Des étudiants de la KU Leuven donnent vie à une voiture de course à hydrogène en vue d'une candidature au Mans

L’HydroTeam de la KU Leuven a franchi une étape importante dans sa préparation aux 24 Heures du Mans. Son prototype fonctionnant à l’hydrogène a roulé pour la première fois par ses propres moyens, effectuant plusieurs tours de piste à l’Eastech Park de Louvain. Il s’agirait ainsi de la première voiture de course belge en état de marche équipée d’un moteur à combustion fonctionnant à l’hydrogène.

Cette voiture associe un châssis de course Radical à un moteur V6 Ford EcoBoost de 3,5 litres modifié. Il y a un an, HydroTeam avait déjà réussi à faire fonctionner ce moteur à l'hydrogène, mais uniquement grâce à une alimentation en carburant externe.

La dernière version intègre l'ensemble du système à bord, notamment le stockage d'hydrogène, la régulation de pression, l'électronique, le refroidissement et la chaîne cinématique.

L'hydrogène est stocké à 700 bars et sa pression est ramenée à environ 5 bars avant d'atteindre le moteur. Avant son installation, le système a d'abord été testé avec de l'azote, puis soumis à un essai de pression allant jusqu'à 875 bars dans une cuve d'essai spécialisée du centre de recherche sur l'acier OCAS. La société d'inspection Vinçotte a ensuite homologué l'installation.

Cela confère à cette réalisation une importance bien plus grande que le simple fait de faire démarrer un moteur. Huit étudiants à temps plein, épaulés par des dizaines de collaborateurs à temps partiel, ont en effet transformé une voiture de course existante en un laboratoire mobile dédié à l'hydrogène. HydroTeam souhaite également que ce projet devienne une plateforme de recherche plus large au sein de la KU Leuven.

Ce n'est pas tout à fait une première mondiale

Il convient toutefois de nuancer l'une des affirmations relatives à ce projet. Selon certains articles, HydroTeam serait la première équipe étudiante au monde à avoir réussi à faire rouler une voiture de course fonctionnant à l'hydrogène. Cette affirmation semble toutefois trop générale.

L'équipe KA-RaceIng de l'Institut de technologie de Karlsruhe (KIT) a déjà fait courir sa voiture de Formule Étudiant à combustion à hydrogène, la KIT25h, en 2025. Elle a remporté la catégorie « combustion » lors de la Formula Future, puis a pris le départ de la Formula Student Austria, où l'équipe a participé aux épreuves dynamiques avec cette voiture à hydrogène.

Le projet de Louvain semble toujours mériter le label « une première en Belgique », et son envergure ainsi que son ambition sont hors du commun. HydroTeam ne vise pas uniquement la compétition Formula Student. L'équipe souhaite développer un modèle de successeur de type GT, établir des temps au tour officiels à Spa-Francorchamps, participer à une première course en août 2027 et, à terme, concourir au Mans en 2030.

Toyota et Alpine ont plusieurs tours d'avance

Cet objectif dernier place le projet étudiant en concurrence avec des programmes consacrés à l’hydrogène bien plus aboutis. Le JS2 RH2 de Bosch et Ligier développe déjà 443 kW, soit environ 602 hp, et 650 Nm grâce à son moteur à hydrogène biturbo de 3,0 litres. Il a dépassé à plusieurs reprises les 280 km/h et a effectué plus de 5 000 kilomètres d’essais intensifs sur circuit.

Alpine est allée encore plus loin. Son modèle Alpenglow Hy6 est équipé d’un V6 à hydrogène biturbo de 3,5 litres spécialement conçu pour ce modèle, développant 544 kW (740 ch) et 770 Nm. Grâce à l’hydrogène stocké à 700 bars, il peut dépasser les 330 km/h.

Et Toyota travaille déjà à la prochaine étape. Au Mans, en juin, son prototype de course TR LH2 est devenu le premier prototype à moteur à combustion fonctionnant à l'hydrogène liquide à rouler en public sur le Circuit de la Sarthe.

Le Mans change la donne

C'est peut-être là que réside le plus grand défi technique d'HydroTeam. La FIA a choisi l'hydrogène liquide pour les futurs prototypes à hydrogène du Mans, tout en autorisant à la fois les groupes motopropulseurs à pile à combustible et ceux à combustion d'hydrogène.

L'hydrogène liquide offre une densité énergétique volumétrique supérieure à celle de l'hydrogène gazeux comprimé, mais nécessite des réservoirs cryogéniques à -253 °C ainsi qu'une architecture de stockage et de ravitaillement totalement différente.

Le calendrier a également évolué en faveur d’HydroTeam. Une catégorie dédiée à l’hydrogène était initialement prévue pour 2028, mais la FIA et le WEC annoncent désormais que l’hydrogène sera introduit en 2030, précisément l’année où les étudiants de Louvain espèrent prendre le départ. Le prototype actuel, basé sur la Radical, ne doit donc pas être considéré comme la voiture qui courra finalement au Mans. Il s'agit de la première étape d'une série de véhicules d'expérimentation.

Une nouvelle promotion de treize étudiants a désormais pris le relais : des tours de démonstration sont prévus sur le circuit Bugatti du Mans le 9 septembre, et le développement d'une nouvelle voiture de course à hydrogène de type GT devrait débuter dans le courant de l'année.

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