Une lumière qui désinfecte : Hyundai mise sur des fourgons antibactériens

Hyundai, en collaboration avec sa marque sœur Kia, estime pouvoir développer et commercialiser des véhicules capables de se nettoyer tout seuls. La seule chose dont ils ont besoin, c’est… de la lumière.

Imaginez la scène : vous êtes chauffeur de navette pour un grand hôtel à Bruxelles. Après votre service du matin, vous arrivez au dépôt à 7 heures, vous jetez les tasses de café vides à la poubelle et vous prenez un flacon de désinfectant en spray. Encore une fois. À midi, la banquette arrière de la navette commune sent déjà le sac de sport. C’est un cycle d’assainissement qui ne s’arrête jamais.

C'est là le coût invisible lié au transport de plusieurs personnes dans un même véhicule : la facture de nettoyage, le temps d'immobilisation, et le soupçon tenace que le dernier passager ait laissé derrière lui bien plus qu'un simple ticket.

Sans équipe d'entretien

Hyundai et Kia pensent pouvoir éliminer ce problème grâce à la technologie, non pas en faisant appel à une équipe d'entretien, mais en utilisant la lumière. Le groupe automobile coréen a dévoilé ce qu'il appelle « Plasma Care UVC », un système de désinfection intégré à l'habitacle qui continue de fonctionner tant que les passagers ont leur ceinture attachée. 

Ne vous y trompez pas. La stérilisation par rayons ultraviolets est l’une des techniques les plus anciennes qui soient. Depuis des décennies, les hôpitaux traitent les salles vides aux rayons UVC. Hyundai s’est déjà essayé à cette technologie : le Palisade 2024 propose un petit tiroir UV-C très pratique dans la console centrale, idéal pour désinfecter votre téléphone pendant que vous conduisez. 

Mais il y a une raison bien précise pour laquelle ces systèmes restent dans leurs cartons. Les rayons UVC classiques, d'une longueur d'onde comprise entre 255 et 280 nanomètres, brûlent la peau et irritent les yeux. Ils éliminent les germes, mais dérangent les clients.

Fiabilité

Pour résoudre ce problème, les ingénieurs de Hyundai se sont concentrés sur une partie plus restreinte du spectre. Les rayons UVC lointains, compris entre 200 et 230 nanomètres, possèdent suffisamment d’énergie pour détruire l’ADN des bactéries et des virus, mais leur pénétration est si superficielle qu’ils n’affectent pratiquement pas la peau humaine. Les microbes, dépourvus de bouclier protecteur, se désintègrent.

Le défi consistait à mettre au point une source lumineuse capable d'émettre de manière fiable à cette fréquence. Les LED classiques ne faisant pas l'affaire, l'équipe les a remplacées par une lampe à plasma compacte, qu'elle a ensuite intégrée dans un boîtier capable de résister aux nids-de-poule, à la chaleur estivale du tableau de bord et aux vibrations d'une camionnette de livraison.

Pour prouver son efficacité en dehors d'un laboratoire, Hyundai a installé ce système dans une Kia PV5 dans laquelle avaient été introduites des bactéries E. coli inoffensives. Après quarante minutes d'exposition continue aux rayons UVC lointains, les bactéries avaient disparu. Du moins, à 99,9% près.

Éliminer les odeurs

Quarante minutes peuvent sembler une éternité quand on attend une navette. Mais ce n’est rien si vous êtes une navette scolaire garée entre la dépose du matin et la récupération de l’après-midi, une ambulance au ralenti devant l’entrée de l’hôpital, ou encore un stand de fruits ambulant faisant son commerce par une chaude après-midi. La vidéo promotionnelle de Hyundai met justement l’accent sur ces rôles, en montrant le PV5 les assumer.

Et il y a un autre avantage, qui se fera sentir bien avant que les bactéries ne soient éliminées. Les bactéries empestent. Elles dégagent des odeurs aigre-douces que même cinq désodorisants en forme de sapin suspendus ne parviennent pas à masquer.

En détruisant les microbes, le système UV élimine également leurs odeurs de l'air. Le calcul est simple : un taxi qui ne sent pas mauvais obtient de meilleures notes. Un minibus partagé qui ne dégage aucune odeur est davantage utilisé ; le coût de la lampe devrait donc être facilement amorti. 

Le Plasma Care UVC fait encore l'objet d'une validation technique, et le PV5 qui intègre l'équipement d'essai est un prototype qui n'est pas encore en production. 

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