À compter du 1er juillet, les amendes routières en Belgique augmentent de 10%

À compter du 1er juillet 2026, de nombreuses amendes routières en Belgique augmenteront de 10%. Le gouvernement De Wever a annoncé cette mesure à la fin de l'année dernière dans le cadre de ses efforts visant à générer des recettes budgétaires supplémentaires. La date d'entrée en vigueur a désormais été fixée.

Cette augmentation concerne les amendes à paiement immédiat : les sanctions standard infligées pour de nombreuses infractions courantes sans passage devant le tribunal. Elle concernera les conducteurs pris en flagrant délit d'excès de vitesse, de non-port de la ceinture de sécurité, d'utilisation d'un téléphone portable au volant ou de conduite en état d'ivresse.

L'impact est évident à la lumière de quelques exemples tirés du quotidien. Une infraction mineure pour excès de vitesse, qui coûte actuellement environ 68 €, passera à environ 74 €. Le non-port de la ceinture de sécurité passera de 126 € à 138 €. L'utilisation d'un téléphone portable à la main au volant, une infraction de troisième degré, passera de 182 € à 201 €.

Les sanctions en cas de conduite en état d'ivresse sont également alourdies, même si leur montant total dépend du taux d'alcoolémie constaté et de la sanction infligée. Dans les cas graves, l'amende ne constitue qu'une partie des conséquences.

L'augmentation des amendes permettra-t-elle de rendre les routes plus sûres ?

C'est là la question centrale. Les experts en sécurité routière doutent qu'une augmentation relativement modeste du montant de l'amende puisse modifier de manière significative le comportement des conducteurs.

Selon Stef Willems, porte-parole de l'institut de sécurité routière Vias, le risque de se faire prendre constitue un facteur dissuasif bien plus fort que le montant de l'amende. Un radar, un contrôle de police visible ou un contrôle routier ciblé sont donc plus susceptibles d'influencer les comportements qu'une légère augmentation du montant de l'amende.

Cela ne signifie pas pour autant que les amendes n'ont aucun rôle à jouer. Mais leur impact sur la sécurité dépend de ce qui se passe autour d'elles. Les recettes issues des amendes peuvent contribuer à améliorer l'application de la loi, les campagnes de sensibilisation et les infrastructures routières. Des contrôles ciblés aux carrefours, aux abords des écoles, aux passages piétons et dans d'autres lieux où les usagers vulnérables de la route sont exposés à un risque accru peuvent faire une différence tangible.

Le retrait du permis a des conséquences plus importantes

Pour certaines infractions, les sanctions vont déjà au-delà d'une simple amende. Depuis février, l'utilisation d'un téléphone portable à la main au volant peut entraîner un retrait immédiat du permis de conduire pendant 15 jours. En cas de conduite en état d'ivresse, un taux d'alcoolémie égal ou supérieur à 0,8 g/l peut également entraîner un retrait immédiat du permis de conduire pendant 15 jours.

Ces mesures peuvent avoir un impact plus fort qu’une amende plus élevée, car elles perturbent directement la vie quotidienne. La perte du permis de conduire a des répercussions sur le travail, les responsabilités familiales et la mobilité, ce qui n’est souvent pas le cas d’une amende supplémentaire de 10 ou 20 €.

“ Une vache à lait ” pour l'État ?

Les associations d'automobilistes soutiennent depuis longtemps que les amendes routières servent trop souvent à renflouer les caisses de l'État plutôt qu'à améliorer la sécurité routière. Leurs critiques risquent de s'intensifier désormais que cette hausse est explicitement liée aux besoins budgétaires.

Le véritable test consistera à voir si le gouvernement accompagnera l'augmentation des amendes d'une meilleure application de la loi et d'une conception des routes plus sûre. Les détracteurs font valoir que les contrôles devraient se concentrer là où se croisent des flux de circulation dangereux et où les piétons et les cyclistes sont les plus exposés — et non pas simplement dans des zones à faible risque où les amendes sont faciles à percevoir.

Des amendes plus élevées pourraient générer davantage de recettes. Quant à savoir si elles contribueront également à rendre les routes belges plus sûres, cela dépendra principalement du risque de se faire prendre et de la manière dont ces fonds seront utilisés.

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