ACEA : le marché automobile européen affiche une croissance de 4% en mai ; la transition vers les véhicules électriques redéfinit le secteur

Les immatriculations de voitures neuves dans l'Union européenne ont augmenté de 4,01 TP3T au cours des cinq premiers mois de 2026, pour atteindre 4,75 millions d'unités. Ce chiffre global masque une évolution bien plus profonde du marché : les voitures 100 % électriques représentent désormais une immatriculation sur cinq, tandis que les modèles à essence et diesel perdent rapidement du terrain.

Selon les derniers chiffres de l'ACEA, 950 521 voitures électriques à batterie ont été immatriculées dans l'UE entre janvier et mai, soit une hausse de 35,7% par rapport à la même période de l'année précédente. Leur part de marché est passée à 20,0%, contre 15,3% à la même période l'année dernière. Pour le seul mois de mai, les immatriculations de véhicules électriques à batterie ont bondi de 42,9% pour atteindre 203 417 unités.

Les véhicules hybrides dominent, les moteurs à combustion interne perdent du terrain

Les voitures hybrides électriques restent la principale catégorie de motorisation, avec 1,80 million d’immatriculations et une part de 37,8% du marché européen. Les hybrides rechargeables ont également poursuivi leur remontée, avec une hausse de 22,11 TP3T pour atteindre 460 217 véhicules et une part de marché de 9,71 TP3T. Ensemble, les véhicules électriques à batterie (BEV), les hybrides et les hybrides rechargeables représentent désormais plus des deux tiers de l'ensemble des nouvelles immatriculations dans l'UE.

Cette évolution s'explique principalement par un phénomène de substitution plutôt que par un essor du marché automobile. Les immatriculations de véhicules à essence ont reculé de 18,21 TP3T pour s'établir à 1,07 million d'unités, tandis que celles des véhicules diesel ont baissé de 16,61 TP3T pour atteindre 361 971 unités.

Leur part de marché cumulée est tombée à 30,11 TP3T, contre 38,01 TP3T il y a un an. Le recul des véhicules hybrides rechargeables (ICE) est particulièrement marqué en France, où les immatriculations d'essence ont chuté de 36,81 TP3T, alors même que les ventes de véhicules électriques à batterie (BEV) ont progressé de 55,41 TP3T.

L'Allemagne, la France et l'Italie ont été les principaux moteurs de la croissance du marché des voitures électriques au sein de l'UE. Les immatriculations de véhicules électriques à batterie (BEV) ont augmenté de 40,91 TP3T en Allemagne, de 55,41 TP3T en France et de 75,71 TP3T en Italie.

L'Espagne a également enregistré une hausse de 40,01 TP3T. La Belgique, en revanche, dispose déjà d'un marché de l'électrique plus mature. Ses immatriculations de véhicules entièrement électriques (BEV) n'ont augmenté que de 2,81 TP3T par rapport à l'année précédente, mais les voitures entièrement électriques ont représenté 35,61 TP3T des immatriculations belges au cours des cinq premiers mois et 37,41 TP3T en mai, ce qui est bien supérieur à la moyenne de l'UE.

La Belgique en tête

Cet écart souligne la place de la Belgique parmi les marchés européens de voitures neuves les plus électrifiés, même si ses résultats sont fortement influencés par le marché des véhicules de fonction et un régime fiscal favorable. La Belgique devance donc l'Union européenne en matière de pénétration des véhicules électriques, mais la ralentissement de sa croissance suggère qu'elle passe d'une phase d'adoption rapide à une phase plus mature.

La part de marché des véhicules électriques à batterie (BEV) dans l'UE revêt une importance stratégique, car les voitures électriques constituent désormais un segment trop important pour être considéré comme une activité marginale visant uniquement à respecter les normes. Elles modifient la planification des produits, la tarification, la rentabilité des concessionnaires, la demande en matière de recharge et le calcul de la valeur résiduelle dans l'ensemble du secteur.

L'Europe reste toutefois loin derrière la Norvège, où les véhicules électriques à batterie (BEV) ont représenté 97,81 TP3T des nouvelles immatriculations en mai et 98,01 TP3T depuis le début de l'année. La Chine affiche également une avance plus marquée en ce qui concerne le nombre total de véhicules électrifiés.

Les véhicules à énergie nouvelle, notamment les véhicules électriques à batterie (BEV), les hybrides rechargeables et les modèles à autonomie prolongée, ont atteint en mai une part record de 62,9% des ventes de voitures particulières en Chine. Ce chiffre chinois n'est pas directement comparable aux 20% enregistrés en Europe pour les véhicules 100 % électriques (BEV) uniquement, mais il illustre l'ampleur de cette transition concurrentielle.

Volkswagen reste le plus grand

Cette évolution se reflète de plus en plus clairement dans les résultats des constructeurs. Le groupe Volkswagen est resté le premier acteur de l'UE, mais ses immatriculations n'ont progressé que de 1,51 TP3T depuis le début de l'année, la marque Volkswagen elle-même affichant une baisse de 3,81 TP3T. La croissance enregistrée par Skoda, en hausse de 11,9%, et par Audi, en hausse de 7,5%, a compensé les performances plus faibles de Cupra et de Porsche.

Stellantis a progressé de 5,71 TP3T, porté par Fiat, en hausse de 30,81 TP3T, et Opel/Vauxhall, en hausse de 18,31 TP3T. Le groupe Renault a reculé de 6,21 TP3T, principalement en raison d'une baisse de 12,71 TP3T des immatriculations de Dacia. Le recul de Ford a été plus marqué, avec une baisse de 21,31 TP3T, tandis que le groupe Hyundai a reculé de 2,71 TP3T. Le groupe BMW a progressé de 3,91 TP3T et Mercedes-Benz a augmenté de 3,21 TP3T.

Les Chinois gagnent en visibilité

Les marques chinoises continuent de gagner en visibilité sur le marché européen. BYD a plus que doublé ses immatriculations, qui ont atteint 99 578 unités, ce qui lui confère une part de marché de 2,1%. Chery a enregistré une hausse de 265,21 TP3T pour atteindre 65 621 voitures, tandis que Leapmotor a plus que sextuplé ses immatriculations, qui s'élèvent désormais à 37 694.

SAIC Motor (avec MG) a progressé de 12,21 TP3T. Tesla a également connu une forte reprise, avec des immatriculations en hausse de 77,31 TP3T à 89 180 unités, même si BYD a désormais dépassé Tesla en termes de volume cumulé depuis le début de l'année dans l'UE.

La question centrale pour le second semestre de 2026 est de savoir si l'Europe pourra maintenir une part de marché des véhicules électriques à batterie (BEV) de 20% sans recourir de manière excessive aux mesures d'incitation et aux immatriculations de flottes.

L'ACEA constate que les avantages fiscaux, nouveaux ou révisés, ont contribué à soutenir la demande. Pour les constructeurs automobiles, le message est clair : même si le marché européen ne connaît qu'une croissance modérée, les règles de la concurrence évoluent à un rythme effréné.

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