que les barrières réglementaires continuent de tomber à travers l'Europe, Tesla a simultanément revu le modèle tarifaire de son pack de conduite assistée.

Les Pays-Bas ont été les premiers à autoriser la conduite autonome (FSD) et, ce faisant, ils ont déclenché un effet domino réglementaire au sein de l'Union européenne. Les autorisations se multiplient peu à peu dans le reste de l'Europe occidentale, à un rythme plus rapide que prévu. La Lituanie, l'Estonie et le Danemark avaient déjà emboîté le pas aux Pays-Bas. C'est désormais le cas de la Belgique.

Approbation définitive signée

Annick De Ridder a signé l'autorisation officielle le 10 juin. Cette décision marque la fin d'un processus qui a débuté avec un seul véhicule d'essai et 5 000 kilomètres de conduite supervisée sur les routes belges – une phase pilote qui s'est désormais achevée avec succès et a été officiellement soumise à examen.

En vertu de la structure fédérale de la Belgique, une autorisation délivrée par l’un des trois gouvernements régionaux du pays s’applique à l’ensemble du territoire national. Tesla peut donc exploiter le mode FSD Supervised sur l’ensemble du territoire belge sur la seule base de l’autorisation flamande accordée à De Ridder.

Un petit test avant de prendre le volant

Il y a toutefois une condition à remplir pour les propriétaires belges de Tesla impatients d'essayer le système : avant d'activer le FSD pour la première fois, ils doivent suivre un tutoriel obligatoire à bord du véhicule et réussir un petit questionnaire. Il s'agit d'une exigence directe du Règlement n° 171 des Nations unies, qui régit les systèmes automatisés de maintien de voie et impose aux conducteurs de démontrer qu'ils comprennent les limites du système et qu'ils restent responsables au volant.

Ce questionnaire en deux questions demande aux conducteurs de déterminer quand le système FSD est activé et de confirmer qu'ils restent légalement responsables du comportement du véhicule à tout moment.

Cette phase d'essai de 5 000 km avait pour but de permettre aux autorités d'évaluer la manière dont la suite de capteurs et le réseau neuronal de Tesla interagissent avec les infrastructures belges et la dynamique du trafic en conditions réelles. Cet objectif a été atteint.

Ce qui n'a pas changé, c'est le cadre juridique et de sécurité. Le mode « FSD Supervised » est toujours classé au niveau 2 de l'échelle SAE. Le conducteur doit rester vigilant et prêt à intervenir à tout moment. Aux États-Unis, des conducteurs trop confiants ont provoqué des accidents en accordant une confiance excessive au système. Tesla a fait l'objet de condamnations sur son marché national à la suite de tels incidents. En Europe, il n'y a pas matière à débat : la responsabilité légale incombe clairement au conducteur.

Lacune réglementaire

L'homologation accordée par la Belgique, à l'instar de celles délivrées auparavant par la Lituanie, l'Estonie et le Danemark, est une conséquence directe de la percée réglementaire réalisée aux Pays-Bas. L'autorité néerlandaise chargée des véhicules, le RDW, a accordé une homologation européenne provisoire au système « FSD Supervised » à l'issue d'un programme d'évaluation de 18 mois comprenant plus de 1,6 million de kilomètres d'essais sur route.

L'approche de Tesla s'inscrit en dehors du cadre de la réglementation automobile européenne traditionnelle, qui limite historiquement le couple de direction automatisé et la conduite sans les mains à environ 20 secondes avant d'exiger l'intervention du conducteur. Au lieu de cela, Tesla a tiré parti d'une “procédure de dérogation” spécifique prévue par les règles de l'UE – un mécanisme juridique qui permet à un État membre d'accorder une homologation provisoire. Pendant que la Commission européenne délibère sur une décision finale et contraignante, d'autres États membres de l'UE peuvent s'appuyer sur le précédent néerlandais pour délivrer leurs propres autorisations.

Le Comité technique de l'UE sur les véhicules à moteur (TCMV) doit se pencher, le 30 juin, sur la dérogation cruciale prévue à l'article 39 – pilier juridique du processus d'homologation de Tesla en Europe. Aucun vote n'est inscrit à l'ordre du jour, mais cette discussion est largement considérée comme une étape clé vers une éventuelle décision à l'échelle de l'UE. Tesla a officiellement confirmé que 12 pays sont actuellement en attente d'homologation, dont la France, l'Espagne, l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Portugal, l'Irlande, le Danemark et la Norvège.

Fin de l'achat unique

Certains constructeurs automobiles, comme Ford et Mercedes, proposent des niveaux de conduite automatisée tout aussi avancés, mais uniquement sur des tronçons d'autoroutes belges délimités géographiquement ou dans des conditions restreintes, comme en cas d'embouteillages – en partie parce que des caméras surveillent et vérifient la vigilance du conducteur. L'approche de Tesla est plus large et moins contraignante, ce qui est précisément ce qui inquiète les autorités de régulation.

Alors que Tesla navigue dans le dédale réglementaire européen, l'entreprise a également achevé la refonte de sa stratégie commerciale. La possibilité d'acheter le FSD en une seule fois dans toute l'Europe a été remplacée par un abonnement mensuel. Sur le plan financier, cette solution n'est pas totalement défavorable aux conducteurs : à 99 € par mois, il faudrait plus de six ans pour atteindre l'ancien prix d'achat de 7 500 €, et l'abonnement peut être suspendu lorsqu'il n'est pas nécessaire.

La résistance venue du nord

Pour autant, tous les pays européens ne se montrent pas aussi enthousiastes à l’égard de la mise en service du FSD aux Pays-Bas. Les autorités de régulation scandinaves comptent parmi les plus ouvertement sceptiques. L'agence des transports suédoise a indiqué avoir été “ assez surprise ” d'apprendre que Tesla autorisait le FSD à dépasser les limitations de vitesse affichées – et que cela ne devrait pas être autorisé. Les responsables finlandais des transports ont émis de sérieux doutes quant à un système qui “ introduisait la conduite sans les mains sur des routes verglacées où la vitesse est limitée à 80 km/h ”.”

Les deux pays soulignent une différence fondamentale : les données d'apprentissage de Tesla sont fortement axées sur les conditions routières californiennes. Le réseau routier européen – plus étroit, plus complexe et, dans les pays nordiques, recouvert de neige pendant des mois – est tout autre. La Norvège a par ailleurs indiqué qu'elle souhaitait interdire purement et simplement l'utilisation du terme “ conduite autonome ” en rapport avec ce système.

La réunion des responsables européens prévue en juin pourrait s'avérer être un test plus révélateur. L'issue de cette discussion déterminera si la Belgique pourra poursuivre le projet FSD ou si elle devra revenir sur l'autorisation accordée.

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