Le cap des 200 millions de kilomètres franchi par BMW fait monter les enchères dans la course à la conduite sans les mains au sein de l'UE

BMW indique que ses clients ont parcouru plus de 200 millions de kilomètres en mode mains libres grâce à son « Highway Assistant », ce qui montre à quelle vitesse les systèmes avancés d'aide à la conduite passent du statut de vitrine technologique à celui d'outils d'usage quotidien sur les autoroutes européennes.

La marque allemande haut de gamme profite de cette étape importante pour se positionner parmi les leaders d'un secteur de plus en plus concurrentiel. Ford, Mercedes-Benz et Tesla proposent déjà différentes versions de conduite assistée ou automatisée en Europe, y compris en Belgique.

Des systèmes plus avancés

Stellantis met au point sa propre technologie STLA AutoDrive, compatible avec le niveau 3, tandis que des marques telles que DS et Peugeot se dotent de systèmes de niveau 2 plus perfectionnés.

Le groupe Renault, en revanche, a adopté une approche plus prudente en matière de voitures particulières, en se concentrant sur l'assistance de niveau 2 tout en réservant les niveaux d'automatisation supérieurs principalement aux navettes de transport public.

La concurrence vient également de l'extérieur de l'Europe. Geely a obtenu la certification européenne pour son système G-ASD, tandis que BYD, Xpeng et Nio placent les systèmes avancés d'aide à la conduite au cœur de leur identité en tant que constructeurs de véhicules électriques intelligents.

Hyundai et Kia restent des acteurs majeurs du niveau 2, même si leurs systèmes européens s'apparentent davantage à une assistance active sur autoroute qu'à une conduite entièrement automatisée sur autoroute, à la manière de BMW.

L'assistant d'autoroute BMW permet de rouler sans les mains sur les autoroutes adaptées, à une vitesse pouvant atteindre 130 km/h. Le système peut prendre en charge la direction, l'accélération et le freinage, et faciliter les changements de voie automatisés, que le conducteur confirme d'un simple coup d'œil.

Selon BMW, cette fonctionnalité est déjà utilisée par les clients sur plusieurs gammes de modèles, notamment les Série 5, Série 7, iX, X5, X6, X7 et XM, et sera également disponible sur la nouvelle iX3.

Selon BMW, la prochaine génération de ses systèmes d'aide à la conduite étendra considérablement la disponibilité de l'« Assistant autoroute » en Europe, passant d'un seul pays à plus de 20.

Six pays vont se lancer

La nouvelle iX3 et les modèles ultérieurs, notamment la BMW i3 et la Série 7, proposeront une fonction d'aide à la conduite sans les mains sur des itinéraires adaptés dans des pays tels que l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, la France, la Belgique et les Pays-Bas. Le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Espagne et le Portugal devraient suivre prochainement, tandis que l'Europe du Nord, de l'Est et du Sud-Est suivra plus tard.

Ce déploiement à plus grande échelle est rendu possible grâce à l'homologation au titre du Règlement n° 171 des Nations unies relatif aux systèmes d'aide à la conduite (DCAS). Ce règlement établit un cadre pour les systèmes avancés de niveau 2, capables d'assister le conducteur dans le contrôle tant latéral que longitudinal, tout en exigeant de ce dernier qu'il reste attentif et responsable.

BMW précise que son système utilise des caméras, des cartes haute résolution, un système redondant de détection de voie et un dispositif de surveillance du conducteur afin de garantir que la conduite sans les mains ne soit possible que dans des conditions appropriées.

Systèmes d'aide à la conduite de niveau 2

Cette distinction est essentielle. L'« Highway Assistant » de BMW n'est pas un système de conduite autonome. Il s'agit d'un système d'aide à la conduite de niveau 2, ce qui signifie que le conducteur doit garder les yeux sur la route et être prêt à reprendre le contrôle à tout moment.

Une caméra orientée vers le conducteur surveille son regard, les mouvements de sa tête et son niveau d'attention. Si le système détecte que le conducteur doit reprendre le contrôle, par exemple à l'approche d'une sortie d'autoroute, il l'invite à remettre les mains sur le volant.

La Belgique est un marché important, mais aussi exigeant, dans cette course européenne. Son réseau autoroutier dense, ses nombreuses sorties, ses périphériques très fréquentés et son trafic transfrontalier font que la conduite mains libres n'est pas vraiment une vitrine pour le régulateur de vitesse sur les longs trajets. Il s'agit plutôt d'un test de résistance en conditions réelles pour des systèmes qui doivent savoir quand intervenir et quand rendre le contrôle au conducteur.

Conduite entièrement autonome supervisée

Tesla vient d'obtenir l'autorisation de déployer son logiciel « Full Self-Driving Supervised » en Belgique, après une phase de tests en Flandre. Les autorisations accordées dans l'une des trois régions de Belgique s'appliquant à l'ensemble du territoire, cette décision ouvre de fait tout le pays au système de Tesla. La Belgique est le cinquième pays de l'UE à autoriser le FSD Supervised, après les Pays-Bas, la Lituanie, l'Estonie et le Danemark.

Cependant, le système de Tesla reste une aide à la conduite supervisée. Malgré son nom « Full Self-Driving », le conducteur doit rester vigilant et responsable, et ce système ne permet pas de conduire en mode autonome sans garder les yeux sur la route.

On peut dire que Ford a élargi l'offre de ses systèmes de conduite sans les mains sur autoroute. Son système BlueCruise a été homologué par la Commission européenne pour une utilisation dans 15 pays européens en 2024, dont la Belgique, et Ford a depuis étendu son offre européenne BlueCruise à davantage de modèles.

Tout comme l'assistant d'autoroute de BMW, BlueCruise permet aux conducteurs de lâcher le volant sur certains tronçons d'autoroute, tandis qu'une caméra infrarouge vérifie qu'ils gardent les yeux rivés sur la route.

Mercedes va encore plus loin

Mercedes-Benz se distingue des autres. Son système Drive Pilot est un système de niveau 3, ce qui signifie qu'il peut prendre le relais au volant dans des conditions bien définies et permettre au conducteur de détourner le regard jusqu'à ce que le système lui demande de reprendre le contrôle.

En Europe, cependant, son utilisation reste bien plus limitée que celle des systèmes mains libres de niveau 2. L'Allemagne a homologué la dernière version de Drive Pilot pour la conduite automatisée sous certaines conditions jusqu'à 95 km/h sur autoroute, ce qui en fait l'un des systèmes les plus avancés disponibles légalement, mais uniquement dans des conditions strictes et dans un domaine d'utilisation restreint.

Le tableau européen se précise donc. BMW, Ford et Tesla se livrent concurrence dans le domaine de la conduite sans les mains ou supervisée de niveau 2, où le conducteur reste légalement responsable et doit rester vigilant.

Mercedes-Benz est allée plus loin sur le plan technologique et réglementaire avec le niveau 3, mais son système est moins répandu et plus limité dans son utilisation quotidienne. Pour la Belgique, l'arrivée de ces systèmes n'est pas seulement un signe de progrès technologique, mais aussi un test permettant de voir dans quelle mesure les fonctions d'aide à la conduite peuvent s'adapter à l'un des réseaux autoroutiers les plus denses et les plus complexes d'Europe.

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