Sur le papier, tout semble parfait : l'organisme de certification américain vient en effet d'enregistrer officiellement le Cybercab comme le véhicule électrique le plus efficace qu'il ait jamais homologué. Mais dans la réalité, c'est une tout autre histoire pour Tesla. Avec un parc de véhicules en baisse, le nombre de courses en Robotaxi diminue au lieu d'augmenter.
Tesla a déposé ses documents officiels auprès de l'EPA concernant le Cybercab. Le public dispose ainsi pour la première fois d'une fiche technique officielle de ce robot-taxi biplace. Les chiffres qu'elle révèle sont vraiment intéressants.
FSD et FWD
Avec ses 1 412 kg, le Cybercab pèse environ 340 kg de moins que la Model 3 la plus légère. Sa batterie a une capacité de 47,6 kWh, son moteur développe 163 kW et, fait inhabituel pour Tesla, il est équipé d’une traction avant. En plus du FSD (Full Self-Driving), le véhicule propose également la traction avant (FWD).
Le choix d'un emplacement à l'avant pour le moteur électrique reflète sans doute des priorités en matière d'aménagement et de coûts : la suppression du sous-châssis arrière permet de réduire le poids d'un véhicule qui privilégie la mobilité pratique au détriment du plaisir de conduite.
En appliquant le facteur de correction standard de l'EPA au résultat brut des essais, on obtient une autonomie réelle d'environ 471 km. Mais c'est le rendement qui retient surtout l'attention : avec 103 Wh/km, il s'agit du meilleur résultat jamais enregistré par l'EPA pour un véhicule électrique de série. C'est même un record mondial.
Bien sûr, la Cybercab ne répond pas aux besoins pratiques d’une voiture familiale classique. L’absence de banquette arrière permet de préserver plus facilement l’aérodynamisme du véhicule — autre détail intéressant : la recharge principale s’effectue par induction sans fil.
Une flotte qui va dans la mauvaise direction.
Le Cybercab, dont la production a démarré ce printemps, devrait révolutionner le secteur des VTC autonomes. Cependant, le projet pilote de Tesla au Texas, qui devait permettre à l’entreprise de suivre les traces de pionniers à succès tels que Waymo aux États-Unis et Pony.ai en Chine, se heurte à une vive opposition.
Un an après le lancement de son service de robotaxis à Austin, la flotte active de Tesla ne progresse pas. Elle est en train de diminuer. Le suivi en temps réel montre que seuls 14 véhicules autonomes circulent sur l'ensemble des marchés américains, contre un pic de 25 fin avril.
Tesla dispose de 42 véhicules autorisés par les États. Waymo en compte 577. Ainsi, la flotte autorisée de Tesla représente moins d’un dixième de celle de Waymo, et le nombre de véhicules actifs sans supervision atteint à peine un tiers de ces 42 autorisations.
Elon Musk avait prédit la mise en service de 1 000 robotaxis au Texas “ d’ici quelques mois ”. Il a ensuite revu ce chiffre à environ 60. En juin, Tesla a étendu sa zone de géolocalisation à Austin afin de couvrir l’ensemble de l’agglomération. La flotte n’a pas suivi.
Le Cybercab est techniquement plus abouti et plus novateur que ses concurrents. Et Tesla est le premier à disposer d'un produit esthétique pouvant être facilement commercialisé par des tiers. Mais il ne s'agit pas encore d'une activité de taxi.


