La révolution électrique de Lotus est terminée, place désormais au plan de sauvetage

Lotus renoue avec la croissance, mais ses derniers résultats semestriels confirment également à quel point la marque britannique de voitures de sport a dû repenser radicalement son avenir. Les livraisons ont augmenté de 39% au premier semestre 2026, mais l'Europe a reculé, les pertes restent lourdes et la société mère, Geely, a dû injecter $128 millions supplémentaires. La révolution du tout électrique est terminée. Place désormais au plan de sauvetage.

Lotus a livré 3 904 voitures au cours des six premiers mois de 2026, soit une hausse de 391 TP3T par rapport à la même période de l'année précédente, tandis que son chiffre d'affaires a augmenté de 231 TP3T pour atteindre 1 TP4T268 millions. La marge brute s'est améliorée, passant de 8% à 10%. Mais cette reprise est principalement tirée par la Chine et par un segment dont Lotus pensait autrefois ne pas avoir besoin : les hybrides rechargeables.

Baisse des livraisons en Europe

Les livraisons en Chine ont bondi de 60% pour atteindre 2 248 voitures, représentant désormais 58% du volume mondial de Lotus. L'Europe, qui est traditionnellement le marché d'origine de la marque britannique, a connu une évolution inverse. Les livraisons ont chuté de 17% pour s'établir à seulement 716 voitures, faisant passer la part de l'Europe de 31% à 18%.

L'Eletre X hybride rechargeable occupe une place centrale dans cette nouvelle stratégie. Elle est déjà commercialisée en Chine et sur plusieurs autres marchés, et elle sera disponible en Europe continentale au quatrième trimestre.

Cet accueil explique en partie pourquoi Lotus a renoncé à son ambition de devenir un constructeur entièrement électrique d'ici 2028. Dans le cadre de sa nouvelle stratégie « Focus 2030 », Lotus prévoit désormais de commercialiser environ 60% de véhicules hybrides et 40% de véhicules 100 % électriques d'ici 2028.

C'est un revirement remarquable. En 2024, les présentations destinées aux investisseurs de Lotus tablaient encore sur des volumes annuels de 40 000 à 50 000 Eletra, de 30 000 à 40 000 Emeya, et pas moins de 70 000 à 80 000 unités du SUV électrique Type 134 prévu.

Tous les nouveaux modèles sont-ils électriques ?

Tous les nouveaux modèles commercialisés après 2022 devaient être entièrement électriques. Aujourd'hui, l'entreprise dans son ensemble vise un objectif annuel d'environ 30 000 voitures d'ici 2028. L'année dernière, elle en a vendu 6 520.

Même la stratégie de Lotus en matière de voitures de sport a été revue. L’Emira, présentée comme sa dernière voiture de sport à moteur thermique, reste en production. Quant à la Type 135, initialement prévue comme une voiture de sport 100 % électrique pour 2026, elle est désormais une supercar hybride à moteur V8 central dont la sortie est prévue pour 2028. Les chiffres financiers expliquent en partie cette urgence. Lotus Tech a réduit sa perte d’exploitation déclarée de $263 millions à $97 millions.

Toutefois, près de $100 millions de cette amélioration provenaient d'un remboursement ponctuel de droits de licence. Sans cela, la perte d'exploitation se serait tout de même élevée à $195 millions. La perte nette s'est élevée à $151 millions pour un chiffre d'affaires de seulement $268 millions. Le soutien continu de Geely est donc essentiel. En juin, le groupe chinois a accepté d'apporter $128,3 millions supplémentaires sous la forme d'une obligation convertible.

Lotus Tech a entre-temps acquis la division 100% de Lotus UK, regroupant ainsi l'usine de voitures de sport de Hethel, Lotus Engineering et l'activité de voitures de loisirs développée en Chine au sein d'une structure unique baptisée ‘ One Lotus ’.

Pas encore de retour ?

Pour l'instant, rien n'indique vraiment un retour en force en Europe. La Belgique n'a immatriculé que 77 nouvelles Lotus au cours des sept premiers mois de 2026, soit une baisse de 25% par rapport à la même période de l'année précédente. Le marché automobile belge dans son ensemble n'a reculé que de 2,4%. Le mois de juillet a apporté une petite lueur d'espoir, avec 19 immatriculations contre 7 un an plus tôt, mais le volume reste infime.

La situation semble encore plus difficile aux Pays-Bas. Seules 20 nouvelles Lotus ont été immatriculées jusqu’à présent en 2026, contre 45 en 2025 et 150 en 2024.

L'Eletre illustre bien ce recul : les immatriculations sont passées de 136 en 2024 à 28 l'année dernière, pour n'atteindre que six cette année. Il est remarquable de constater que, sur les 1 463 Lotus encore immatriculées aux Pays-Bas, 83% fonctionnent à l'essence, et que l'ancienne Elise reste de loin le modèle le plus répandu.

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