AirBaltic ne desservira finalement pas l'aéroport de Liège

La compagnie aérienne lettone AirBaltic ne lancera finalement pas, comme prévu, de liaisons au départ de l'aéroport de Liège vers les îles Canaries à partir de fin octobre. AirBaltic invoque une demande insuffisante, conjuguée à des difficultés financières liées à la hausse des coûts du carburant, pour justifier cette annulation. C'est un coup dur pour l'aéroport de Liège, qui n'avait plus accueilli aucun vol de passagers depuis le départ de TUIfly en janvier.

Au départ, AirBaltic prévoyait d’assurer quatre vols par semaine entre Liège et la Grande Canarie ainsi que Ténérife, dans le cadre d’une expansion hivernale plus large comprenant douze nouvelles liaisons à travers l’Europe. Mais au début du mois, des signes laissaient déjà présager que les choses ne se déroulaient pas comme prévu, AirBaltic ayant soudainement réduit de moitié la fréquence annoncée, pour passer à un vol par destination et par semaine.

De quatre à deux, puis finalement zéro vol par semaine

La raison ? Une demande insuffisante, conjuguée aux difficultés financières de la compagnie aérienne liées à la hausse des coûts du carburant. En raison d'un nombre de réservations inférieur aux prévisions, AirBaltic décide désormais de supprimer définitivement ces liaisons. Tous les passagers ayant déjà réservé un billet ont été informés et se sont vu proposer un remboursement.

AirBaltic indique qu'elle évalue régulièrement la viabilité commerciale de son réseau et sa capacité à répondre à la demande des passagers. À la suite de cette analyse, les vols directs entre Liège et les îles Canaries ont également été supprimés.

Les pertes s'accumulent

Le véritable problème ne se limite certainement pas à cette seule question : la compagnie aérienne lettone est également confrontée à des difficultés financières plus générales, et lorsque des mesures de réduction des coûts sont mises en œuvre, ce sont tout simplement les nouvelles liaisons, dont la viabilité n'a pas encore été prouvée, qui sont les premières à être supprimées.

Au premier trimestre, AirBaltic a enregistré une perte nette de 70,1 millions d'euros, malgré une hausse de son chiffre d'affaires. De plus, le montant total des pertes accumulées depuis 2009 s'élève désormais à plus de 620 millions d'euros, en raison, notamment, d'engagements de location élevés.

L'agence de notation américaine Fitch estime le déficit pour l'hiver 2026/27 entre 100 et 150 millions d'euros, soit environ cinq fois le montant du prêt actuellement proposé. Fitch a invoqué “ une très faible flexibilité financière et une pression aiguë sur les liquidités ”, ce qui signifie que l'entreprise pourrait se retrouver en situation d'insolvabilité d'ici six à douze mois, à moins qu'un investisseur ne lui verse une somme importante.

Le gouvernement letton, qui détient 88,371 TP3T des actions, doit donc prendre une décision cruciale concernant l'avenir de la compagnie aérienne nationale.

Au début du mois, AirBaltic a donc annoncé un vaste plan de réorganisation visant à garantir sa viabilité à long terme. AirBaltic concentrera davantage son réseau sur sa base d’attache de Riga et réduira sa flotte d’A220-300 de 54 à 36 appareils d’ici la fin de l’année. L'objectif de 100 appareils d'ici 2030 est remplacé par celui de 40 d'ici 2031.

Liège réagit avec déception

Liège n'est donc pas la seule victime de cette vague de restrictions plus générale. L'aéroport de Groningue va également perdre son vol hebdomadaire prévu à destination de Ténérife, et la plate-forme d'AirBaltic à Ténérife-Sud devrait même fermer.

D'autres liaisons, telles que Vilnius-Dubaï, Tallinn-Londres Gatwick et Vilnius-Berlin, sont également annulées ou suspendues. En Belgique, en revanche, les liaisons Riga-Bruxelles et Tallinn-Bruxelles resteront en service.

Christian Delcourt, porte-parole de l'aéroport de Liège, qualifie cette décision de “ grande déception ”, d'autant plus que TUIfly, la seule compagnie aérienne de transport de passagers, avait déjà quitté les lieux début janvier. L’arrivée d’AirBaltic représentait “ une lueur d’espoir ” et un “ redémarrage intéressant du trafic passagers dans notre terminal cet hiver, mais nous nous retrouvons désormais les mains vides ”.”

L'aéroport de Liège est avant tout un aéroport de fret – le plus grand de Belgique. Néanmoins, l'annulation d'AirBaltic nuit également à sa réputation : deux revers consécutifs donnent l'impression que Liège a du mal à attirer ou à fidéliser des compagnies aériennes, ce qui pourrait rendre le marché moins attractif pour d'autres transporteurs.

En temps normal, la mise en place de nouvelles liaisons aériennes prend plus d'un an. Il se pourrait qu'il y en ait à nouveau d'ici l'été 2027 au plus tôt, même si cela semble très incertain compte tenu de la situation actuelle.

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