Vias : ‘ Les voitures gagnent en sécurité, mais pas les vélos : la moitié des blessés graves sont des cyclistes ’

En 2024, 13 581 victimes d'accidents de la route ont été hospitalisées en Belgique à la suite d'un accident de la route. Parmi ces victimes, 3 232 personnes ont été gravement blessées. 

Cela représente 7% de moins qu'en 2023 et 17% de moins qu'en 2016, tandis que le nombre total d'hospitalisations a diminué de 17%. Ces chiffres sont tirés d'un nouveau rapport publié par Vias, l'institut belge de la sécurité routière.

La nouvelle analyse des données hospitalières réalisée par Vias montre que les cyclistes représentent désormais près de la moitié de l'ensemble des victimes de la route gravement blessées en Belgique, tandis que le nombre de blessés graves parmi les occupants de voitures a fortement diminué.

En 2016, les cyclistes représentaient 37% des victimes graves en Belgique. En 2024, ils en représentaient 49%, soit pratiquement une sur deux. Les hospitalisations d'occupants de voitures ont connu une baisse impressionnante de 43% depuis 2016, bien que le nombre de blessés graves ait légèrement augmenté de 3% en 2024. Les blessures graves chez les utilisateurs de deux-roues motorisés ont diminué de 22% en un an.

Angle mort

Le rapport met également en évidence une importante lacune dans les statistiques traditionnelles sur les accidents : selon Vias, le nombre de victimes d'accidents de la route hospitalisées était quatre fois supérieur au nombre de personnes enregistrées comme gravement blessées dans la base de données de la police sur les accidents. Près de neuf victimes hospitalisées sur dix ont passé au moins une nuit à l'hôpital.

Le changement le plus marquant concerne les accidents impliquant des voitures et des vélos. Le nombre de blessés graves parmi les occupants de voitures a diminué de 37% entre 2016 et 2024. Chez les cyclistes, en revanche, ce nombre a augmenté de 21%, passant de 1 307 à 1 588.

Le vieillissement devient indéniablement un facteur du problème de sécurité routière. Les personnes âgées de 40 à 64 ans représentent 37% de l'ensemble des blessés graves, tandis que celles âgées de 65 ans et plus en représentent 30%. Plus de la moitié des blessés graves dans ces deux tranches d'âge sont des cyclistes. Dans ces deux groupes, plus de la moitié des blessés graves sont des cyclistes.

Depuis 2016, le nombre de blessés graves a augmenté de 6% chez les plus de 65 ans, alors que la situation s'est améliorée dans la plupart des tranches d'âge plus jeunes. Mais chez les usagers de la route âgés de 65 ans et plus, le taux de blessés graves a augmenté de 6%. Il s'agit de l'une des rares catégories d'âge à afficher une évolution négative.

Une combinaison dangereuse

Au moins 43% de cyclistes gravement blessés ont été recensés après avoir été victimes d'un accident sans qu'aucun autre usager de la route ne soit impliqué. Assurer la sécurité des cyclistes ne se résume donc pas à séparer les vélos des voitures.

Le revêtement routier, les bordures, les bornes, la conception des pistes cyclables, la stabilité des vélos et la vitesse prennent tous une importance croissante, notamment en raison du vieillissement de la population et du fait que les vélos électriques permettent aux usagers de parcourir de plus longues distances et à une vitesse plus élevée. La combinaison de ces facteurs – vieillissement de la population, augmentation de la pratique du vélo et essor de l’utilisation des vélos électriques – devrait prendre de plus en plus d’importance.

Ce n'est que depuis 2024 que les vélos électriques peuvent être identifiés séparément dans les données hospitalières belges. Ils représentaient 13% des cyclistes gravement blessés, mais Vias souligne que leur part réelle est probablement plus élevée, car le type de vélo n'est souvent pas enregistré correctement.

La Belgique et les pays voisins

La Belgique n'est pas le seul pays à connaître cette évolution en matière d'accidents. C'est aux Pays-Bas que cette tendance est la plus marquée. Le SWOV, l'organisme néerlandais Institut national de recherche scientifique sur la sécurité routière, On estime que près de 5 500 cyclistes ont été gravement blessés en 2022, soit environ 70% de l’ensemble des usagers de la route gravement blessés. La Belgique commence à afficher une tendance en matière de blessures similaire à celle des Pays-Bas.

La France affiche la même tendance, bien que de manière moins marquée. L'Allemagne a également enregistré en 2024 son plus faible nombre d'usagers de la route gravement blessés depuis le début des statistiques en 1991, mais 13 919 cyclistes ont tout de même été gravement blessés, tandis que près des deux tiers des cyclistes décédés étaient âgés de 65 ans ou plus.

Au Luxembourg, le nombre de décès sur la route a considérablement diminué, mais le nombre de personnes classées au niveau national comme gravement blessées est resté plus ou moins au même niveau — ce qui ne représente pratiquement aucune amélioration.

La tendance est similaire dans les trois pays : les occupants des voitures sont de plus en plus en sécurité, tandis que les usagers vulnérables de la route, en particulier les cyclistes âgés, représentent une part croissante du reste des blessures.

Plan « All for Zero »

La bonne nouvelle, c’est que les années 2023 et 2024 laissent entrevoir une nouvelle tendance à la baisse après le rebond post-COVID. La mauvaise nouvelle, c’est que la Belgique est encore très loin de son objectif pour 2030. Les progrès réalisés par la Belgique sont réels, mais insuffisants.

L'objectif fédéral, le plan fédéral « All for Zero », consiste à réduire de 50% le nombre d'accidents graves d'ici 2030 par rapport à 2019. Vias estime que le nombre d'accidents graves devrait encore diminuer de 44% entre 2024 et 2030.

En matière de sécurité routière en Belgique, on parvient à prévenir les décès beaucoup plus rapidement qu'à prévenir les handicaps. Et le centre de gravité se déplace des occupants de voitures vers les cyclistes, en particulier ceux d'âge mûr et les cyclistes âgés.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.