Le nouveau Trafic de Renault se lance dans la bataille des fourgons électriques : 450 km, ce n'est qu'un début.

Renault profitera du salon IAA Transportation de Hanovre pour franchir une nouvelle étape commerciale avec son tout nouveau Trafic Van E-Tech électrique.

Le fourgon en lui-même n'est plus un secret : la version de série définitive a été dévoilée au salon Solutrans en novembre dernier. Ce qui semble être une nouveauté le 14 septembre, c'est l'ouverture des carnets de commande et, surtout, la communication des détails commerciaux.

Renault Pays-Bas indique déjà explicitement que les commandes s'ouvriront le 14 septembre. Le site web professionnel belge se montre un peu plus prudent, précisant que le Trafic pourra être commandé cet automne, mais que son offre de lancement s'applique aux commandes passées du 14 septembre à la fin décembre. La production à l'usine Renault de Sandouville devrait démarrer fin 2026.

Ambitionné sur le plan technique

Sur le papier, ce nouveau modèle est l'un des utilitaires électriques les plus ambitieux sur le plan technique du marché. Il s'agit du premier véhicule Renault conçu autour de l'architecture « Software Defined Vehicle » d'Ampere et du premier à être équipé d'un système électrique de 800 volts.

La version à grande autonomie associe une batterie NMC de 81 kWh à une autonomie WLTP prévue pouvant atteindre 450 kilomètres, tandis qu'une batterie LFP moins onéreuse de 60 kWh devrait offrir une autonomie de près de 350 kilomètres.

Renault affirme que la batterie longue autonomie peut être rechargée de 15 à 80% en environ 20 minutes sur un chargeur CC de 240 kW. Un moteur de 150 kW monté à l'arrière développe 345 Nm, tandis que la charge utile atteint 1,25 tonne et que la capacité de remorquage est de deux tonnes.

Bien qu'il offre jusqu'à 5,8 mètres cubes d'espace de chargement, le Trafic ne dépasse pas 1,90 mètre de hauteur et affiche un rayon de braquage remarquablement serré de 10,3 mètres.

Un marché bien plus difficile

Mais Renault va se retrouver sur un marché bien plus concurrentiel qu'au moment où ce fourgon avait été présenté pour la première fois. Le PV5 Cargo de Kia, plus petit, offre une autonomie allant jusqu'à 416 km selon le cycle WLTP et est proposé à partir de 29 895 € aux Pays-Bas.

Le Ford E-Transit Custom offre une autonomie pouvant atteindre 370 km et son prix de base y est fixé à 44 390 €, hors TVA, tandis qu'en Belgique, son prix promotionnel s'élève actuellement à 35 384 €.

Hyundai a quant à elle fixé le prix de son nouveau Staria Electric Cargo à 39 995 €, hors TVA, aux Pays-Bas, promettant une autonomie identique de 450 km et un temps de recharge d'environ 20 minutes pour passer de 10 à 80%.

Le prix reste donc l'une des principales questions en suspens pour Hanover. Renault devra positionner le Trafic avec soin entre les nouveaux venus à bas prix, tels que le PV5, et les modèles déjà bien implantés dans le secteur des flottes, comme le Transit Custom de Ford.

Mais surtout, Renault souhaite que le nouveau Trafic ne se distingue pas uniquement par la capacité de sa batterie. Son architecture SDV est conçue pour permettre l'évolution des fonctionnalités après l'achat grâce à des mises à jour à distance.

Les entreprises pourront intégrer directement dans le véhicule des applications de gestion des livraisons, des itinéraires ou de la flotte, tandis que la maintenance prédictive permettra de surveiller l'usure des composants, de diagnostiquer les pannes à distance et de faciliter la planification des réparations avant qu'une camionnette ne soit mise hors service.

Mises à jour logicielles continues

Renault va même jusqu’à affirmer que les mises à jour logicielles régulières pourraient contribuer à maintenir la valeur résiduelle des véhicules, car un Trafic âgé de trois ou quatre ans peut bénéficier de fonctionnalités qui n’étaient pas disponibles à sa sortie d’usine.

Pour les gestionnaires de flottes, cet aspect revêt potentiellement plus d'importance que quelques kilomètres supplémentaires d'autonomie selon le WLTP : les temps d'immobilisation et la dépréciation comptent parmi les principaux facteurs qui influent sur le coût total de possession.

Derrière ce fourgon se cache également une dynamique industrielle plus large. En juin, Renault a racheté la participation de 45% détenue par le groupe Volvo et celle de 10% détenue par CMA CGM dans Flexis, prenant ainsi le contrôle total de la coentreprise spécialisée dans les utilitaires légers électriques à l'origine de cette nouvelle architecture. Renault Trucks commercialisera néanmoins un véhicule basé sur la même plateforme à partir de 2027.

Hanovre sera donc moins un simple lancement traditionnel de véhicule qu’un premier véritable test commercial de la nouvelle stratégie de Renault en matière de fourgons électriques. Avec une autonomie de 450 km et une recharge très rapide qui devient de moins en moins exceptionnelle, la question est de savoir si les logiciels, l’intégration dans les flottes et la réduction des temps d’immobilisation peuvent conférer au Trafic un avantage pour lequel les clients sont réellement prêts à payer.

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