Une Maserati dotée d'une conduite autonome de niveau 4 obtient l'autorisation de circuler sur les autoroutes belges

Une Maserati Granturismo à conduite entièrement autonome, mise au point par AIdoptation, a reçu l'autorisation de circuler légalement sur les autoroutes E313 et E314 à 120 km/h. Pendant ce temps, la personne assise au volant s'adonne à une toute autre activité. C'est la première fois que la conduite de niveau 4 est autorisée sur la voie publique en Europe.  

Tesla fait beaucoup parler d'elle ces derniers temps, puisqu'elle a obtenu l'autorisation de déployer son système de conduite entièrement autonome (supervisée) en Flandre. En Allemagne, Mercedes est quant à elle autorisée à faire rouler ses berlines en mode « mains libres » dans certaines circonstances, notamment en cas d'embouteillages.

Aucune intervention du conducteur n'est nécessaire

AIdoptation, une start-up américaine dont le siège se trouve à Saint-Trond, va encore plus loin. Après avoir testé son système de niveau 4 sur un circuit fermé, l'entreprise passe désormais aux routes publiques. C'est le journal ’ De Tijd » qui a révélé la nouvelle. Le feu vert donné par la Flandre à cette technologie constitue une première européenne.

Le niveau 4 signifie que la Maserati GranTurismo d'AIdoptation est capable d'effectuer la tâche de conduite sans que le conducteur ait besoin d'y prêter une attention particulière. Cela représente une différence significative par rapport aux niveaux inférieurs, où l'intervention et la responsabilité du conducteur restent nécessaires en toutes circonstances.

Tronçon pré-cartographié

Cependant, la Maserati autonome ne dispose pas d’une liberté totale. Son champ d’action est limité à un tronçon de 100 kilomètres préalablement cartographié sur les autoroutes E313 et E314, et le véhicule doit – bien évidemment – respecter la limitation de vitesse maximale de 120 km/h.

Bien que le véhicule soit capable de suivre la trajectoire de manière entièrement autonome, un conducteur de secours sera présent à tout moment. Les essais sur la voie publique s'inscrivent dans le cadre de la mise au point du prototype. Il ne s'agit pas (encore) d'un produit commercial.

Paul Mitchell, PDG d’AIdoptation, a déclaré au journal *De Tijd* qu’il avait fallu un an pour que cette autorisation se concrétise. Il souligne que les autorités belges se sont concentrées sur deux domaines : la sécurité et la protection des données. La destination exacte des données collectées par les capteurs de la voiture, leur propriétaire et la manière dont elles sont protégées étaient manifestement aussi importantes que le système lidar lui-même, qui pilote la voiture.

Pourquoi cette autoroute est-elle difficile ?

On serait tenté de penser que les systèmes de régulateur de vitesse adaptatif des voitures de la génération actuelle peuvent se rapprocher, voire reproduire, le comportement de la voiture « AIdoptation », car la conduite sur autoroute se déroule dans un environnement bien moins complexe que celui des villes animées, où les comportements imprévisibles des piétons ou des cyclistes constituent des obstacles plus importants.

Louis Jacobs, ingénieur spécialisé dans l'adoption de l'IA, ne partage pas ce point de vue. Selon lui, le système doit traiter davantage de données plus rapidement et réagir plus vite à 120 km/h. Un camion en panne ou une fermeture soudaine de voie ne laisse aucune place à une prise de décision lente.

La réalité confirme ce point de vue. Waymo, la société de robotaxis soutenue par Google et opérant aux États-Unis, a volontairement suspendu l'exploitation de ses robotaxis sur les autoroutes, car ses véhicules ont du mal à détecter les travaux routiers.

Un long chemin parcouru

Mais les vitesses élevées sont l'une des spécialités d'American AIdoptation. Le choix d'une Maserati GranTurismo, qui est à mille lieues du concept de véhicule de transport collectif automatisé, en est la preuve.

AIdoptaion est une spin-off commerciale de l'Indy Autonomous Challenge, une association américaine à but non lucratif qui a passé des années à battre des records de vitesse avec des voitures de course autonomes construites par des universités. Leur dernière vitesse maximale en mode autonome s'élève à 318 km/h, comme l'ont montré les essais menés à Cap Canaveral. Leurs racines se trouvent dans la course automobile, et non dans la mobilité. 

La plus grande victoire réside peut-être dans le fait que la Flandre ait pris la tête du mouvement européen en adoptant une législation permettant le développement de la conduite autonome de niveau avancé sur ses routes.

Cette ambition a été lancée par l'ancienne ministre de la Mobilité, Lydia Peeters (Anders), qui avait élaboré dès 2023 une feuille de route détaillée pour la conduite autonome afin de devancer le Royaume-Uni en matière de rapidité et de rattraper son retard sur l'évolution des robotaxis aux États-Unis et en Chine.

Bien que ce plan visât une mise en service commerciale à partir de 2026, il a ouvert la voie aux investissements et aux essais qu’AIdoptation commence désormais à mener.

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