La croissance et la hausse des tarifs atténuent l'impact de la flambée des prix du carburant (800 millions d'euros) sur Air France-KLM

Air France-KLM a vu son bénéfice net reculer de 71% pour s'établir à 190 millions d'euros au deuxième trimestre. Cette baisse s'explique par la forte hausse des prix du kérosène provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

En revanche, le groupe aérien a réussi à répercuter la majeure partie de cette hausse des coûts du kérosène sur les passagers. Il a répercuté 88% de cette hausse des coûts de carburant par le biais d'une augmentation des prix des billets.

Les recettes issues des vols de fret ont augmenté

Les coûts de kérosène d'Air France-KLM ont augmenté de plus de 800 millions d'euros au cours du dernier trimestre par rapport à la même période de l'année dernière. Pour l'ensemble de l'année, la facture de carburant devrait s'élever à 8,9 milliards de dollars, contre 9,3 milliards de dollars estimés précédemment. En 2025, cette facture s'élevait à 6,0 milliards de dollars.

Le chiffre d'affaires généré par les vols de fret a augmenté de plus d'un quart (+26,71 TP3T). Selon la compagnie, cette hausse s'explique également par la guerre en Iran. Le transport aérien offrait aux clients une plus grande sécurité que le transport maritime. Là encore, les tarifs ont été revus à la hausse.

Perte nette du premier semestre

La société a enregistré une perte nette au premier semestre, comme cela avait été le cas en 2021, 2022 et 2024. Cette fois-ci, la perte s'est élevée à 61 millions d'euros, contre un bénéfice net de 401 millions d'euros en 2025.

Dans l'ensemble, KLM a maintenu son résultat d'exploitation ajusté à un niveau globalement stable, à 176 millions d'euros, le résultat d’Air France a reculé de 290 millions pour s’établir à 225 millions d’euros, et Transavia a enregistré une perte d’exploitation de 35 millions d’euros, sa modeste hausse de 1,61 TP3T du chiffre d’affaires unitaire n’ayant pas suffi à compenser l’augmentation de 501 TP3T de ses dépenses de carburant.

Le groupe a également légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance de capacité pour 2026, les ramenant de 2 à 41 TP3T à 2 à 31 TP3T. Ainsi, la fréquence des vols sera réduite sur les liaisons européennes où la concurrence est forte, comme Düsseldorf et Londres.

Mettre davantage l'accent sur les classes haut de gamme sur les vols long-courriers

Le PDG Benjamin Smith a toutefois qualifié de « solide » la performance commerciale de la compagnie à ce jour, portée par une demande toujours forte pour les voyages en classes haut de gamme, notamment à destination et en provenance de l'Asie et de l'Amérique du Nord.

À l'instar de bon nombre de ses concurrents, Air France-KLM souhaite inciter ses clients – en particulier sur les liaisons long-courriers, où les marges sont plus élevées – à payer davantage pour bénéficier d'un plus grand confort.

D’ici la fin de l’année, l’intégration de la compagnie aérienne scandinave SAS devrait également être finalisée (c’est-à-dire qu’elle devrait recevoir l’autorisation des autorités de régulation). Cette acquisition portera la participation du groupe dans SAS de 19,91 % à 60,51 %.

Le groupe va ainsi ajouter à son portefeuille un troisième grand hub international (Copenhague), aux côtés de Paris-Charles de Gaulle et d'Amsterdam-Schiphol.

Air France-KLM envisage également d'acquérir jusqu'à 49,91 % de TAP Air Portugal, qui fait actuellement l'objet d'une privatisation. Mercredi, la compagnie a déposé une offre ferme en ce sens, en même temps que sa rivale Lufthansa.

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