Gand perd le directeur de son usine Volvo, mais gagne un allié au plus haut niveau

Volvo Car Gent doit se mettre en quête d'un nouveau directeur d'usine moins d'un an après l'arrivée de Magnus Nilsson à la tête de l'établissement. Mais son départ pourrait s'avérer plus positif pour l'usine belge qu'il n'y paraît à première vue.

À compter du 1er septembre, Nilsson prendra les fonctions de directeur de la production chez Volvo Cars et rejoindra l'équipe de direction, alors même que Gand s'efforce d'obtenir de nouveaux modèles et de remplir ses futures capacités de production.

Nilsson n'est devenu directeur d'usine que le 1er janvier, succédant à Stefan Fesser après plus de sept ans. Il n'était pourtant pas un nouveau venu sur le site. Ce Suédois travaille chez Volvo Cars depuis 1988 et avait déjà dirigé les opérations de soudage à Gand entre 2011 et 2013.

Siège au sein de la direction de l'entreprise

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il sera responsable de l'ingénierie de production et de fabrication au sein de Volvo Cars. La fabrication retrouve ainsi une place à part entière au sein de la direction générale de l'entreprise, tandis que Francesca Gamboni se consacrera aux achats et à la chaîne d'approvisionnement.

Le moment est frappant. Volvo s'efforce de réduire ses coûts, de régionaliser sa production et de mieux exploiter ses usines sur un marché où les volumes n'ont pas augmenté comme prévu initialement. Gand est particulièrement exposée.

L'usine de Gand fabrique actuellement les modèles EX30, EX40, EC40, XC40 et V60, mais selon des sources syndicales, la production de la prochaine génération de modèles électriques de la série 40 devrait être transférée vers la nouvelle usine Volvo de Košice à partir de 2027. L'affectation des futurs modèles revêt donc une importance cruciale pour les quelque 6 300 personnes qui travaillent à Gand. En 2025, l'usine a produit 212 177 voitures.

Il sait exactement de quoi Gand est capable

La promotion de Nilsson ne signifie pas que Gand obtiendra automatiquement une nouvelle voiture. En tant que directeur mondial de la production, il devra comparer l'usine belge aux autres usines de Volvo en termes de coûts, de technologie, de logistique et d'efficacité.

Cela dit, le fait d’avoir à la tête de l’entreprise quelqu’un qui connaît Gand sur le bout des doigts ne peut certainement pas faire de mal. Nilsson a pu constater de ses propres yeux comment l’usine a industrialisé l’EX30 en un temps record après que Volvo a décidé d’étendre la production de ce véhicule électrique compact à l’Europe. Cette flexibilité est désormais l’un des principaux atouts de Gand.

L'usine compte également d'autres figures connues occupant des postes à responsabilité chez Volvo. Le prédécesseur de Nilsson, Stefan Fesser, a pris des fonctions stratégiques dans le domaine de la production après avoir quitté Gand.

Le Belge Geert Bruyneel, qui a dirigé l'usine de 2010 à 2013 avant de devenir directeur mondial de la production chez Volvo, figure toujours parmi les conseillers principaux. Il relevait auparavant directement de l'ancien PDG Jim Rowan, bien que Volvo n'ait pas confirmé publiquement que cette ligne hiérarchique soit restée inchangée sous la direction de l'actuel PDG, Håkan Samuelsson.

Opportunité Geely

Le plus gros enjeu n'est peut-être même pas l'acquisition d'une autre Volvo. Samuelsson a déclaré ouvertement qu'il serait “ positif et envisageable ” que les marques sœurs de la maison mère chinoise Geely utilisent les usines européennes de Volvo, en mentionnant explicitement celle de Gand.

Cette option s'est concrétisée en juillet, lorsque Volvo a signé un protocole d'accord avec les gouvernements belge et flamand concernant des mesures de soutien d'un montant pouvant atteindre 119 millions d'euros.

Ce programme vise à renforcer la compétitivité de Gand et à contribuer au financement d'investissements dans les domaines de l'industrie, de l'innovation et de l'écologie. Volvo a également précisé que l'usine pourrait être utilisée pour l'assemblage en sous-traitance de véhicules d'autres marques.

Geely, Zeekr ou Lynk & Co restent donc des candidats évidents, même si aucun modèle n'a encore été désigné. La production locale pourrait également permettre aux véhicules électriques fabriqués en Chine d'échapper aux droits compensateurs supplémentaires imposés par l'UE sur les importations en provenance de Chine.

Gand présente toutefois encore des inconvénients. Les coûts de main-d’œuvre et d’énergie sont élevés en Belgique, tandis que Košice dispose d’une usine flambant neuve, dont les coûts d’exploitation sont moins élevés et dont la technologie est adaptée aux voitures de nouvelle génération de Volvo. Le site belge devra démontrer que sa flexibilité et son emplacement l’emportent sur cet écart de coûts.

Mais le départ de Nilsson change la donne. Gand perd un nouveau directeur d'usine après à peine huit mois, mais gagne en contrepartie un ancien dirigeant occupant l'un des postes industriels les plus influents chez Volvo Cars. À un moment où chaque futur modèle revêt une importance capitale, cela pourrait bien constituer une évolution plus significative que le poste vacant qu'il laisse derrière lui.

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