OLe 22 août, la température de l'eau de mer (entre 60° de latitude sud et 60° de latitude nord) a atteint son niveau le plus élevé jamais enregistré : 21,10 °C, soit la température de surface de la mer la plus élevée jamais mesurée.
Le service européen d'observation de la Terre Copernicus l'a annoncé lundi dans un communiqué de presse. Les nouveaux chiffres montrent même que bbattre le précédent record de 21,09 °C établi en mars 2024.
Le moment où ce nouveau record a été enregistré est remarquable. En général, les températures de l'eau de mer atteignent leur pic en mars ou en avril, à la suite de l'été dans l'hémisphère sud. Cependant, tCe nouveau record n'est pas une surprise. Au cours des derniers mois, des températures de la mer (quasi) record ont été régulièrement enregistrées.
Conséquences extrêmes
La mer agit comme un immense tampon thermique. L'eau se réchauffe beaucoup plus lentement que la terre, mais elle se refroidit également beaucoup plus lentement. De ce fait, la chaleur accumulée au cours d'un long été ensoleillé peut rester emprisonnée dans la couche supérieure de l'eau pendant des semaines.
La combinaison du réchauffement climatique, d'un ensoleillement abondant, de systèmes de haute pression et de vents faibles a entraîné un réchauffement exceptionnellement important de la mer.
Le réchauffement des eaux marines a des conséquences tant pour l'homme que pour la nature. Par exemple, l'eau plus chaude fait monter le niveau de la mer, car elle se dilate lorsqu'elle se réchauffe. Les vagues de chaleur marines endommagent des écosystèmes importants, tels que les récifs coralliens, ce qui risque de mettre en péril l'ensemble de la chaîne alimentaire. De plus, le réchauffement des eaux marines favorise également l'apparition de phénomènes météorologiques extrêmes.
Un océan plus chaud libère davantage de chaleur et de vapeur d'eau dans l'atmosphère, ce qui entraîne des précipitations plus abondantes et des tempêtes plus violentes. Des océans plus chauds ont également une capacité de stockage de CO₂ réduite. En Europe, les températures record de la surface de la mer le long de l'Atlantique et de la Méditerranée occidentale ont été associées à des vagues de chaleur marines intenses ou extrêmes à grande échelle, qui ont affecté les communautés côtières et les écosystèmes.
Eaux côtières belges
En Belgique, des scientifiques ont découvert que biodiversité Dans les eaux côtières belges, la faune marine a radicalement changé au cours des dernières décennies en raison du réchauffement climatique. Les espèces typiques des eaux froides, telles que la crevette brune, les gobies et le hareng/sprat, sont désormais bien moins abondantes, tandis que les espèces d'eaux chaudes (comme le baliste mineur, une espèce venimeuse) et les cténaires prospèrent.
Les espèces d'eau froide, en particulier, ont été durement touchées. Par exemple, la population de crevettes grises a diminué d'au moins 78 %. Les stocks de bar et de plie restent stables pour l'instant, tandis que ceux d'autres espèces affichent une hausse marquée.
La période juin-juillet la plus chaude jamais enregistrée
Début août, nous avions déjà signalé que l'Europe occidentale avait connu la période juin-juillet la plus chaude jamais enregistrée. Le mois de juillet a été marqué par les troisième et quatrième vagues de chaleur depuis mai, ce qui témoigne d'une succession exceptionnelle de vagues de chaleur cet été.
La température moyenne enregistrée en juin et juillet en Europe occidentale a atteint un niveau record, à 21,62 °C, soit 2,79 °C au-dessus de la moyenne, dépassant ainsi le précédent record établi en 2022 et reflétant la persistance exceptionnelle de la canicule depuis le début de l'été.


