BYD a franchi une nouvelle étape symbolique dans son ascension fulgurante au rang de premier constructeur mondial de véhicules à énergie nouvelle. Le 8 juillet, le constructeur automobile chinois a annoncé que son 17 millionième véhicule à énergie nouvelle était sorti de la chaîne de production.
Le modèle qui a franchi ce cap était la nouvelle Seal 08, la berline phare de la gamme Ocean de BYD, lancée quelques jours auparavant et disponible à la fois en version 100 % électrique et en version hybride rechargeable.
La rapidité avec laquelle ce cap a été franchi est impressionnante. BYD a atteint son 16-millionième véhicule électrique en avril, ce qui signifie que le million suivant n'a pris que 82 jours. Il lui avait fallu 120 jours pour passer de 15 à 16 millions.
Ces chiffres soulignent également le chemin parcouru par BYD en très peu de temps. L'entreprise a franchi le cap du premier million de véhicules électriques en 2021, celui du dixième million en novembre 2024, et vient d'en ajouter sept millions supplémentaires en moins de deux ans.
Une comparaison avec Tesla ?
La comparaison avec Tesla est à la fois inévitable et délicate. Tesla reste un constructeur exclusivement dédié aux véhicules entièrement électriques à batterie, tandis que le total des véhicules nouveaux à énergie (NEV) de BYD comprend à la fois les véhicules entièrement électriques à batterie (BEV) et les hybrides rechargeables, une catégorie qui joue toujours un rôle majeur en Chine et dans la stratégie mondiale de BYD.
Mais même en ne comparant que les voitures entièrement électriques, BYD est devenu le rival mondial le plus sérieux de Tesla. Au deuxième trimestre 2026, BYD a vendu 557 090 voitures particulières électriques à batterie, contre 480 126 livraisons de Tesla dans le monde entier.
Cela a permis à BYD de prendre la tête du marché des véhicules électriques à batterie (BEV) sur le trimestre, avec près de 77 000 voitures d'avance, même si Tesla a opéré une forte remontée, ses livraisons ayant augmenté de 25% par rapport à la même période de l'année précédente. Au premier semestre, BYD est également resté en tête en termes de ventes totales de véhicules électriques à batterie (BEV), avec 867 479 unités contre 838 149 pour Tesla.
La situation réelle est plus nuancée. Les ventes globales de véhicules électriques (NEV) de BYD étaient encore en baisse au premier semestre 2026 par rapport à l'année dernière, en partie en raison d'un affaiblissement de la demande intérieure et de la transition vers de nouvelles technologies de batteries et de recharge.
Ses ventes du mois de juin ont rebondi pour atteindre 403 472 unités, portées par une forte demande à l'étranger. Les exportations et les ventes à l'étranger ont atteint un niveau record de 175 349 véhicules ce mois-là, soit près de 95% de plus que l'année précédente et plus de 43% du total des ventes de BYD.
Tesla, quant à elle, s'approche de son propre cap des 10 millions de véhicules cumulés, mais sa gamme reste centrée sur la Model 3 et la Model Y, tandis que BYD se développe avec une gamme beaucoup plus large, allant des citadines abordables aux berlines haut de gamme, en passant par les SUV, les monospaces et les véhicules utilitaires.
Essaie-t-il de séduire Renault ?
Cette expansion renforce également la crédibilité des informations selon lesquelles BYD chercherait à consolider sa présence industrielle en Europe.
Selon Le quotidien économique français « Les Echos », le constructeur chinois a contacté Renault à deux reprises pour lui proposer de prendre une participation dans le capital du constructeur automobile français, d'abord en 2024, puis à l'automne 2025.
Renault aurait rejeté ces deux propositions, préférant préserver son indépendance stratégique et son contrôle sur ses activités européennes. Ni BYD ni Renault n'ont officiellement confirmé l'existence de telles discussions ; il convient donc de prendre cette information avec prudence.
Cela s'inscrit néanmoins dans une stratégie plus large : BYD a besoin de capacités de production en Europe pour soutenir son expansion et contourner les barrières commerciales, tandis que Renault est devenu l'un des rares constructeurs européens de grande série à affirmer pouvoir produire des voitures électriques compactes de manière rentable.
Pour BYD, l'accès au parc industriel de Renault aurait été un atout précieux. Pour Renault, la tentation de bénéficier du savoir-faire chinois en matière de batteries, de véhicules électriques et d'hybrides rechargeables devait être mise en balance avec la sensibilité politique liée à l'ouverture de son capital à la Chine, d'autant plus que l'État français restait un actionnaire important.
L'avantage BYD
Le 17 millionième véhicule électrique ne représente donc pas seulement un exploit en termes de production. Il illustre l'avantage concurrentiel que BYD a su se forger en combinant ses capacités de production à grande échelle, ses batteries, ses hybrides rechargeables et une stratégie d'exportation de plus en plus offensive.
Pour Tesla, l'enjeu ne se limite plus à être le pionnier des véhicules électriques. Il s'agit désormais de défendre sa position de leader mondial face à un concurrent chinois qui dispose désormais d'une gamme plus étendue, d'une plus grande flexibilité en matière de motorisations et d'un rythme de production que peu de constructeurs automobiles sont en mesure d'égaler.
Pour les marques européennes historiques, le message est peut-être encore plus clair : BYD ne se contente plus d'exporter des voitures ; elle cherche à s'imposer de manière structurelle au sein même de l'industrie automobile européenne.


