La ville de Genk (Belgique) sera parmi les premiers à mettre en place une communauté énergétique au sein de laquelle les habitants, les associations et les entreprises pourront acheter et vendre de l'électricité renouvelable produite localement. Genk qualifie cette initiative de “ première belge pour une collectivité publique ”, mais certaines communes, notamment Ganshoren et Ixelles, ont déjà lancé des initiatives similaires.
Dans le cadre du projet de Genk, la société néerlandaise EnergySwap – qui n'est pas un fournisseur d'énergie à proprement parler, mais plutôt un intermédiaire (agent) entre les vendeurs et les acheteurs d'électricité autoproduite – a été chargée de développer cette plateforme énergétique, permettant aux habitants, qu'ils disposent ou non de panneaux solaires, d'échanger de l'énergie produite localement.
Les acheteurs et les vendeurs y trouveront leur compte
Le principe est simple. La plateforme permettra aux propriétaires de panneaux solaires disposant d'un excédent d'énergie renouvelable de le vendre à quelqu'un qui a besoin d'énergie supplémentaire à ce moment-là. Au lieu de vendre cet excédent à leur fournisseur au tarif d'injection habituel, il pourra être mis en relation avec un autre habitant ou une autre entreprise de Genk consommant de l'électricité à ce moment-là. Des compteurs numériques mesurent les flux dans les deux sens à des intervalles de 15 minutes.
Le vendeur percevra un tarif d'injection supérieur au tarif standard, tandis que l'acheteur paiera moins cher la composante énergie que ce qu'il paierait auprès de son fournisseur habituel. Ainsi, les deux parties y trouveront leur compte. EnergySwap se chargera de la mise en relation, de la facturation et des paiements. Les participants conserveront leur fournisseur d'électricité actuel, qui leur fournira de l'électricité lorsque la production locale sera insuffisante.
Une limite importante
Il existe toutefois une contrainte importante. L'électricité solaire doit être produite et consommée au cours du même quart d'heure. Il n'est pas possible de stocker virtuellement l'énergie produite lors d'un après-midi ensoleillé pour l'utiliser à minuit. Les excédents de production sont toujours injectés dans le réseau et facturés selon les modalités du contrat habituel du producteur.
Et c’est là que les voitures électriques peuvent présenter un intérêt. Un habitant de Genk ne disposant pas de panneaux solaires pourrait brancher son véhicule lorsque les panneaux de ses voisins produisent beaucoup d’électricité, et devenir ainsi un acheteur intéressant. Le propriétaire des panneaux tirera davantage profit de son excédent, tandis que le conducteur du véhicule électrique achètera une partie de l’énergie nécessaire à la recharge à un prix inférieur.
Ce même principe s'applique aux parkings d'entreprise, aux écoles et aux bâtiments municipaux, où de gros consommateurs d'électricité sont en activité pendant la journée. En vertu de la réglementation flamande, plusieurs producteurs d'énergie solaire peuvent vendre simultanément leur production à un même gros consommateur.
L'économie résultera principalement du remplacement d'une partie du prix de l'énergie pratiqué par le fournisseur par un prix local moins élevé. Les tarifs de réseau, les taxes et les redevances restent toutefois dus, et certains fournisseurs d'électricité facturent des frais administratifs aux clients participant au partage d'énergie ou aux échanges entre particuliers.
Pour les foyers équipés de leurs propres panneaux solaires, l'autoconsommation directe reste plus intéressante. Recharger son véhicule électrique à partir de son propre toit permet d'éviter davantage de postes de la facture d'électricité que de vendre cette énergie pour ensuite racheter de l'électricité plus tard.
Transition énergétique
Cependant, grâce à cette initiative, Genk entend franchir une étape importante dans sa transition énergétique. La ville espère que les habitants de Genk investiront encore davantage dans les panneaux solaires. Les associations et les établissements scolaires peuvent également faire installer des panneaux solaires par l'intermédiaire d'une coopérative énergétique, sans avoir à supporter eux-mêmes les coûts d'investissement.
De plus, l'énergie produite localement réduit le recours aux importations d'énergie provenant de sources extérieures. Cela contribue à réduire les émissions de CO₂ et rend Genk moins dépendante des marchés énergétiques étrangers et des fluctuations de prix. Les habitants, les associations et les entreprises qui souhaitent participer pourront bientôt s'inscrire via un site web.
Assistance pendant trois ans
Genk soutiendra la communauté énergétique pendant une période pouvant aller jusqu'à trois ans. Le défi ne consistera pas seulement à recruter des propriétaires d'installations solaires, mais aussi à trouver suffisamment d'utilisateurs souhaitant consommer de l'électricité lorsque le soleil brille. Les véhicules électriques pourraient s'avérer être l'un des meilleurs outils pour y parvenir. Au terme de ces trois ans, la communauté énergétique devrait être en mesure de fonctionner de manière autonome et, éventuellement, de s'étendre au-delà de Genk.
“ Avec ce projet, nous optons délibérément pour un système où l’énergie locale génère également des retombées locales. Nous souhaitons rassembler les habitants, les associations et les entreprises autour d’une solution positive. Ce faisant, nous faisons de la transition énergétique non seulement une question climatique, mais aussi une histoire de coopération et de valeur ajoutée locale ”, conclut Wim Dries (CD&V), maire de Genk.


