La compagnie aérienne néerlandaise KLM, qui a fusionné avec Air France en mai 2004 pour former Air France-KLM, traverse actuellement une période difficile. C'est pourquoi elle a rédigé un rapport interne décrivant à quoi pourrait ressembler la situation de KLM en 2030.
Et avec des options allant de la réduction des effectifs et du transfert du contrôle à Air France-KLM au maintien de l'indépendance grâce à une nouvelle convention collective unique prévoyant des salaires revus à la baisse pour l'ensemble du personnel, les perspectives ne semblent pas très encourageantes.
Les coûts augmentent plus rapidement que les recettes
Dire que des changements se profilent à l'horizon est un euphémisme : ils arrivent, et ils seront radicaux.
KLM a longtemps été la division la plus rentable d’Air France-KLM, mais aujourd’hui, ses coûts augmentent plus rapidement que son chiffre d’affaires. Alors qu’Air France-KLM, en tant que groupe, a enregistré des résultats records en 2025 avec un résultat d’exploitation de 2 004 milliards d’euros – soit une hausse de 4 301 TP3T par rapport à 2023 –, KLM est quant à elle restée loin derrière avec seulement 416 millions d’euros, un chiffre à peine supérieur à celui de l’année précédente. Air France-KLM n'a donc pas atteint la marge bénéficiaire de 8% dont elle a besoin pour investir dans le renouvellement de sa flotte.
KLM est confrontée depuis des années à un problème structurel majeur : ses coûts d'exploitation – en particulier les salaires – sont plus élevés que ceux des autres compagnies aériennes.
Ces dernières années, une série de mesures de réduction des coûts mises en œuvre chez KLM, notamment la suppression d'emplois administratifs et la cession de la division de restauration, a déjà permis de réaliser des économies de plus de 450 millions d'euros, mais cela ne semble pas suffire.
Pour remédier à cette situation, un groupe de 37 collaborateurs de KLM, en collaboration avec un cabinet de conseil et à la demande de la direction générale de KLM, a esquissé quatre “ scénarios d’avenir ” pour l’entreprise jusqu’en 2030.
Moins de destinations et moins d'autonomie ?
Ces quatre options s’appuient sur les scénarios suivants : une réduction des effectifs et un transfert de pouvoirs à Air France-KLM, la société mère prenant le contrôle ; le maintien de l’indépendance grâce à une nouvelle convention collective unique, tout en réduisant les coûts par une baisse des salaires pour l’ensemble du personnel ; l’amélioration de la collaboration, tant en interne qu’en externe – par exemple avec Schiphol, le contrôle aérien et le gouvernement ; et enfin, l’inaction totale, avec le risque d’une faillite ou d’une restructuration drastique
Dans le cadre de la première option, par exemple, le département technique serait cédé et les services d’assistance au sol externalisés, et KLM – qui a toujours conservé un haut degré d’autonomie depuis la fusion – desservirait également un nombre nettement moins important de destinations.
Cette option – même si aucun des quatre scénarios ne constitue une prévision ni un plan d'action – est une possibilité bien réelle : Air France-KLM s'apprête à racheter la compagnie aérienne suédoise SAS et est actuellement engagée dans une guerre d'enchères pour acquérir la compagnie portugaise TAP ; le rôle et l'importance de KLM pourraient donc, de toute façon, s'amenuiser.
“ Le sentiment d’urgence ”
“ À mon sens, le message le plus fort que véhiculent ces scénarios est un sentiment d’urgence ”, déclare Marjan Rintel, haute responsable. “ Attendre n’est pas une option. Tout retard a des conséquences. ” Elle souligne également que l’avenir comportera probablement des éléments issus de ces quatre scénarios.
En d'autres termes, la compagnie aérienne considère ce rapport avant tout comme le point de départ d'une réflexion sur les décisions stratégiques que KLM devra prendre.
“ KLM doit prendre des décisions importantes ”, déclare M. Rintel. “ Notre structure de coûts est sous pression. Le débat social et politique autour du transport aérien s'est intensifié. Dans certains autres pays, des investissements massifs et des innovations dans le secteur aérien sont en train de modifier le paysage concurrentiel. Nous devons prendre ces signaux au sérieux et y répondre ensemble. ”
En conséquence, les syndicats, les salariés et les dirigeants de KLM doivent s'attendre à des mois tendus, car des mesures difficiles sont manifestement à venir. Il est également évident que la situation sera plus que difficile, car le rapport indique explicitement que “ les relations internes sont trop mauvaises ” et que “ KLM ne stagne pas par manque de solutions, mais parce qu’il est devenu de plus en plus difficile de mettre en œuvre des solutions de manière collective ”.”


