EEB : ‘ Les vagues de chaleur alimentent un smog dangereux dans toute l'Europe ’

Certaines régions d'Europe sont touchées par une vague de chaleur intense. Plusieurs pays subissent actuellement la deuxième vague de chaleur de l'année, ce qui entraîne des pics dangereux de pollution par l'ozone troposphérique, aux conséquences dévastatrices pour la santé humaine et l'environnement, met en garde le Bureau européen de l'environnement (BEE), le plus grand réseau européen d'ONG environnementales.

Après plusieurs jours de températures supérieures à 35 °C, les autorités italiennes ont déclenché une alerte rouge pour le 21 juin dans huit villes, dont Bologne, Florence, Milan et Turin. En France, 49 départements étaient en alerte rouge canicule pour les 22 et 23 juin, tandis qu’en Espagne, on prévoyait des températures comprises entre 40 et 42 °C dans les principales vallées intérieures, pouvant atteindre localement 44 °C. En Belgique, la situation est grave et devrait s’aggraver, sans pour autant être encore manifestement ‘ historique ’.’

Les prévisions du RMI du 22 juin annoncent 32 °C dans le centre et 34 °C dans le sud, avec des températures qui devraient grimper à 33-35 °C mardi et atteindre localement 37 °C mercredi et jeudi, accompagnées de nuits chaudes. Uccle a atteint 32 °C le 19 juin, un record pour cette date.

Cette ⁠forte hausse des températures est due à une masse d'air chaud qui remonte vers le nord depuis le Sahara, alimentée par un puissant système de haute pression connu sous le nom d‘’ anticyclone africain ».’

Selon les météorologues, ce système est à l'origine de ce qu'on appelle un ‘ dôme de chaleur ’, qui retient l'air chaud au-dessus de l'Europe occidentale et centrale et fait grimper les températures jour après jour.

Smog photochimique

Les températures extrêmes ont de graves répercussions sur la santé, mais les effets du smog photochimique, qui se forme à la suite de la pollution par l'ozone troposphérique, restent peu connus.

En 2022, l'exposition à la pollution par l'ozone, due en grande partie au méthane issu des pratiques agricoles industrielles, a entraîné, selon les estimations, 70 000 décès prématurés et 2 milliards d'euros de pertes de récoltes dans l'ensemble de l'Union européenne.

Les vagues de chaleur aggravent le problème, entraînant le dépassement du seuil d'alerte. Luc Powell, responsable des politiques en matière de qualité de l'air et d'agriculture à l'EEB, met en garde : “ Une fois de plus, de dangereux pics de pollution par l'ozone troposphérique, alimentés par les vagues de chaleur, balayent le continent. ”

“ Le smog photochimique qui en résulte pollue l'air que nous respirons, endommage les cultures et exerce une pression supplémentaire sur des écosystèmes déjà mis à rude épreuve. ”

Le mot « smog » est une contraction des mots anglais « smoke » (fumée) et « fog » (brouillard). En été, le smog est principalement composé d’ozone (O₃). On trouve également de l’ozone dans les couches supérieures de l’atmosphère : là-haut, il nous protège des rayons UV nocifs. Mais près de la surface de la Terre (là où nous vivons), l’ozone est nocif pour la santé.

Conséquences sur la santé

La chaleur, le rayonnement solaire et l'air stagnant peuvent entraîner une forte augmentation de la concentration d'ozone troposphérique. L'ozone se forme lorsque des polluants, tels que le méthane, réagissent avec les oxydes d'azote (NOx) sous l'effet du rayonnement solaire.

Bien que la composition exacte des polluants responsables soit complexe, le dernier rapport de Ricardo identifie le méthane comme étant responsable de 35 à 37% d'ozone troposphérique nocif, ce qui en fait une cible essentielle pour l'amélioration de la qualité de l'air.

Le risque pour la santé est bien réel : l'ozone, un composant du smog, peut aggraver les troubles respiratoires, l'asthme et altérer la fonction pulmonaire.

Le méthane est actuellement exclu de la directive relative aux engagements nationaux de réduction des émissions (NEC) et du Protocole de Göteborg, ce qui fait passer à côté d'une occasion majeure de reconnaître son rôle dans la formation de l'ozone et de soutenir les efforts visant à réduire les émissions.

Conclusion

L'Europe connaît actuellement une vague de chaleur exceptionnellement précoce qui touche l'ensemble du continent, avec des conditions particulièrement difficiles en France, dans la péninsule ibérique et dans certaines régions d'Europe centrale. La Belgique entre dans une vague de chaleur aux conséquences importantes, avec des records quotidiens et des prévisions avoisinant les 37 °. Il est toutefois prématuré de qualifier cet événement d'historique à l'échelle nationale tant que la vague de chaleur n'est pas terminée et que les observations officielles ne sont pas complètes.

Autres dommages

La canicule a commencé à perturber les infrastructures. En France, le directeur général de la SNCF, Jean Castex, a déclaré que le réseau ferroviaire était “ fortement affecté ” par les températures élevées, tandis qu’à Berlin, de fortes pluies ont perturbé le festival en plein air de la Fête de la Musique.

Les centres de sauvetage de la faune sauvage font également état d'une pression croissante. Un centre situé près de la ville belge de Namur a indiqué avoir recueilli environ 150 animaux victimes de la chaleur ces derniers jours, les jeunes oiseaux étant particulièrement menacés. Selon les experts, cette situation s'inscrit dans une tendance plus générale : les vagues de chaleur en Europe deviennent plus fréquentes et plus intenses en raison du changement climatique.

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